Le dossier reste chaud, très chaud. La montée en puissance, concomitante au redressement des Forges de Tarbes, filiale détenue à 100% depuis août 2021 par le groupe Europlasma en situation financière très compliquée, est surveillée comme le lait sur le feu par la Direction générale de l'armement (DGA). Pour trois très bonnes raisons : pour l'accélération des cadences de production des corps creux des obus de 155 mm, pour le soutien à l'Ukraine (livraisons des obus) et pour la tenue des engagements pris par les Forges de Tarbes, anciennement Tarbes Industry, pour des investissements dans l'outil industriel. Les Forges de Tarbes sont un acteur clé de l'économie de guerre voulue par Emmanuel Macron et mise en musique par la DGA, en matière de fabrication des corps creux des obus de 155 mm des canons Caesar (partie métallique de l'obus).
Une surveillance d'autant plus légitime que la situation financière d'Europlasma, expert en montages financiers sophistiqués parfois avec des sociétés situées aux îles Caïmans, est compliquée. Au cours du premier semestre 2024, si la maison-mère des Forges de Tarbes a réalisé un chiffre d'affaires en forte hausse à 15,6 millions d'euros, le résultat opérationnel courant s'est dégradé à hauteur de 10,9 millions d'euros (contre - 8,5 millions au premier semestre 2023). En revanche, le résultat net s'est élevé à 2,1 millions grâce à un produit comptable exceptionnel de 14,8 millions d'euros lié à l'acquisition en plan de cession du fonds de commerce et des actifs de MG-Valdunes, fabricant français de roues pour les trains ou les métros.