Eutelsat veut mettre en service dès 2027-2028 la constellation de nouvelle génération de OneWeb. Un projet évalué entre 3,5 et 4,5 milliards d'euros.Eutelsat souhaite aller vite. Très vite. L'opérateur de satellites européen, qui a le projet d'acquérir OneWeb à la fin du premier semestre 2023, veut remettre à un bon niveau technologique la constellation éponyme en mettant en service une nouvelle génération « en 2027-2028 », a assuré le directeur technique d'Eutelsat, Pascal Homsy, en marge du lancement par Ariane 5 à Kourou du satellite Eutelsat Konnect VHTS. Eutelsat devrait envoyer aux fournisseurs intéressés les RFP (Request for proposal) d'ici « deux à quatre mois » pour participer à l'appel d'offres portant notamment sur la fourniture de 400 satellites (360 + 40 satellites de rechange), a-t-il précisé. Le coût de la constellation de nouvelle génération (Gen-2) est estimé entre 3,5 et 4,5 milliards de dollars, selon une fourchette évoquée par la directrice générale d'Eutelsat, Eva Berneke. Ce qui privera les actionnaires de dividende pour les exercices 2022-2023 et 2023-2024.
Fournisseur de la première génération de satellites OneWeb, Airbus va donc être mis en compétition. Champion des constellations, Thales Alenia Space (TAS) est déjà dans les starting-blocks, confirme-t-on au sein de la filiale de Thales (67%) et Leonardo (33%). D'autant que les dirigeants d'Eutelsat ne se sentent « pas prisonniers pour Gen-2 » des accords passés avec la société commune OneWeb et Airbus, qui fabriquent les satellites de Gen-1 dans une usine installée aux Etats-Unis, a affirmé Pascal Homsy. Pour gagner l'appel d'offres, les fournisseurs devront naturellement imaginer une organisation industrielle favorable aux industriels britanniques. Pourquoi ? Londres va conserver une « golden share » dans OneWeb dans le cadre de sa sécurité nationale. OneWeb sera à l'avenir une filiale d'Eutelsat, a d'ailleurs précisé Eva Berneke.
Pressions sur Bruxelles
En accélérant le déploiement d'une constellation de nouvelle génération, Eutelsat et sa directrice générale mettent la pression sur Bruxelles, et plus précisément sur Thierry Breton. Le commissaire européen français rêve de lancer une constellation satellitaire, qui aura une dimension de cryptologie quantique et post-quantique. Un projet estimé à 6 milliards d'euros. Bruxelles regarde donc le projet de rapprochement entre Eutelsat et OneWeb avec méfiance, regrette Eva Berneke. Le gouvernement français, qui soutient cette opération de rapprochement, va avoir un rôle pivot pour rapprocher le projet de Thierry Breton, qui a été jusqu'ici soutenu par Emmanuel Macron, à celui de la constellation OneWeb ou, à défaut, les faire coexister.