EXCLUSIF. « On ne capitule pas pour la BITD ! ». Pour Rémy Thannberger, l'ancien dirigeant meurtri par le crash de Manurhin en 2018 et aujourd'hui revenu à son métier d'avocat d'affaires, souveraineté de la base industrielle et technologique de défense (BITD) et cotation de ces entreprises critiques vont de pair. Et il est passé de la parole aux actes. Avec le fonds de capital-risque alternatif Accurafy qui accompagne notamment les startups du secteur de la Tech, Rémy Thannberger va lancer le Fonds Souveraineté qui sera opérationnel en fin d'année. Doté de 100 millions d'euros, il sera dédié aux PME françaises et européennes rentables et en forte croissance opérant notamment dans les secteurs de l'aéronautique, du spatial, de la défense et de la sécurité.
« C'est un outil stratégique pour renforcer la souveraineté économique française et européenne », souligne Rémy Thannberger. Comment ? Le Fonds Souveraineté a pour objectif d'accompagner et de préparer les entreprises intéressées à une entrée en Bourse trois ans environ après l'introduction du Fonds Souveraineté dans leur capital. Des tickets de deux à cinq millions d'euros en moyenne y seront injectés. C'est « un nouveau véhicule d'investissement Pre-IPO, explique-t-il à La Tribune. L'idée est de préparer les entreprises concernées comme des athlètes pour les mettre aux standards des marchés ». Ce modus operandi (objectif de cotation et accompagnement) se distingue des fonds classiques, assure-t-il.
Le fonds est copiloté par Accurafy, animé par Frédéric Caron et Christophe Péchoux, spécialistes de l'investissement non coté et des technologies de rupture, et Rémy Thannberger, spécialiste des marchés, des introductions en Bourse et du secteur de la défense. « Ce nouveau fonds adopte une approche hybride, à mi-chemin entre le private equity et les marchés financiers, avec pour ambition de renforcer le continuum du financement », souligne Rémy Thannberger. Les sociétés accompagnées viseront une cotation sur le compartiment Euronext Growth ou sur LISE - Lightning Stock Exchange, la première néo-Bourse européenne opérant sur technologie DLT. Les trois corsaires ont notamment contribué au développement de LISE, qui a récemment vu Bpifrance et BNP Paribas entrer à son capital, ainsi qu'à celui d'Aleph Networks, désormais soutenue par AG2R La Mondiale.