"Mieux exploiter les données des satellites" J-Y. Le Gall, Cnes

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(Crédits : DR)
[24 Tribunes pour la COP24 | 13/24 ] Les prouesses réalisées pour envoyer des hommes dans l'espace suscitent deux commentaires concernant notre propre Terre : d'une part, que la quitter est d'une difficulté extrême, et d'autre part, que notre planète est unique, finie, belle et fragile, protégée par une atmosphère ténue et sensible. Par Jean-Yves Le Gall, Président du Cnes.

 Du « Lever de Terre » des missions Apollo aux photos de Thomas Pesquet, l'exploration spatiale est un révélateur de conscience écologique. Le spatial est aussi un outil pour mesurer, analyser et prévoir les phénomènes physiques terrestres et leurs perturbations par l'activité humaine. Les satellites offrent un suivi continu, global, sur de vastes zones et à haute résolution, sans équivalent au sol. Nous les savons irremplaçables pour la météorologie, l'étude des océans, des glaces, des terres émergées, des mouvements du sol... De nouvelles applications ne cessent d'émerger, grâce notamment au programme européen Copernicus.

Sur les 50 « essential climate variables » définies pour ausculter notre planète, 26, soit plus de la moitié, ne sont mesurables que depuis l'espace et leur observation sur le long terme est une priorité pour la communauté scientifique internationale. En 2015, année de la COP21 et de l'accord de Paris, les agences spatiales ont réaffirmé leur engagement dans cette voie. Le Cnes s'y est distingué en engageant deux nouveaux programmes de mesure des gaz à effets de serre : le satellite franco-allemand Merlin pour le méthane et la mission franco-britannique MicroCarb pour les flux de gaz carbonique.

À l'heure de la COP24, comment aller plus loin ? Le diagnostic de l'impact humain sur le climat est établi, les sociétés doivent maintenant faire face à ses conséquences et préparer l'adaptation des territoires. Les données spatiales informent sur les évolutions de l'environnement et des sociétés, comme la mobilité, la santé ou l'énergie. Les applications en sont diverses et les besoins croissants. Ils nécessitent un élargissement massif de l'usage et de la diffusion des données des satellites et un partenariat renforcé avec les institutions de recherche et les acteurs locaux.

Lors du « One Planet Summit » organisé à Paris fin 2017, le CNES a proposé à ses partenaires internationaux, la création du « Space Climate Observatory », le SCO, avec pour objectifs, le suivi à l'échelle des territoires des impacts du changement climatique puis la construction de scénarios réalistes sur les évolutions à venir. Faisant converger données issues des satellites et du terrain et travaux scientifiques, le SCO évaluera le suivi des Objectifs du Développement Durable et l'efficacité des mesures prises au titre de l'accord de Paris.

La révolution numérique offre des capacités de traitement et de diffusion des données spatiales sans précédent. Avec le SCO, cette révolution servira la lutte contre le changement climatique à toutes les échelles. Le Cnes est au cœur de cette dynamique, fort de son engagement pour le climat, de partenariats scientifiques et industriels solides et de ses liens avec les acteurs internationaux de l'excellence scientifique.

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La Tribune a demandé à 12 chefs d'entreprise et 
12 experts de formuler une solution pour sauver la planète.

Isabelle Kocher - Engie | Alexandre de Juniac - IATA | 
Jean-Pascal Tricoire - Schneider Electric | Antoine Frérot - Veolia | 
Jean-Laurent Bonnafé - BNP Paribas | Guillaume Poitrinal - Woodeum |
Thomas Buberl - Axa | Alain Dinin - Nexity | 
Laurence Tubiana - Fondation européenne pour le climat | 
Frédéric Rodriguez - Greenflex | Laurent Solly - Facebook | 
Arnaud Leroy - l'Ademe | Jean-Yves Le Gall - Cnes | 
Cécile Maisonneuve - Fabrique de la Cité | Sylvie Goulard - Banque de France |
Chantal Jouanno - CNDP | Karima Delli - Députée européenne | 
Alain Grandjean - Carbone 4 | François-Michel Lambert - Député | 
Frédéric Mazzella - Blablacar | Eric Scotto Akuo - Energy 
Dominique Bourg - Philosophe | Cyril Dion - Réalisateur 
Patrick Criqui - CNRS.

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