Guerre de tranchée entre l'Elysée et Bercy sur la nomination du futur président du CNES

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Quasiment un an jour pour jour après la fin de son mandat, Jean-Yves Le Gall est toujours bien assis dans le fauteuil de président du CNES
Quasiment un an jour pour jour après la fin de son mandat, Jean-Yves Le Gall est toujours bien assis dans le fauteuil de président du CNES (Crédits : Regis Duvignau)
L’Élysée et Bercy n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le prochain président du CNES. Emmanuel Macron ne veut pas des candidats de Bruno le Maire, qui a mis son veto sur celui du président.

Quasiment un an jour pour jour après la fin de son mandat, Jean-Yves Le Gall est toujours bien assis dans le fauteuil de président du CNES. Après avoir obtenu un sursis pour pouvoir plus facilement conquérir l'Agence spatiale européenne (ESA) en étant à la tête du CNES, il bénéficie d'un nouveau "rab" en raison d'une guerre de tranchée entre l'Élysée et le ministère de l'Économie sur la nomination de son successeur, expliquent plusieurs sources concordantes. Bercy dément pour sa part toute divergence avec l'Élysée. Le ministère de l'Économie, qui a la tutelle de l'espace, fait observer qu'il reste deux candidats encore en course : Nicolas Chamussy et Philippe Baptiste. L'Élysée doit maintenant trancher.

Quoi qu'il arrive, le CNES a besoin d'un cap bien défini pour surmonter des défis importants pour son avenir et celui de la filière spatiale française, à commencer par la préparation de la conférence ministérielle spatiale, prévue fin 2022. Une préparation qui devra être plus organisée que la dernière en 2019 d'autant que Paris souhaite, selon nos informations, avancer cette conférence pour la faire coïncider avec sa présidence de l'Union européenne au premier semestre 2022.

Match nul entre Macron et Le Maire

Selon des sources concordantes, l'Élysée ne veut pas des candidats de Bercy, qui privilégie la nomination d'un industriel - Nicolas Chamussy (Airbus) et Stéphane Israël (ArianeGroup). Le président ne veut pas d'un industriel venant de grands groupes afin d'éviter toute polémique avec les autres. Nicolas Chamussy a semble-t-il jeté l'éponge et a accepté le poste de directeur général de Nexter, qui attend son nouveau patron opérationnel avec impatience dans un contexte tendu. Quant à Emmanuel Macron, il privilégie plutôt un regard neuf sur la filière spatiale française pour l'amener vers de nouveaux horizons.

Et pour l'Élysée, celui qui porterait le mieux cette feuille de route s'appelle Philippe Baptiste, l'ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur. Mais Bruno Le Maire aurait mis son veto. En temps normal, Emmanuel Macron aurait tordu le bras de son ministre mais il lui a confié les clés de l'espace en juillet 2020 lors du changement de Premier ministre au détriment de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce qui sonnerait comme un désaveu pour Bruno Le Maire, explique-t-on à La Tribune. Une guerre de tranchée qui grippe pour le moment le processus de nomination du futur président du CNES. Qui sera l'homme ou la femme du recours ? Et si c'était finalement Jean-Yves le Gall jusqu'à la fin de mandat d'Emmanuel Macron ?

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Commentaires
a écrit le 11/02/2021 à 15:24 :
Et le spatial dans tout ce bazar?
Réponse de le 12/02/2021 à 9:17 :
"Et le spatial dans tout ce bazar?" Tout le monde s'en fout, les petites mains sont là pour gérer. A ce niveau on fait de la politique...on recase les copains....

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