Spatial : comment le CNES (CLS) participe à la prévention des marées noires en Europe

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Le système Vigisat a permis de détecter 6.374 pollutions par hydrocarbures dans les eaux européennes allant de quelques dizaines de mètres à plusieurs dizaines de km
Le système Vigisat a permis de détecter 6.374 pollutions par hydrocarbures dans les eaux européennes allant de quelques dizaines de mètres à plusieurs dizaines de km (Crédits : ERIC GAILLARD)
Opérée par CLS (CNES), la principale station de réception directe et d'analyse d'images satellites radar haute résolution Vigisat, qui fête ses dix ans, a contribué à détecter 6.374 pollutions par hydrocarbures dans les eaux européennes.

La technologie spatiale française est bel et bien au service de l'environnement. Ce n'est plus une découverte mais c'est toujours bien de le rappeler, notamment à moins de deux semaines de la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européen (ESA), qui fixera les enjeux financiers de la politique spatiale européenne des trois prochaines années. Ainsi Vigisat, principale station de réception directe et d'analyse d'images satellites radar haute résolution, détenue et opérée par CLS (filiale du CNES), a notamment permis la réduction par deux les pollutions par hydrocarbures dans les eaux européennes. Basée à Brest, la station a également permis de lutter contre les trafics illicites (pêches illégales, drogues, clandestins), de disposer d'une meilleure compréhension des phénomènes climatiques extrêmes (ouragans), et de détecter les icebergs menaçant les plus grandes courses au large (Vendée Globe, Barcelona, World Race...).

"Vigisat est aujourd'hui un des principaux centres opérationnels de surveillance maritime de référence européenne en support aux missions de l'action de l'Etat en mer, a rappelé le président du directoire de CLS, Christophe Vassal. Nos missions contribuent, chaque jour, à comprendre notre planète, gérer durablement ses ressources et garantir la paix et la souveraineté des Etats".

CLS, qui va changer d'actionnaires, compte parmi ses clients, l'Agence européenne de sécurité maritime, les affaires maritimes de nombreux pays, les directions des plus grandes courses au large mais également les plus grands opérateurs d'énergie offshore. Mais Vigisat est aussi un projet scientifique, porté par IMT Atlantique, de plate-forme d'accès aux données d'imagerie satellite au service de la recherche et de la formation en Bretagne. Neuf laboratoires de recherche utilisent les données spatiales fournies par Vigisat dans les domaines de gestion des territoires, l'océan, le climat, l'agriculture, l'environnement... Résultat, 3.000 images radar et optiques ont été livrées en dix ans à la communauté scientifique par Vigisat.

6.374 pollutions détectées grâce à Vigisat

Comment Vigisat, qui fête ses dix ans ce jeudi, a-t-elle rencontré un tel succès ? Grâce à six satellites, notamment les satellites de la constellation européenne Sentinel-1, CLS, a pu envoyer en dix ans 10.600 rapports de pollution à l'Agence Européenne de Sécurité Maritime. Ce qui a permis de détecter 6.374 pollutions allant de quelques dizaines de mètres à plusieurs dizaines de km. Résultat, le système de surveillance par satellite pour la détection et la surveillance des pollutions par hydrocarbures CleanSeaNet a permis de diminuer par deux les pollutions en Europe. Par ailleurs, 700 icebergs menaçants ont été aussi détectés en amont pour le compte des skippers du Vendée Globe édition 2016-2017.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2019 à 12:38 :
Ce serait d’aller faire un tour aussi du côté du Brésil...
a écrit le 14/11/2019 à 10:12 :
Bonne nouvelle, même si les pollueurs font donc leur dégazage en dehors des zones couvertes par les satellites européens.
Utilisé à bon escient, Big brother peut avoir des vertus
a écrit le 14/11/2019 à 8:47 :
Avec un système aussi efficace on peut surtout déplorer que cette pollution continue d'être générée.

Imaginez une nouvelle Loi concernant le code de la route et les médias contents de titrer:"Sécurité routière, un automobiliste sur deux respecte la nouvelle Loi !"
Réponse de le 14/11/2019 à 14:28 :
Pas sûr que la moitié des automobilistes respectent entièrement l'actuel code de la route...
Réponse de le 14/11/2019 à 16:18 :
C'est un mauvais exemple en effet... Mais bon tout le monde aura compris l'idée je pense ! :-)

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