Pour sortir de sa dépendance aux technologies satellitaires américaines et d'un Starlink omniprésent, l’Ukraine enchaîne les partenariats stratégiques avec le Japon, la Suède et la France afin de tisser, pas à pas, une infrastructure spatiale plus autonome.Qui surveillera encore l'Ukraine depuis l'espace ? Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a brutalement rappelé à l'Ukraine l'urgence de rompre sa dépendance aux technologies spatiales américaines. Elle n'a d'ailleurs guère eu le choix : en mars dernier, Washington a exigé que la société Maxar Technologies cesse tout partage d'images satellites avec Kiev. Sans imagerie, impossible pour les forces ukrainiennes de localiser les bases russes, les dépôts d'armes ou les raffineries qu'elles visent régulièrement. Impossible, aussi, d'anticiper les offensives russes et d'identifier les zones de concentration de troupes ennemies.
Faute de disposer d'un acteur aussi puissant que Maxar, l'Ukraine tisse une constellation de satellites aux origines diverses : Finlande (Iceye), Allemagne (SAR-Lupe, SARah), Italie (Cosmo-SkyMed), France (CSO). Dernier renfort en date : le japonais iQPS. Selon le média spécialisé Intelligence Online dans un article publié le 21 avril, Tokyo aurait accepté de fournir au renseignement ukrainien des données géospatiales satellitaires, incluant des images radar — une première historique pour le Japon.
Une première solution européenne pour remplacer Starlink
L'ensemble reste encore loin des quelque 80 satellites de Maxar, mais Kiev comble peu à peu son retard, notamment grâce à l'apport de capteurs radar de dernière génération, capables de cartographier avec précision les infrastructures au sol.
Mais cette reconfiguration ne s'arrête pas à l'observation. Elle touche aussi à la connectivité, un nerf de la guerre moderne. Et là aussi, l'Ukraine reste suspendue à un fil, fragile : celui de Starlink, le réseau satellitaire d'Elon Musk. Un soutien aussi vital que précaire. L'accès Internet par satellite, même s'il est moins rapide que la fibre, reste un atout stratégique majeur dans un conflit où les drones jouent un rôle clé. Il n'est pas rare de tomber sur les antennes rectangulaires, emblématiques de Starlink, dans les tranchées ukrainiennes.