Les organisateurs du salon de défense Eurosatory ont annoncé avoir l'intention de faire appel de l'interdiction par la justice de la participation des industriels israéliens de l'armement à cet événement qui ouvre lundi près de Paris.Le tribunal de Bobigny a ordonné le 14 juin à Coges Events, société spécialisée dans l'organisation d'événements et filiale du Gicat (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres), d'interdire toute présence de sociétés d'armement israéliens ou affiliées, ainsi que de toutes délégations israéliennes ou intermédiaires au salon Eurosatory, qui ouvre ses portes ce lundi (17-21 juin). Cette décision de justice interdit la participation des collaborateurs ou des représentants, de quelque nationalité que ce soit, de sociétés israéliennes au salon Eurosatory.
Elle interdit également à l'ensemble des sociétés exposantes d'accueillir, de vendre ou de faire la promotion d'armes israéliennes ou de faciliter de quelque manière que ce soit l'intermédiation d'entreprises israéliennes avec les délégations présentes sur le salon. Pour le Coges, cette ordonnance de jugement va bien au-delà des instructions des autorités gouvernementales françaises de ne pas permettre, dans le contexte actuel, la présence de stands de sociétés israéliennes sur le salon Eurosatory. En conséquence, Coges Events a décidé « de faire appel de cette décision de justice dans les plus brefs délais ». Le ministère des Armées a donné son feu vert à cette initiative du Coges Events.
Plus de 2000 exposants
Le 31 mai, Coges Events avait révélé que le gouvernement français avait annulé la participation des industriels israéliens de l'armement à Eurosatory, après qu'un bombardement meurtrier d'un camp de déplacés à Rafah par l'armée israélienne avait soulevé l'indignation internationale et suscité des manifestations en France. Toutefois, quatre ONG avaient déposé une requête en référé, estimant que l'annulation des participants israéliens ne suffisait pas à mettre fin « au risque de dommage imminent et de trouble manifestement illicite », selon l'ONG ASER (Action Sécurité Ethique Républicaines).