Eutelsat/OneWeb : les trois questions cruciales que pose ce rapprochement équivoque
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Avec cette opération, la France lâche en partie un pan de sa souveraineté spatiale.
Airbus
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Avec cette opération, la France lâche en partie un pan de sa souveraineté spatiale.
Airbus
L'habillage ou le « wording » concocté par Eutelsat semble imparable : une avancée décisive pour la connectivité par satellite. C'est parfaitement à la mode et personne ne peut vraiment s'y opposer. Au-delà de la belle histoire racontée, il y a une part sombre dans cette opération de rapprochement entre l'opérateur de satellites européen, qui cherche à tout prix à réinventer son modèle économique en perte de vitesse, et l'opérateur de la constellation éponyme OneWeb. Elle pose de sérieuses questions. La France lâche en partie un pan de sa souveraineté spatiale au profit d'un rapprochement, qui va la diluer et la marginaliser au sein d'Eutelsat. Un rapprochement qui, en outre, fait entrer Londres dans le capital de l'opérateur. Les Britanniques n'auront pas forcément les mêmes intérêts stratégiques que leurs partenaires mais rivaux français. La France a-t-elle vendu une partie de son âme après la claque d'Aukus ?
Car les Britanniques, qui s'étaient lancés à corps perdu dans OneWeb sous l'impulsion de l'ex-Premier ministre Boris Johnson, vont non seulement partager le fardeau de l'investissement colossal d'une nouvelle génération de satellites pour renouveler une constellation dépassée technologiquement. Mais ils vont, en plus, avoir un droit de regard sur Eutelsat. Résultat, la Grande-Bretagne gagne sur tous les tableaux. Mais pourquoi donc, au moment où la souveraineté spatiale est aujourd'hui cruciale et chère à Emmanuel Macron, la France se désengage-t-elle partiellement d'Eutelsat et partage-t-elle un de ses atouts avec des « alliés », qui ne sont pas forcément que des « amis » ? Difficile à comprendre au moment où le concept de résilience résonne très fort après le Covid-19 et depuis le début de la guerre en Ukraine.
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Il suffit de reprendre certaines déclarations pour comprendre l'importance d'Eutelsat dans l'écosystème de la filière spatiale française. « Nous achetons 93% de nos satellites à l'industrie française, à Airbus ou à Thales Alenia Space, avait expliqué en septembre 2021 à l'Assemblée nationale l'ancien directeur général d'Eutelsat, Rodolphe Belmer. En revanche, nous n'achetons que 55% de nos lancements à Ariane, dans la mesure où nous raisonnons avec une considération d'accès à l'espace ». Les futurs actionnaires d'Eutelsat seront-ils toujours d'accord avec cette stratégie, qui ne s'est jamais jusqu'ici démentie ? L'avenir le dira. Mais elle semble d'ores et déjà fragilisée par le co-contrôle d'Eutelsat qui sera exercé par les actionnaires de OneWeb.