Paris tente de renouer avec Athènes pour désamorcer le dossier miné des missiles Meteor que la Grande-Bretagne veut exporter en Turquie. Sans succès pour le moment.Le dossier explosif des missiles Meteor a semble-t-il torpillé l'entente cordiale qui planait jusqu'ici entre Paris et Athènes ces dernières années. Pourquoi ? La Grèce exige que la France s'oppose à l'exportation de ce missile air-air très performant vers la Turquie pour armer les avions de combat Eurofighter Typhoon proposés par la Grande-Bretagne. Une opération cruciale pour les Britanniques qui font feu de tout bois à l'exportation pour relancer la production d'Eurofighter de l'usine de Wharton, dont la chaîne d'assemblage tourne au ralenti actuellement. Le président Recep Erdogan a bel et bien réussi à semer la zizanie entre la France, la Grèce et la Grande-Bretagne. Pour Paris, il n'y a d'ailleurs que des mauvaises solutions : se fâcher avec la Grèce, avec qui elle a signé un partenariat stratégique, ou la Grande-Bretagne.
En dépit de la volonté de Sébastien Lecornu de rencontrer son homologue grec pour s'expliquer sur ce dossier extrêmement sensible et trouver des compensations, Nikos Dendias reste pour le moment sourd à toute demande du Français. Ainsi, le ministre des Armées a proposé de rencontrer le ministre grec le 13 février à Bruxelles en marge d'une réunion des ministres de l'OTAN. Sans succès, Nikos Dendias n'ayant pas donné suite à cette proposition. Dans un courrier adressé fin février à Nikos Dendias, Sébastien Lecornu est revenu à la charge pour proposer de venir le rencontrer à Athènes, selon nos informations. Mais, à ce stade, aucune visite n'est prévue pour le ministre en Grèce.
Un courrier à John Healey
Sébastien Lecornu prévient également son homologue grec qu'il a adressé fin février un courrier au secrétaire d'État à la Défense britannique John Healey afin d'attirer son attention sur les préoccupations de la Grèce sur l'exportation du Meteor vers la Turquie. Et le ministre appelle donc Londres à prendre des mesures permettant d'y répondre, selon nos informations. Il rappelle également à son homologue anglais deux points essentiels pour Paris. La France accorde une grande importance à la sécurité de la Grèce dans le cadre du partenariat stratégique signé entre Paris et Athènes. Puis, en tant que nation cadre du programme Meteor, elle est attentive aux projets d'exportation portés par les pays participants.