MSC et RCCL : l'étrange choix d'Emmanuel Macron pour STX

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Faire entrer MSC et RCCL dans le capital de STX, deux de ses principaux clients qui connaissent sur le bout des doigts le marché et ses prix, c'est un peu comme faire entrer Air France et Lufthansa dans le capital d'Airbus
Faire entrer MSC et RCCL dans le capital de STX, deux de ses principaux clients qui connaissent sur le bout des doigts le marché et ses prix, c'est un peu comme "faire entrer Air France et Lufthansa dans le capital d'Airbus" (Crédits : STEPHANE MAHE)
Emmanuel Macron souhaite changer l'accord de reprise de STX France par des entreprises italiennes. Une décision qui passe très mal en Italie.

Sur le dossier STX, Emmanuel Macron s'engage sur un chemin compliqué. Il est d'abord dangereux de vouloir défaire un accord conclu de haute lutte entre la France et l'Italie. Les dossiers industriels entre les deux pays sont toujours explosifs. D'autant que cet accord était ardemment souhaité par les Italiens, dont Fincantieri, et a été très soutenu par le président du conseil Paolo Gentiloni, qui a appelé plusieurs fois François Hollande. Tout comme Enrico Letta, l'ancien président du conseil. La décision du président français de modifier l'accord passe d'ailleurs mal en Italie, comme en témoignent les titres de la presse transalpine.

"Je veux aussi vous dire qu'au-delà, en lien avec nos amis italiens - et j'ai parlé hier au président du conseil Paolo Gentiloni - et en lien avec les principaux clients des chantiers, je souhaite que les équilibres de principe trouvés en avril 2017 puissent être revus", a expliqué mercredi lors d'un déplacement à Saint-Nazaire Emmanuel Macron, qui s'adressait aux salariés de STX France.

Évolution du tour de table

Le chantier naval italien Fincantieri a signé le 19 mai en Corée du Sud un accord pour le rachat de 66,66% des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) à son actionnaire actuel, STX Europe AS, pour 79,5 millions d'euros. Puis selon un accord négocié par l'ancien gouvernement, Fincantieri devait reprendre d'abord 48% du capital des chantiers de Saint-Nazaire et rester minoritaire pendant au moins huit ans, épaulé par le mystérieux investsseur italien Fondazione CR (Cassa di Risparmio) basé à Trieste à hauteur d'environ 7%. Côté français, l'État devait conserver un tiers du capital et un droit de veto tandis que le groupe naval DCNS entrerait à hauteur de 12%.

Selon le journal Le Monde, confirmé par nos informations, l'Élysée veut écarter la fondation italienne jugée trop proche de Fincantieri. La présidence de la République souhaite faire entrer à sa place deux nouveaux actionnaires, MSC et RCCL, les deux compagnies de croisières clientes de Saint-Nazaire. A quels niveaux ? Le Monde écrit que les deux croisiéristes auraient ensemble environ 10% du capital. Voire plus si DCNS ne fait plus partie du tour de table, comme le souhaiteraient ses deux actionnaires (Défense et Thales). Mais ont-ils voix au chapitre sur ce dossier? En tout cas, tout est fait pour priver Fincantieri d'une majorité de contrôle.

Des clients au capital de STX

Faire entrer MSC et RCCL dans le capital de STX, deux de ses principaux clients qui connaissent sur le bout des doigts le marché et ses prix, c'est un peu comme "faire entrer Air France et Lufthansa dans le capital d'Airbus". Le choix d'Emmanuel Macron est pour le moins étrange. Cela peut peut priver STX de marges de négociations dans les contrats avec MSC et RCCL. Au pire c'est aussi faire fuir les concurrents.

Dans un secteur aussi difficile, cela risque de compliquer les règles du jeu pour STX. Car les marges de la construction des bateaux de croisière sont effectivement faibles (autour de 2%) et, en même temps, les chantiers navals doivent disposer d'énormément de cash. Un chantier naval ne reçoit qu'un acompte de 15% de la valeur du bateau à la signature du contrat, le reste à la livraison. Il n'y pas de lissage de cash lié à l'avancement du bateau. Enfin, les pénalités sont lourdes en cas de retard à la livraison.

Fincantieri, le chantier qui faisait peur aux croisiéristes

C'est pour cela que la reprise de STX Saint-Nazaire par Fincantieri inquiétait les croisiéristes, qui ne voyaient pas d'un bon œil une concentration de ce secteur autour de deux chantiers navals. Car jusqu'ici les croisiéristes maîtrisaient les prix des navires face à des chantiers navals qui sont prêts à rogner sur leurs marges pour obtenir des contrats.

Face à un duopole composé de Fincantieri et de l'allemand Meyer Werft, dans la construction des très grands bateaux de croisière, ils ne peuvent plus peser autant sur les prix. D'où vraisemblablement l'intérêt de deux croisiéristes - MSC Croisières et Royal Caribbean Cruises - de monter dans le capital de STX pour contrôler les prix. De plus MSC connait très bien le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler, qui a été le directeur financier... du croisiériste juste avant d'être rappelé par Emmanuel Macron. Ce qui rend très nerveux les Italiens prêts à y voir des soupçons de conflit d'intérêt.

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a écrit le 03/06/2017 à 16:56 :
Plus important ! se demander comment en est on arrivés là ? pour éviter d’autres fiascos.
C'est la question que se poserait tout dirigeant censé pour corriger les erreurs, au lieu de les réitérer. En partant de la question su pourquoi l’État Français n'est il pas actionnaire et pourquoi ce sont des Coréens qui détiennent et qui vendent leurs parts ? Logique ils ont des problèmes financiers, oui mais avant que c'est il passé.
En reprenant les articles sur Alstom sur internet, (je n’ai pas eu le temps de tout vérifier) :
Alstom fut l'un des leaders mondiaux dans beaucoup de secteurs et de technologies, un fleuron national passé au statut de, je cite « faillite industrielle à la française ».
Cela remonterait aux problèmes d'Alstom en 2003, puisque le groupe aurait déjà été "sauvé", suite à ses soucis avec des turbines à gaz. Des activités ont par la suite été cédées, dont le naval en 2006.
Il y eut des partenariats et d’autres cessions à des groupes tels Bouygues essayant de créer des synergies et d’autres plus conflictuelles entre dirigeants d’Alstom et d’Areva. En 2010 il était question de rapprochement stratégique mais Areva aurait déjà pris trop de risques ? Des querelles d’ego qui ont miné la filière nucléaire française. C’est tellement compliqué en termes d’intrigues, qu’il faudrait céder les droits du scenario à un producteur d’Hollywood.
A propos de cession aux Américains justement, l’apothéose de ces tergiversation et erreurs fut la revente en 2014 de la branche énergie d'Alstom Power à GE, au lieu de l’autre candidat Siemens-Mitsubishi. En raison d’une sombre histoire d’amende relative au droit Américain ? Heureusement il n’y aurait rien de stratégique là dedans, tout juste des histoires de turbines de nos centrales nucléaires. Tant que Américains sont nos amis, on peut leur confier les …Oups. Finalement vu leur changement de stratégie par rapport au charbon, mieux aurait fallu leur vendre Areva.
Tout cela pour qu’in-fine Alstom se concentre sur le transport ferroviaire. Stratégie payante ? pas sur, vu les commandes pour l’Usine de Belfort, heureusement sauvée de justesse.
Le journaliste Nicolas Stiel s’interrogeait sur "la cohérence de la politique industrielle menée par l’État". Il a raison vu la faillite d'Alstom. Idem pour l’avis de Jean-Michel Quatrepoint qui parle de " l'absence de vision stratégique de la classe politique et de la haute administration".
On pourrait facilement analyser et déterminer l'origine de ces fiascos, c'est ce qui se pratique dans beaucoup d'entreprise normales. J'ai l'impression que c'est un problème de cohérence plus de concurrence et d’entêtement plus que d’endettement, puisqu’on semble reproduire les mêmes erreurs. Comme si on faisait abstraction de tous les avis contradictoires, qui dans la vie économique ordinaire permettent de détecter et de corriger un problème, avant qu’il ne soit irréparable.
On pourrait facilement accuser alternativement les énarques et leur formatage administratif, les ingénieurs des mines pour leur performance et leur abstraction des coûts, mais tous deux privilégient leurs hémisphères gauches. Et à l’autre bout de tout cela, il y a des groupes privés en recherche de performance et de profit, capables de faire preuve d'intelligence collective. Au milieu il y a une population, qui est elle certes moins douée, mais a aussi l’avantage de savoir utiliser les deux hémisphères et

Et puis ça change, il suffit de voir le dynamisme de Fleur Pellerin et bien d'autres énarques.
Voir l'article sur les Startups. La question c’est comment après avoir fait l’ESSEC, elle a pu faire l’ENA ?
Réponse de le 04/06/2017 à 18:50 :
La réponse a toutes ces soit-disantes tétes (cranes d'oeufs) vu l'état du pays, un OS aurait gérer les affaires dans le bon sens. question de pragmatisme !!!
a écrit le 03/06/2017 à 11:57 :
Ce n'est pas le choix de Macron c'est à la demande de tous les acteurs de l'entreprise à la Région (y compris Retailleau, c'est dire !) car le groupe italien impliquait une Fondation qui n'apporte pas assez de sérieux. Macron a donc raison de reprendre le dossier compte tenu en plus des nouveaux importants marchés reçus pour plusieurs milliards d'euros et des années de travail.
a écrit le 03/06/2017 à 10:55 :
Et dire que Mr Macron est à fond pour l Europe à en devenir le champion en nous livrant pieds et poings liés !!!A mon avis il n a pas tout compris sur l Europe ?un Italien qui veut acheter une partie des chantiers n est il pas Européen? il faudrait accorder nos violons
a écrit le 03/06/2017 à 10:34 :
Pourquoi étrange ,non patriotique , on ne va pas laisser les italiens aux commandes pour 80 millions d'euros , n'ayez aucun doute sur le fait que leur volonté était de détruire un concurrent STX , et si le faible blagounette a qui FICANTIERI a payé un scooter , n'a pas eu les c....... ,je suis très fier que notre president défendent l'industrie française , que nos concurrents se le disent , la faiblesse et la demission sont terminés!
a écrit le 03/06/2017 à 10:31 :
un savoir faire qu il faut gardez en le nationnalisent: ce sont des chantierr a forte mains d oeuvre ouvrieres qu il faut preserver et a faire surveillez par des inpecteurs du travail afin d eviter le trafique de travailleur detaches, LA BATAILLE DE L EMPLOI E S C EST DE GARDER NOTRE SAVOIR FAIRE EN FRANCE???
Réponse de le 03/06/2017 à 12:58 :
Je suis bien d'accord avec vous, mais la réglementation européenne nous l'interdit. Lisez les explications que j'ai données dans mes autres commentaires à cet article.
Réponse de le 03/06/2017 à 16:49 :
A@ IL FAUDRAS ASOLUMENT CHANGER SES ARTICLES QUI NOUS METTENT ENTRE LES MAINS DES SOCIETES ETRANGERE? CEUX QUI NOUS ON FORCE A ACCEPTEZ L EUROPPE NOUS ON TRAHIES ? ON EST BIEN DEPUIS L EUROS ENTRE LES MAINS DUMONDE DE LA FINANCE ?SI NOUS NE QUITON PAS L EUROPE NOUS ALLONS MOURIR ECONOMIQUEMENT/ UN MILLION DE CHOMEURS A CHAQUE MANDAT CELA SUFFIT CETTE MISERE 9MILLONS DE PAUVRES A UN COUT? SI MACRON CONTINUE DANS CE SENS DANS CINQ ANS NOUS AURONS LE FN AUX POUVOIR???/// NOUS AURONS LE DESTIN QUE NOUS AVONS MERITE/// ALBERT EINSTEIN///
Réponse de le 04/06/2017 à 8:20 :
Oui, vous (la France) aurez le destine que vous avez merité. Donc pourquoi ne pas vous réussissez où d’autres pais de l'UE ont réussi en vertu du même accord ?
Réponse de le 04/06/2017 à 16:43 :
il faut nationaliser et faire surveiller par des inspecteurs du travail et donc en bon français augmenter les charges au maximum afin de perdre tous les clients : bonne idée si vous voulez perdre la société !!!!
Réponse de le 04/06/2017 à 16:46 :
il faut nationaliser et faire surveiller par des inspecteurs du travail et donc en bon français augmenter les charges au maximum afin de perdre tous les clients : bonne idée si vous voulez perdre la société !!!!
a écrit le 03/06/2017 à 8:44 :
Qu'il fasse ce qu'il veut mais Saint Nazaire et l'expertise doivent rester sius contrôle français.

C'est jn incroyable savoir-faire français qu'il ne faut pas disperser.
Réponse de le 03/06/2017 à 12:56 :
La France est dans "l'union" €uropéenne et soumise au traité de Lisbonne, malgré son rejet en 2005.
Pour l'UE, il n'y a plus de pays, il n'y a plus que des membres de l'UE.
Et le traité de Lisbonne interdit que l'État français intervienne pour empêcher un rachat, que ce soit par une entreprise européenne, mais même aussi s'il s'agit d'une entreprise étrangère.
Autrement dit, pour faire ce que vous dites, il faudrait d'abord que la France dénonce son adhésion à l'UE et à l'euro, c'est-à-dire demande à en sortir.
C'est le #Frexit et c'est possible, légalement, en vertu de l'article 50.
C'est ce qu'ont fait les Britanniques en choisissant le Brexit.
Mais avec l'élection d'Emmanuel Macron, les Français ont clairement affirmé qu'ils ne le souhaitent pas.
Nous restons donc dans l'UE et l'euro, et l'État n'a pas le droit d'intervenir dans cette négociation, sinon au risque que la France soit condamnée à de lourdes sanctions financières, pour non respect des règles de l'UE.
a écrit le 02/06/2017 à 21:31 :
un accort signé par le dernier gouvernement et voila que Mr MACRON qui remet tout a plat comme avecles portes hélicoptères pour la RUSSIE ou est la parole donnée tant que STX Françe appartenait au CORREEN personne s inquiétait du moment que FINCANTIERI une entreprise européenne prend le controle et beaucoup sons mécontent .alors que l union fait la force et sa pourrait faire un grand groupe européen ,mais un a peur des ITALIENS quand cest PSA qui prend le controle de OPEL ou VIVENDI qui prend le controle deTELECOM ITALIA on crie cocorico au fait pourquoi ALSTOM a bradé les CH del ATELANTIQUES pour une bouchée de pain a cause du mal français la CGT
Réponse de le 03/06/2017 à 12:00 :
Avant de râler de manière instinctive sans raisonner, il faut connaître le dossier, vous écrivez sans connaître les problèmes plus qu'épineux qui ont été soulevés tant par l'entreprise que la Région et les employés et syndicats concernant la Fondation italienne notamment.
a écrit le 02/06/2017 à 19:59 :
Ce qui m'étonne dans cette affaire,c'est que Fincantieri n'est intéressé principalement a STX que par son grand bassin et je ne comprend pas qu'il n'en ait pas construit un,avec ses plus de 20 chantiers dans le monde,dont 9 en Italie si on compte les militaires.D'autant plus que le principal actionnaire c'est l'état italien.???
a écrit le 02/06/2017 à 19:51 :
On se demande bien pourquoi l'Etat français n'a pas suscité un repreneur industriel français sur une mise de 80 millions €, qui concerne l'économie d'une région et des milliers d'emplois ; l'Etat préfère garder des participations stratégiques (EDF, Engie, etc...), subventionner par CICE ou BPI, certainement utile, mais la priorité ne devrait-elle pas être de préserver l'existant lorsqu'il est viable ?
Réponse de le 03/06/2017 à 17:20 :
Même reflexion que vous.
Pas pour faire du populisme à 2 balles mais quand on voit la valeur d'un joueur de foot, ça interpelle...

D'autant que Fincanteri on les voit passer dans les articles de Mr Cabriol dans les appels d'offres militaire en concurrence avec DCNS..Pourquoi DCNS ne prend pas le contrôle total pour être comme son concurrent.
Et même, sans doute un fantasme, mais pourquoi pas un Airbus du naval en alliant DCNS Fincnateri et Siemens (qu'on voit aussi passer)?
a écrit le 02/06/2017 à 19:12 :
Petit minoritaire petit c....
Grand minoritaire grand c....
Il a raison Macron de s'opposer à ce que Fincantieri soit majoritaire car rien n'empêchera même avec le droit de veto de voir disparaître la technologie ailleurs, quoique une cale sèche de cette taille ça ne se déplace pas comme ça
a écrit le 02/06/2017 à 18:00 :
Encore des interventions des politiques dans des dossiers industriels. Le meccano qui a valu à la France le plan calcul imaginé par de Gaulle , un fiasco. Idem avec l'acier , soutenu par les pouvoirs publics pour finir dans les bras d'un indien. Idem pour le nucléaire qui a fait l'impasse sur d'autres énergies possibles.
L'état a certainement un rôle à jouer, le premier est de donner une fiscalité stable et concurrentielle vis à vis des concurrents. De permette aux entreprises de se développer en créant des fonds de pension français et puissants qui aideraient a sécuriser le capital et fournir des capitaux propres. En revanche, laisser les énarques jouer au monopoly industriel, ce n'est pas l'idée du siècle.
Réponse de le 03/06/2017 à 12:42 :
C'est toute la question du libéralisme, de ses bienfaits ou de ses ravages, que vous posez là.
Pour qu'une entreprise française puisse être rachetée par une entreprise italienne, il y a, au départ, des choix politiques.
Et, en effet, aujourd'hui, avec notre appartenance à "l'union" €uropéenne et la contrainte du traité de Lisbonne (rejeté en 2005), nos dirigeants n'ont plus aucun mot à dire. Ce qui permet, par ex. à des Chinois d'acheter en toute légalité le domaine de Gevrey-Chambertin ou la cristallerie de Baccarat, au Qatar le PSG ou la place Vendôme...
La question est donc : est-ce une bonne chose de laisser les industriels (de tous pays) décider du devenir de nos grandes entreprises, sans que l'État ait son mot à dire ?
Nos responsables politiques n'auront plus que des regrets à formuler aux salariés, lorsqu'ils se retrouveront "sur le carreau".
Les Français n'auront rien à dire lorsque ces fleurons de notre industrie auront changé de nationalité, comme ce fut le cas pour nombre d'entre elles déjà : Alstom, Airbus, etc.
Ne voyez-vous donc pas le vol, la spoliation que ces rachats constituent ?
Ne pensez-vous pas que l'État doit encore avoir son mot à dire pour protéger notre patrimoine et toutes les populations travaillant dans ces secteurs ?
Et, pour finir, à qui bénéficient réellement ces droits nouveaux de pouvoir à volonté délocaliser, fusionner, racheter, démanteler, si ce n'est exclusivement aux multinationales, étrangères la plupart du temps, mais au détriment des employés et des Français ?
Vous parlez des échecs ou fiascos des initiatives étatiques, mais à quoi étaient-ils dus ?
Au fait que ces décisions n'étaient ni réalistes, ni pertinentes ?
Ou plutôt au fait que les puissances financières et industrielles en jeu ont pu, à volonté, nuire et ruiner ces opérations ?
Alors faut-il leur donner carte blanche ou doit-on se battre pour que l'État garde un minimum de contrôle et de pouvoir dans ce domaine ?
Approuver ces opérations, c'est finalement se battre contre son propre camp, c'est soutenir des acteurs pour qui l'intérêt des Français n'entre pas en ligne de compte.
a écrit le 02/06/2017 à 17:32 :
Régulièrement questionné sur le sujet, Laurent Castaing, le directeur général de STX France, précise invariablement que la main-d’œuvre étrangère culmine à 25 ou 30 % lors des pics d'activité. Ce qui représente près de 1.500 à 2.000 personnes sur 6.000 salariés de STX France et les sous-traitants. « La charge de travail est telle que le bassin de main-d’œuvre est insuffisant lors de telles périodes, nous sommes obligés de passer par des entreprises européennes venant de pays ayant une tradition de construction navale ", dit-on à la direction, qui envisage aussi de sous-traiter désormais des blocs de paquebots à l'étranger. Les chantiers concurrents, en Allemagne, Finlande et Italie ne se privent pas de cette main-d’œuvre, géographiquement proche d'eux. Ce sont essentiellement les sous-traitants français de STX France qui font appel à des entreprises étrangères, les plus gros contingents venant Pologne, Lituanie, Hongrie, Roumanie, Portugal... « Nous avons des outils de surveillance, avec des audits à bord, pour vérifier les feuilles de paye et si la législation est bien respectée ", affirme la direction.
Pour Sébastien Benoit, de la CGT, ces audits sont discutables. « Si les contrats affichent un temps de travail de 35 heures, ces travailleurs détachés ne pointent pas, mentionne le délégué syndical. Leurs heures supplémentaires ne sont pas forcément payées, ce qui est très difficile à prouver. Des Polonais et des Hongrois, travaillant sur le "Harmony of the Seas" nous ont affirmé avoir fait des mois de 250 heures. " Sébastien Benoit voit là « une concurrence sociale déloyale », renforcée par le différentiel de cotisations patronales de ces salariés, versées dans leurs pays d'origine. « Ce que nous voulons, dit le syndicaliste, c'est un seul statut sur le chantier. " Régulièrement questionné sur le sujet, Laurent Castaing, le directeur général de STX France, précise invariablement que la main-d’œuvre étrangère culmine à 25 ou 30 % lors des pics d'activité. Ce qui représente près de 1.500 à 2.000 personnes sur 6.000 salariés de STX France et les sous-traitants. « La charge de travail est telle que le bassin de main-d’œuvre est insuffisant lors de telles périodes, nous sommes obligés de passer par des entreprises européennes venant de pays ayant une tradition de construction navale ", dit-on à la direction, qui envisage aussi de sous-traiter désormais des blocs de paquebots à l'étranger. Les chantiers concurrents, en Allemagne, Finlande et Italie ne se privent pas de cette main-d’œuvre, géographiquement proche d'eux. Ce sont essentiellement les sous-traitants français de STX France qui font appel à des entreprises étrangères, les plus gros contingents venant Pologne, Lituanie, Hongrie, Roumanie, Portugal... « Nous avons des outils de surveillance, avec des audits à bord, pour vérifier les feuilles de paye et si la législation est bien respectée ", affirme la direction.

Pour Sébastien Benoit, de la CGT, ces audits sont discutables. « Si les contrats affichent un temps de travail de 35 heures, ces travailleurs détachés ne pointent pas, mentionne le délégué syndical. Leurs heures supplémentaires ne sont pas forcément payées, ce qui est très difficile à prouver. Des Polonais et des Hongrois, travaillant sur le "Harmony of the Seas" nous ont affirmé avoir fait des mois de 250 heures. " Sébastien Benoit voit là « une concurrence sociale déloyale », renforcée par le différentiel de cotisations patronales de ces salariés, versées dans leurs pays d'origine. « Ce que nous voulons, dit le syndicaliste, c'est un seul statut sur le chantier. " Régulièrement questionné sur le sujet, Laurent Castaing, le directeur général de STX France, pré-cise invariablement que la main-d'oeuvre étrangère culmine à 25 ou 30 % lors des pics d'activité. Ce qui représente près de 1.500 à 2.000 personnes sur 6.000 salariés de STX France et les sous-traitants. « La charge de travail est telle que le bassin de main-d’œuvre est insuffisant lors de telles périodes, nous sommes obligés de passer par des entreprises européennes venant de pays ayant une tradition de construction navale ", dit-on à la direction, qui envisage aussi de sous-traiter désormais des blocs de paquebots à l'étranger. Les chantiers concurrents, en Allemagne, Finlande et Italie ne se privent pas de cette main-d’œuvre, géographiquement proche d'eux. Ce sont essentiellement les sous-traitants français de STX France qui font appel à des entreprises étrangères, les plus gros contingents venant Pologne, Lituanie, Hongrie, Roumanie, Portugal... « Nous avons des outils de surveillance, avec des audits à bord, pour vérifier les feuilles de paye et si la législation est bien respectée ", affirme la direction.

Pour Sébastien Benoit, de la CGT, ces audits sont discutables. « Si les contrats affichent un temps de travail de 35 heures, ces travailleurs détachés ne pointent pas, mentionne le délégué syndical. Leurs heures supplémentaires ne sont pas forcément payées, ce qui est très difficile à prouver. Des Polonais et des Hongrois, travaillant sur le "Harmony of the Seas" nous ont affirmé avoir fait des mois de 250 heures. " Sébastien Benoit voit là « une concurrence sociale déloyale », renforcée par le différentiel de cotisations patronales de ces salariés, versées dans leurs pays d'origine. « Ce que nous voulons, dit le syndicaliste, c'est un seul statut sur le chantier. " STX France a procédé à 500 embauches en trois ans, au rythme de 150 à 200 par an. Il devrait tenir ce rythme en 2016 et 2017. A La CGT, Sébastien Benoit estime que ces embauches bénéficient principalement au cadres et aux chefs de travaux « pour gérer la coréalisation ", tandis que l'effectif ouvrier plafonne. « Les sous-traitants qui ont refusé le jeu du travail détaché, dit-il, n'ont pas passé la crise de 2008. "
a écrit le 02/06/2017 à 14:21 :
Pourquoi étrange choix? Le choix étrange c'est plutôt d'accorder le contrôle des chantiers de Saint-Nazaire à Fincantieri. La croisière, ce sont des cycles. Dans la période difficile qui viendra inévitablement, Fincantieri privilégiera logiquement ses chantiers italiens, c'est normal. Nous n'auront alors comme recours que de passer des commandes militaires coûteuses... qui enrichiront les Italiens.
Les clients sont bcp moins nombreux dans la croisière que dans l'aérien, et de plus, ces deux compagnies seront très loin d'être majoritaires. Elles sont prêtes à investir pour maintenir la concurrence, c'est notre intérêt, réjouissons-nous que le Président le prenne en compte !
Réponse de le 02/06/2017 à 16:31 :
La solution la meilleure c'est la nationalisation! L'Etat français a quand même 80 millions dans les caisses, non?
Réponse de le 04/06/2017 à 10:38 :
@ pierre
"Nous n'auront alors comme recours que de passer des commandes militaires coûteuses... qui enrichiront les Italiens. "
Mais quand c'est pour enrichir nos industriels (Lactalis, Vivendi, Lvmh, etc..) là, tout va bien ! quel mentalité d'europeen convaincu, un peu comme celle de notre prez !!
"Elles sont prêtes à investir pour maintenir la concurrence, c'est notre intérêt, réjouissons-nous que le Président le prenne en compte ! "
Ce qu'il prend en compte c'est l'avis de son pote Kolher !! et pour la prime, les salariés peuvent toujours attendre !! et de plus je comprends mieux pourquoi DAMEN a jeté l’éponge !!!
Et si Fincantieri jette aussi l'eponge ? c'est quoi leurs solutions ?
a écrit le 02/06/2017 à 14:21 :
Aucun commentaire sur le risque de transfert d'activité en Italie, réorganisation de la R&D sur l'Italie, priorisation de la chaîne de fournisseurs de Fincantieri sur l'actuelle de Saint Nazaire....
Montage douteux des Italiens avec comme vous le dites "le mystérieux investisseur italien Fondazione CR" histoire de reprendre le lead ensuite voir même l'avoir immédiatement. Comme nous avons pu le constater pour Technip, les accords sur le maintien de l'activité ou de l'investissements sont rarement respectés une fois le rachat effectué.
La question est de savoir si nous prenons le risque de perdre et de sinistrer tout une région dans une dizaine d'année si les choses se passent mal ou nous prenons la décision, qui nous est possible est tant qu'actionnaire majoritaire, de sécurité l'actionnariat et pérenniser l'activité.
Votre article est tellement péjoratif sur l'action Française alors que celle ci est légitime et légale, pour le secteur industrielle Français, les 7000 salariés et les fournisseurs et toute une région qui vie derrière les chantiers STX.
L'ancien gouvernement n'aurait-il pas plutôt bâclé ce dossier et ne serions pas en mesure de revenir sur quelque chose de plus sérieux et équitable?
Arrêtons d'être des bisounours sur les questions économique, on ne fait pas de cadeau encore moins quand celui-ci concerne la vie de milliers de personnes.
Certe la question sur la négociation des prix est légitime mais je préfère encore celle-ci à un débat sur le maintien de l'activité, R&D ou de la chaîne de fournisseur dans quelques années.
Je pense que c'est aussi le cas pour les salariés des chantiers, pas vous...?
a écrit le 02/06/2017 à 13:56 :
"De plus MSC connait très bien le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler, qui a été le directeur financier... du croisiériste juste avant d'être rappelé par Emmanuel Macron"

Ouhla, alors ça je ne l'avais pas repéré. La collusion des intérêts privés et publics, ça commence fort !
Réponse de le 03/06/2017 à 13:43 :
Il faut absolument lire le papier edifiant du jour d'Eric Verhaeghe sur ce sujet

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