Les déboires du 737 MAX plongent Boeing dans le rouge vif

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(Crédits : Joshua Roberts)
Boeing a fait état mercredi d'une perte de près de trois milliards de dollars au deuxième trimestre, la plus importante en une décennie, en raison d'une charge déjà annoncée de cinq milliards liée à l'immobilisation à travers le monde du 737 MAX à la suite de deux catastrophes aériennes. A ce stade, la crise du 737 MAX a coûté plus de 8 milliards de dollars à Boeing.

La facture du B 737 MAX est très salée pour Boeing : près de 8 milliards de dollars depuis l'immobilisation de l'avion à la suite de l'accident d'un appareil de ce type d'Ethiopian Airlines le 10 mars dernier quelques mois après celui de Lion Air fin octobre 2018. Le MCAS, le système anti-décrochage de l'avion est impliqué dans ces deux accidents qui ont fait 346 morts.

Perte de près de 3 milliards de dollars

Boeing a fait état mercredi d'une perte de 2,94 milliards de dollars au deuxième trimestre (contre un bénéfice de 2,20 milliards de dollars un an plus tôt), en raison d'une charge déjà annoncée de cinq milliards liée à l'immobilisation à travers le monde du 737 MAX. Il s'agit de la plus importante perte trimestrielle en une décennie,

La semaine dernière, le constructeur américain a annoncé qu'il inscrirait une charge après impôts de 4,9 milliards de dollars (4,3 milliards d'euros) dans ses comptes du deuxième trimestre pour notamment indemniser les compagnies aériennes dont les livraisons de 737 MAX ont été suspendues. A ce stade, la crise du 737 MAX a coûté plus de 8 milliards de dollars à Boeing. Le constructeur aéronautique mondial a également annoncé un nouveau retard dans son programme 777X en raison d'un problème de moteur, repoussant le premier vol à 2020.

L'arrêt de la production du 737 MAX envisagée

Lors d'une conférence téléphonique après la publication de ces résultats, le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, a déclaré que le groupe pourrait envisager de nouvelles réductions de la production de 737, aujourd'hui de 42 exemplaires par mois, voire de la suspendre le cas échéant. Ce qui serait un coup dur pour les fournisseurs appelés jusqu'ici à maintenir la production. En avril, Boeing a réduit ses cadences de production du MAX de 52 à 42 appareils par mois. Pour autant, si l'appareil devait être remis en service d'ici à la fin de l'année, Boeing pourrait augmenter à 57 unités mensuelles en 2020. Pour rappel, l'avionneur américain a maintenu la production pour pouvoir, une fois la solution logicielle certifiée, l'intégrer sur les appareils déjà construit et livrer rapidement les appareils aux compagnies aériennes.

Remise en service d'ici à la fin de l'année?

Reste à voir quand l'appareil pourra revoler. Mi-juin, l'avionneur tablait sur une reprise des vols fin août-début septembre. Après une rencontre qui s'est tenue le 14 juin entre des membres de l'AESA (l'agence de sécurité européenne) et la FAA (agence fédérale de l'aviation civile américaine) une campagne d'essais en vol était prévue en juillet. Mais ce calendrier a été remis en question après la découverte de nouveaux problèmes.

La semaine dernière, Boeing évoquait une remise en service au "début du quatrième trimestre" 2019 (octobre-décembre). Le groupe aéronautique travaille à un correctif logiciel qu'il espère, selon des sources proches du dossier, présenter d'ici septembre aux autorités de régulation de l'aviation civile pour sa certification. Pour certains experts, ce calendrier est très ambitieux. Aujourd'hui, la direction n'a pas donné de calendrier.

"C'est la FAA (agence fédérale de l'aviation américaine) et les autres régulateurs aériens globaux qui vont déterminer quand est-ce que le 737 MAX retourne en service", a insisté mercredi Dennis Muilenburg. "Nous travaillons sans relâche pour répondre à leurs exigences. Ce processus est dynamique et implique un dialogue permanent", a-t-il ajouté.

En tout cas, Southwest, American Airlines et United Airlines, les trois principales compagnies aériennes disposant du MAX dans leur flotte, ont pendant ce temps annulé leurs vols sur cet avion jusqu'à début novembre. Le manque de visibilité sur le retour dans le ciel du MAX faisait reculer l'action de près de 3,08% à Wall Street.

La direction a déclaré qu'il publierait ultérieurement de nouvelles prévisions pour l'année, les objectifs actuels ne tenant pas compte de la crise du 737 MAX.

Plongeon des ventes

Sur le trimestre clos au 30 juin, les ventes ont plongé de 35% à 15,75 milliards de dollars, sous le consensus qui était en moyenne de 18,55 milliards, selon les données IBES de Refinitiv.

Le flux de trésorerie disponible est tombé à -1,01 milliard de dollars sur les trois mois à fin juin, premier trimestre complet depuis l'interdiction de vol du MAX. Les analystes prévoyaient -2,9 milliards de dollars, toujours selon Refinitiv.

"Même si les résultats du deuxième trimestre dans leur ensemble semblent plutôt sombres, ils ne sont pas aussi mauvais que ce que nous avions prévu", commente Robert Stallard, annalyste chez Vertical Research Partners.

Outre les régulateurs, Boeing affirme discuter également avec les compagnies aériennes avec qui le groupe a organisé plus d'une douzaine de conférences téléphoniques et près de 225 sessions de tests sur simulateur du système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les accidents d'Ethiopian Airlines et Lion Air.

Des réunions téléphoniques hebdomadaires sont également tenues pour aider, selon Boeing, les compagnies aériennes à être prêtes sur le plan technique pour opérer les avions une fois l'interdiction de vol levée.

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Commentaires
a écrit le 23/08/2019 à 0:42 :
Bonjour la même chose un site français qui saute sur l'occasion pour critiquer Boeing,...
PS: moi aussi, j’attendrai 18 mois après la remise en service du 737MAX, avant d'y monter à bord, mais il ne faut pas oublier les débuts des premiers A320, bien que beaucoup plus vite réglés.
Enfin , tout n'est pas noir chez Boeing, combien de 737 construits, en quelle année a-t'il volé pour la première fois ?. Et pour l'a'a380, sa production a été suspendue quant, ??
Enfin , tout ceci pour dire que en ce moment mes avions préférés sont l'Airbus A320NEO,l'A380, (juste une fois ), L'A350, le 757 et 767 ainsi que la plus grande réussite aéronautique , le 777-300ER et pour bientôt la gamme des777-:8/9, et peut-être 10, et pour terminer définitivement, le l'avion actuellement en étude , un hyper personique pouvant atteindre MACH 6 , soit près de 6000 KM/H !!!!
a écrit le 27/07/2019 à 9:10 :
Trump va bien trouver un moyen de pénaliser les autres constructeurs !!!
a écrit le 26/07/2019 à 22:42 :
Ils ont dû mettre un logiciel pour corriger un défaut de structure de l avion

L avion est trop instable

Et même avec un autre logiciel il restera instable et au moindre soucis boumm
a écrit le 26/07/2019 à 22:42 :
Ils ont dû mettre un logiciel pour corriger un défaut de structure de l avion

L avion est trop instable

Et même avec un autre logiciel il restera instable et au moindre soucis boumm
a écrit le 25/07/2019 à 14:17 :
Et on ne parle pas de la cafouillade autour du ravitailleur en vol KC-46 "Pegasus", résultat d'innombrables combines politiques et de corruptions de Boeing !
a écrit le 25/07/2019 à 12:11 :
logiciel ou pas ,l'avion n'est pas adapte a cette nouvelle motorisation
Réponse de le 26/07/2019 à 16:40 :
@jataf 25/07/2019 12:11
Je suis loin d'être un expert en aéronautique mais Boeing a mis un moteur de Formule 1 sur une voiture de tourisme. Il aurait fallu transformer le châssis du 737. Sur le site wiki, il y a des comparaisons entre les différentes version du 737...
Assez d'accord avec l'opinion de Fred06 (25/7 12:03) le risque majeur est la confiance des passagers. Je connais les codes IATA et OACI de cet avion: je ne monterai jamais dedans.
Ceci étant écrit, Airbus n'est pas capable de construire tous les avions nécessaires à l'explosion probable du trafic aérien. De plus, il risque d'y avoir des rétorsions foireuses des EU sur Airbus.
Cordialement
a écrit le 25/07/2019 à 12:03 :
Logique, cpte tenu des indemnisations astronomiques à devoir aux Cies.
Ce qui l'est moins, c'est le statut quo apparant de Boeing sur l'avenir du moyen courrier : quid du NMa NSa??. B ne peut se reposer sur ce 737 partiellement relooké à partir d'une base conçue il y a + de 50 ans même avec plus de 5000 cdes. Car Le risque majeur réside ds la confiance des passagers à remonter ds le MAX, sachant qu'ils peuvent connaître les types d'avions utilisés par les Cies sur les sites low cost avt de réserver.
Il doit dc prendre une décision rapidement, s'il ne veut pas être largué définitivement par Airbus sur le low cost moyen et long courrier. Le monopole pour un fabricant c'est la mort lente à terme.
Réponse de le 25/07/2019 à 16:51 :
Je pense que la majorité des passagers se moquent du type d'avion, tant qu'il est autorisé, et se focalisent sur le prix et les horaires. Qui se souvient du modèle du Rio-Paris dont les sondes Pitot étaient défectueuses ? Attendez 6 mois après la reprise des vols, et tout le monde aura oublié.
Réponse de le 25/07/2019 à 21:31 :
L'art de tout mélanger...
Comparer l'accident du Rio-Paris aux 2 accidents impliquant le 737 MAX c'est tiré par les cheveux !
Je vous invite à vous documenter un peu plus... sur les raisons de ces 3 catastrophes aériennes, ça vous évitera d'écrire de telles inepties.
Réponse de le 26/07/2019 à 15:55 :
Je ne compare pas les 3 catastrophes au niveau technique, je compare la perception du public face aux 3 catastrophes et ce qu'il va en retenir et comment il va réagir à l'avenir. Ce que le public a notamment retenu du AF447 est le problème de sonde Thales que AF et Airbus voulaient remplacer. Ceci en plus de problème humain. C'est ce qui reste dans la mémoire collective. Dans le cas du 737, le public retiendra le problème de logiciel. Mais en bout de ligne, quand on lui dira que le problème est réglé, il oubliera tout 6 mois plus tard et n'hésitera pas longtemps si un billet est 60E moins cher sur une compagnie ABC plutôt que XYZ (indépendamment de l'avion).
a écrit le 25/07/2019 à 12:00 :
Il y a certains secteurs ou le marketing ne doit pas prendre le dessus sur le sérieux de la conception. Et l'aviation fait partie de ces secteurs (comme celui des armes, spatial, etc.), dur rappel pour Boeing. L'histoire fait que certains dirigeants d'entreprise oublient parfois les fondamentaux, la sanction ne devrait pas se faire attendre (entendez par la que le board va maigrir).
a écrit le 25/07/2019 à 11:20 :
8 milliards de dollars de perte, parce-qu’ils ont mal conçu un logiciel ? Impressionant !
Réponse de le 26/07/2019 à 17:37 :
Non , parce qu'ils ont mal conçu leur avion, et ont cru qu'avec un simple logiciel, ils pourraient palier cette lacune.
a écrit le 25/07/2019 à 9:48 :
Boeing aurait dû arrêter la construction de cet avion, le débaptiser et repartir sur une nouvelle base...mais il ne le peut pas sans mettre en difficulté toute sa chaîne d'approvisionnement au risque de voir des fournisseurs essentiels faire faillite.
Il n'est pas impossible que qu'il doit malgré tout obligé de le faire, car compte tenu de l'accumulation des problémes, qui voudra encore monter dans un avion si mal né ?
Perso, ça m'est égal, je ne voyage et ne voyagerai plus jamais en avion .
Réponse de le 25/07/2019 à 16:56 :
Le Rio-Paris était en a330. Conception des sondes de vitesse défectueuses, sur un avion pourtant autorisé et certifié. Résultat : sondes changées sur tous les appareils. Aujourd'hui, les ventes de a330 sont au beau fixe et les passagers ne rechignent pas à monter dans des a330. à mon avis, il se passera pareil pour le 737max, le logiciel sera changé et petit à petit le souvenir s'estompera.
a écrit le 25/07/2019 à 6:28 :
Excellente nouvelle. Pour Air-bus, super bonus.
Réponse de le 25/07/2019 à 22:19 :
Non, ce n'est pas une super nouvelle pour Airbus. D'une part même si tout le monde commandait des Airbus, la capacité de production est limitée et est déjà au maximum, pousser plus loin serait jouer avec le feu. D'autre part le duopole actuel Airbus Boeing contrôle plus ou moins le marché mondial, si Boeing disparaissait du marché comme Lockheed en son temps, le vide laissé, et l'incapacité structurelle d'Airbus à combler ce vide ouvrirait un boulevard à un producteur émergeant comme la Chine et là on ne serait plus entre gentlemen.

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