Le gouvernement suisse conteste les surcoûts exigés par Washington sur la commande de 36 avions de chasse F-35. Si la facture dépasse le budget voté, Berne pourrait acheter moins d'appareils.La Suisse pensait avoir verrouillé les conditions. En 2022, elle s'était engagée à acquérir 36 avions de combat F-35 auprès de l'américain Lockheed Martin pour un montant de 6,035 milliards de francs suisses (environ 6,4 milliards d'euros). Un prix annoncé comme ferme. Mais le 25 juin, le gouvernement helvète a révélé que les États-Unis réclamaient aujourd'hui entre 650 millions et 1,3 milliard de dollars supplémentaires, invoquant « l'inflation et la hausse du coût des matières premières ».
« Nous allons respecter le budget maximum prévu. Si le prix devait être supérieur, nous étudierions différentes options comme acheter moins d'avions », a déclaré le ministre de la Défense Martin Pfister dans un entretien au Matin Dimanche. D'autres pistes sont évoquées : renégociation des contreparties industrielles - dites « offset » - ou économies internes au programme. Mais le ministre l'assure : « Il serait en tout cas nécessaire d'acheter cet avion ».
Une commande politiquement sensible
Il rappelle que le F-35, malgré le surcoût, « reste moins cher que ses concurrents » et qu'il est déjà largement adopté en Europe. « Du cap Nord en Norvège à la Sicile, plusieurs pays ont misé sur le F-35. Il est important pour la défense de notre espace aérien que la Suisse soit intégrée dans ce système », plaide-t-il.
La polémique enfle. Une commission parlementaire a ouvert une enquête sur les conditions de l'accord. En septembre 2020, les Suisses avaient approuvé de justesse, par référendum, une enveloppe de 6 milliards de francs pour remplacer les F/A-18 en fin de vie d'ici 2030. À l'issue d'un appel d'offres controversé, le gouvernement avait affirmé que l'avion américain était « le meilleur et le moins cher » des quatre finalistes, devant le Rafale, l'Eurofighter et le F/A-18 Super Hornet. Les livraisons du F-35 sont attendues à partir de 2027.