Galileo : un contrat de 1,5 milliard d'euros pour l'allemand Spaceopal

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Spaceopal a très logiquement bénéficié de la puissance du lobby allemand au sein de l'ESA, qui a d'ailleurs à sa tête l'ancien patron du DLR, Johann-Dietrich Wörner.
Spaceopal a très logiquement bénéficié de la puissance du lobby allemand au sein de l'ESA, qui a d'ailleurs à sa tête l'ancien patron du DLR, Johann-Dietrich Wörner. (Crédits : Telespazio)
Sélectionnée par l'Agence spatiale européenne (ESA), Spaceopal, la coentreprise italo-allemande détenue par l'agence spatiale allemande (DLR) et Telespazio, a été choisi par l'agence européenne du système de radionavigation par satellite (GSA). Elle a gagné un contrat de gestion des infrastructures spatiales et terrestres de la constellation d'une valeur maximale de 1,5 milliard d'euros sur dix ans.

Il n'y pas eu vraiment de surprise. Sélectionnée par l'Agence spatiale européenne (ESA), Spaceopal, la coentreprise italo-allemande détenue par l'agence spatiale allemande (DLR) et Telespazio, a pris la part du lion à l'occasion du renouvellement des contrats liés à la constellation Galileo. Ainsi, l'agence européenne du système de radionavigation par satellite (GSA) a attribué jeudi à Bruxelles à l'occasion du lancement des services initiaux de Galileo par la Commission européenne, à Spaceopal un contrat de gestion des infrastructures spatiales et terrestres de la constellation (GSOP) d'une valeur maximale de 1,5 milliard d'euros sur dix ans.

L'autre grand gagnant est Thales Alenia Space (TAS), la société commune entre Thales (67%) et Leonardo (33%), qui a signé deux nouveaux contrats avec la GSA, couvrant respectivement les services d'ingénierie pour le développement de l'infrastructure Galileo et le support pour le début des services opérationnels de ce système de navigation global. Ces contrats totalisent un montant de 180 millions d'euros et portent sur la période allant de 2017 à 2020.

Lobby allemand puissant

Le contrat gagné par Spaceopal, qui avait déjà remporté ce type de contrat en 2010, porte sur l'exploitation et la maintenance du système de satellites Galileo et sur un niveau de performance garanti, en particulier, sur les opérations et le contrôle du système, sur la logistique et la maintenance des systèmes et de l'infrastructure ainsi que sur les services d'assistance aux utilisateurs. Spaceopal devra notamment surveiller la performance du système à partir de deux centres de contrôle de mission (CCG), situés en Allemagne et en Italie, et le Centre européen GNSS (GSC) pour les services de soutien aux utilisateurs en Espagne.

"Spaceopal est déterminé à continuer à soutenir le déploiement et l'achèvement du système Galileo", a assuré le PDG Spaceopal, Giuseppe Lenzo.

Spaceopal aurait fait une "super offre" financière. "C'est du dumping financier, s'agace-t-on en France. Les Allemands veulent à tout prix mettre la main sur Galileo". Spaceopal a très logiquement bénéficié de la puissance du lobby allemand au sein de l'ESA, qui a d'ailleurs à sa tête l'ancien patron du DLR, Johann-Dietrich Wörner.

Enfin, quel industriel va choisir la commission pour compléter la constellation européenne Galileo? Trois constructeurs sont en compétition pour remporter un appel d'offres lancé au printemps par la Commission pour la construction de huit nouveaux satellites. Il s'agit de la société allemande OHB-System, qui a déjà fourni les 22 premiers satellites en configuration opérationnelle (FOC, Full operational capability), d'Airbus Space Systems, qui a fabriqué les quatre premiers satellites expérimentaux (IOV, in-orbit validation) et, enfin, de Thales Alenia Space (TAS) Italie

 Thales gagne deux contrat évalués à... 180 millions

TAS a pour sa part gagné un contrat d'ingénierie concernant la phase d'exploitation des satellites qui viendra supporter le développement de l'infrastructure de Galileo afin de fournir les premiers services à partir de 2017 et de les rendre pleinement opérationnels d'ici à la fin 2020. TAS Italie aura en charge toutes les opérations de conception, de sécurité, d'intégration, d'inspection et de validation en orbite en soutien à l'ESA, tout en supportant également la GSA pour la validation et la fourniture des services à partir de 2017.

"Ce contrat, ainsi que celui que nous avions déjà remporté en 2009, confirme le leadership de Thales Alenia Space dans la conception de systèmes spatiaux intégrés", a noté le PDG de TAS Italie, Donato Amoroso.

TAS est également en charge de la conception et du développement du segment sol de mission ainsi que de la production de quelques composants clés (récepteurs de localisation et de gestion du temps). Concernant le segment spatial TAS fournit les antennes et les générateurs de signaux embarqués, produits et intégrés dans les usines de Rome et de L'Aquila en Italie.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2016 à 10:19 :
Voila ,comme d'habitude ce sont les français qui se battent pour mettre l'Europe au niveau international et ce sont les allemands qui raflent tout ,c'est insupportable quand on sait l'atlantisme de la chancelière, on ne peut qu'être inquiet!
a écrit le 16/12/2016 à 8:40 :
Si cela soit des allemand ou des italien responsable de Galineo, cela m'importe peut ( ses cela l'Europe) , mais je veux que cela fonctionne correctement a un prix resonable ( de l'argent publique).
a écrit le 15/12/2016 à 20:20 :
Le DLR ne serait il point payé par le contribuable Allemand? Il est assez cocasse de voir un organisme étatique participer à un AO européen où l'on vante à loisir la compétition et la libre entreprise. Qui plus est, ce genre de contrat relève du poker menteur, lorsque Spaceopal pleurera misère pour maintenir le système quelles seront les alternatives sinon mettre la main à la poche (surtout celle du contribuable Européen cette fois....). Ce genre de système de souveraineté devrait être géré par des agences transnationales soumises à audit public.
a écrit le 15/12/2016 à 19:16 :
Les français paraissent véritablement mal récompensés de leurs efforts pour lancer galileo. On ne gère pas la construction des satellites, on ne gère pas la gestion ... on a juste effectué les lancés (partiellement avec des fusées russes) et de toute manière qui d'autre aurait pu lancer ces satellites ? In fine, je maîtrise mal le sujet, mais j'aimerais bien savoir quel est notre retour sur investissement direct et indirect sur ce programme. Pourquoi n'y aurait-t-il pas une commission sénatoriale ou parlementaire qui se pencherait spécifiquement sur le sujet ?
a écrit le 15/12/2016 à 18:32 :
Spaceopal est une joint-venture paritaire germano-italienne:alors pourquoi l'"Allemand Spaceopal"?

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