Lufthansa entre au capital d'ITA Airways
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Lufthansa a pris les commandes d'ITA sur un plan opérationnel, même si l'État italien garde un droit de regard sur les décisions stratégiques.
REMO CASILLI
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Lufthansa a pris les commandes d'ITA sur un plan opérationnel, même si l'État italien garde un droit de regard sur les décisions stratégiques.
REMO CASILLI
ITA Airways passe enfin dans le giron de Lufthansa. Après une série de turbulences, l'État italien et le groupe allemand ont officialisé mercredi l'entrée de Lufthansa au capital d'ITA Airways, scellant ainsi le mariage très attendu entre le géant aérien et la compagnie publique née des cendres d'Alitalia.
Dans une première étape, Lufthansa a acquis une part minoritaire de 41% dans ITA Airways par le biais d'une augmentation de capital de 325 millions d'euros, avant de monter progressivement à 100% pour un prix total fixé à 829 millions d'euros. Lufthansa a pris ainsi les commandes d'ITA sur un plan opérationnel, même si l'État italien garde un droit de regard sur les décisions stratégiques.
« Cette nouvelle phase de l'histoire de l'entreprise nous permettra de renforcer notre position et de développer des synergies stratégiques qui conforteront la croissance et la solidité d'ITA Airways en tant que transporteur italien de référence », a commenté le chef de la stratégie de Lufthansa, Jörg Eberhart. Ce dernier a été nommé directeur général d'ITA Airways à l'issue d'une assemblée générale de ses actionnaires.
C'est au cours de cette assemblée générale des actionnaires de la compagnie italienne, détenue auparavant à 100% par le ministère de l'Économie, qu'a été le coup d'envoi des noces entre Lufthansa et ITA Airways.
Le nombre de membres du conseil d'administration d'ITA a été porté de trois à cinq. Trois administrateurs ont été nommés par le ministère italien de l'Économie, dont le président, et les deux restants par Lufthansa. Sandro Pappalardo, pilote de l'armée de l'air italienne et membre du conseil d'administration de l'Agence nationale du tourisme, a été nommé président d'ITA, prenant la relève d'Antonino Turicchi.
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Le rapprochement entre Lufthansa et la compagnie italienne a été semé d'embûches. Pour rappel, l'État italien et Lufthansa avaient conclu en mai 2023 un accord sur l'entrée du groupe allemand au capital d'ITA Airways, après des années de recherches infructueuses d'un repreneur pour son ancêtre Alitalia. Mais cet accord avait risqué de capoter début novembre en raison de divergences de dernière minute sur le prix.
Le dernier obstacle avait été franchi fin novembre : la Commission européenne avait fini par approuver une série de mesures proposées par Lufthansa et Rome pour permettre la finalisation de la cession d'ITA Airways au groupe allemand. Ces « remèdes », demandés par Bruxelles, consistaient à céder un certain nombre de créneaux aéroportuaires (« slots ») à d'autres compagnies pour sauvegarder la concurrence.
Selon la presse italienne, Lufthansa avait demandé, finalement en vain, un rabais de 10 millions d'euros concernant la phase successive qui prévoit l'acquisition d'une part supplémentaire de 49% pour également 325 millions d'euros. Un accord in extremis avait permis de respecter la date butoir, fixée au 11 novembre, pour envoyer à la Commission européenne le paquet de remèdes.
Puis, l'assemblée générale des actionnaires, prévue dans un premier temps lundi, a été reportée de 48 heures, afin de peaufiner les derniers détails de la future gouvernance.
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Lufthansa, qui a déjà dans sa besace Brussels Airlines, Austrian Airlines, Eurowings, Swiss et Air Dolomiti, devrait profiter de son alliance avec ITA pour se renforcer notamment en Amérique du Sud et en Afrique. « ITA est la plus grosse acquisition de l'histoire de Lufthansa », a commenté lundi le PDG du géant allemand, Carsten Spohr. « L'Italie est déjà notre deuxième marché étranger le plus important après les États-Unis. ITA doit fournir la deuxième plus grande contribution » au résultat de Lufthansa « de toutes les filiales étrangères, après Swiss. »
La cession d'ITA constitue aussi une bouffée d'oxygène pour l'État italien car, au fil des années, il a dû débourser plus de 13 milliards d'euros pour renflouer la compagnie nationale.
(Avec AFP)
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