Jean-Yves Le Gall a été "prolongé" à la tête du CNES

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Compte tenu que le conseil d'administration n'a pas été renouvelé début février comme initialement prévu, Jean-Yves Le Gall reste de facto à la présidence du CNES
Compte tenu que le conseil d'administration n'a pas été renouvelé début février comme initialement prévu, Jean-Yves Le Gall reste de facto à la présidence du CNES (Crédits : DR)
Jean-Yves Le Gall est toujours à la tête du CNES alors que son mandat se terminait début février. Une décision du gouvernement qui n'a pas souhaité pour le moment renouveler le conseil d’administration du CNES. Pourquoi ? La succession du directeur général de l'ESA est l'une des explications à cette décision.

Le président du CNES Jean-Yves Le Gall (60 ans) a été discrètement "prolongé" début février. Compte tenu que le conseil d'administration n'a pas été renouvelé début février comme initialement prévu, Jean-Yves Le Gall reste de facto par intérim à la présidence du CNES. Cette mesure peut donc lui permettre d'être le candidat de la France à la direction générale de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de maintenir la pression sur l'Allemagne, qui pousse un candidat allemand. L'actuel directeur général de l'ESA Johann-Dietrich Wörner a quant à lui récemment annoncé qu'il ne demanderait pas une prolongation supplémentaire de deux ans, son mandat se terminant mi-2021. Jean-Yves Le Gall préconisait d'ailleurs son renouvellement à la barre du CNES pour être un candidat légitime à la tête de l'ESA.

Avec cette décision, la France s'est donc donnée les moyens de présenter Jean-Yves Le Gall à l'ESA. Une décision pourrait être prise avant l'été 2020. Si la France présentait un candidat, Jean-Yves Le Gall pourrait l'être. Il est même l'un des rares, sinon le seul, à pouvoir postuler. "Ce serait l'intérêt de la France de proposer quelqu'un de bonne qualité comme Jean-Yves Le Gall, assure une source proche du dossier. Mais est-ce crédible pour la France d'avoir le commissaire chargé des questions spatiales et un directeur général à l'ESA. C'est à voir mais la France ne part pas du tout perdante". Une chose est sure, l'Allemagne n'a pas ces états d'âmes et propose des candidats à tous les postes à responsabilité dans le spatial européen.

Une succession au CNES qui aiguise les appétits

Aujourd'hui, il y a bien sûr des prétendants pour succéder à Jean-Yves Le Gall à la tête du CNES, ou du moins des noms qui circulent pour le remplacer, à commencer par ceux du patron d'Arianespace Stéphane Israël, qui cherche un nouveau point de chute, et de l'ex-patron d'Airbus Space Nicolas Chamussy, qui souhaite lui rebondir. Le numéro deux du CNES Lionel Suchet pourrait être également intéressé. S'il n'est pas candidat, Bruno Sainjon, lui-même en fin de mandat à l'ONERA, pourrait lui aussi faire le job. D'autant qu'il est toujours possible de revoir surgir un vieux marronnier, celui d'un rapprochement entre le CNES et l'ONERA. Cette "nouvelle" entité se mettrait au diapason des organisations de grandes agences comme la NASA ou la Jaxa au Japon. La décision appartient à Emmanuel Macron, qui prend son temps.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2020 à 19:57 :
Le Président aura travaillé avec le général Henry de Roquefeuil, conseiller militaire auprès du (CNES) , Jean-Pierre Sanfourche, conseiller éditorial Philippe Marchal, directeur adjoint à la direction des systèmes orbitaux et bien d'autres exemple les collaborateurs Airbus …
a écrit le 26/02/2020 à 11:10 :
J'ai encore rencontré un cadre allemand qui m'a dit récemment qu'ils nous trouvaient mous du genou et ne comprenaient pas le manque d'agressivité des Français. Les Allemands ramassent la mise des efforts français : on le voit dans le spatial. Ils n'ont pas de scrupules à nous déloger même si on a fait l'essentiel du boulot. La droite allemande se frotte déjà les mains à l'idée de récupérer de la souveraineté sur le nucléaire de défense français, le coeur de notre indépendance militaire que nous avons financé, nous autres Français, à 100 % (une bonne part de notre dette publique actuelle). Et voilà que Macron propose de partager ce joyau. Le Français fait son joli coeur mais ses poches sont vides et percées et quand on lui file une paire de baffes, il tend l'autre joue. Nos partenaires le savent, ils en rient sous cape.

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