Mais pourquoi la pépite stratégique française CLS file en Belgique

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(Crédits : CLS)
La vente de CLS au fonds belge CNP par le CNES, Ardian et l'IFREMER, devrait logiquement faire l'objet d'une procédure IEF (Investissements étrangers en France). Car cette société technologique est stratégique pour l'armée française.

Il y a des choix qui seront toujours très étonnants pour la souveraineté de la France comme dans la privatisation de CLS, filiale du CNES. Le Centre national d'études spatiales (54% du capital de CLS), Ardian (32%) et l'IFREMER, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (14%), ont annoncé jeudi avoir signé "un accord d'exclusivité avec la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), société d'investissement du groupe Frère, en vue de lui céder une participation majoritaire dans le capital du Groupe CLS". Le CNES, qui va garder une participation minoritaire dans CLS (autour de 35%), a pourtant beaucoup investi dans CLS. Tout comme le ministère des Armées (environ 15 millions d'euros) dans la filiale détenue à 100% par CLS, Kinéis. Des investissements qui profiteront in fine à un fonds belge, qui n'a même pas semble-t-il signé la charte ESG (Environnement, Social, Gouvernance). De son côté, CLS a construit une vision afin de déployer des solutions innovantes pour comprendre et protéger la Planète, et gérer durablement ses ressources.

La vente de cette société technologique spécialisée dans la fourniture de solutions à très forte valeur ajoutée basées sur des données satellitaires, qui fait partie de la liste des sociétés stratégiques pour la France, va probablement faire l'objet d'une procédure dite IEF (Investissements étrangers en France), selon plusieurs sources interrogées. CLS est notamment suivie par la direction générale de l'armement (DGA), plus particulièrement pour son activité de gestion et management des flottes militaires (véhicules et navires pour les armées). Une telle procédure va donc reporter le closing de la transaction d'au moins deux mois une fois le dossier déposé à la direction générale des entreprises (DGE) et étudié par la DGA.

Une transaction estimée à 400 millions d'euros

Selon nos informations, le CNES, Ardian et l'IFREMER ont donc choisi l'offre la mieux-disante au second tour (400 millions d'euros), qui a devancé celle proposée par le véhicule d'investissement français Five Arrows de Rothschild (plus de 380 millions d'euros), mais qui avait une véritable vision stratégique pour CLS. En outre, le fonds britannique Charterhouse avait été semble-t-il éliminé à l'issue du grand oral organisé par le CNES en dépit d'une offre supérieure à Rothschild. Quant à la holding industrielle et financière belge Cobepa, elle n'a jamais été vraiment dans la course. Pour Ardian, l'IFREMER et le CNES, c'est donc une très belle bascule alors qu'ils en espéraient au début de l'année entre 300 et 350 millions.

Aux termes de l'opération, CNP et le CNES devraient nouer un partenariat en vue d'accompagner une nouvelle phase de croissance de CLS. La finalisation de cette opération est soumise à un certain nombre de conditions, notamment l'accord des conseils d'Administration du CNES et de l'IFREMER, l'avis des instances représentatives du personnel de CLS et l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires. "Les parties visent la finalisation de l'opération avant fin janvier 2020", indique le communiqué. Pas sûr.

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Commentaires
a écrit le 08/11/2019 à 16:57 :
J'ai connu de très près la création de CLS et ai été un de ses tous premiers partenaire client-fournisseur, pour la Localisation et la Collecte de Données. J'ai connu des Présidents du Cnes moins "atlantistes" qui n'aurait jamais fait cela. L'Etat ne respectant plus sa souveraineté, malgré les déclarations dans ce sens du Président Macron (mais avec lui, on ne sait jamais d'où vient le vent…), la braderie de nos réalisations de qualité continue. Il serait plus que temps de réagir avant le vide grenier final...
a écrit le 08/11/2019 à 12:06 :
Voilà un point de vue très dogmatique et partisan. L'Etat n'a pas vocation ni les moyens d'assurer le développement d'une société comme celle-ci, qui a besoin d'être accompagnée par des actionnaires dont c'est le métier. Le CNES réalise une très belle plus value qui va lui permettre d'investir (à l'heure ou ses budgets sont comptés), tout en conservant une minorité de blocage. Ou est le problème ? Ce qui compte est que CLS puisse continuer à se développer ce qui semble être le cas
Réponse de le 08/11/2019 à 15:37 :
Je n'ai pas lu dans cet article que l'auteur s'opposait à la vente de CLS. J'ai l'impression qu'il s'interroge sur le fait de vendre une société stratégique à un fonds étranger.
Par ailleurs, je suis en complète opposition sur le fait que l'Etat ne puisse pas développer une société comme CLS. Les dividendes font du bien aussi aux contribuables que nous sommes. Vendre des bijoux de famille au privé comme les autoroutes mènent trop souvent à un déséquilibre entre les Français et les entreprises privées (Engie par exemple). Mais pour un libéral come vous, cela doit être dur à comprendre. Maître Yoda
Réponse de le 08/11/2019 à 17:04 :
Darkvador; votre commentaire est très subjectif et ne relève pas de la connaissance du dossier. Amusant lorsque vous dites que cette société a besoin de partenaires dont c'est le métier, métier "inventé" par le Cnes, qui a fait du transfert de techno vers les sociétés privées du domaine spatial et qui a brillamment fait se déveloopper CLS (j'en parle à l'aise, nous étions parfois en concurrence ). Je suis un ancien industriel dans ces domaines et, comme bien d'autres, je puis assurer l"importance majeure du Cnes dans le spatial européen que ce soit pour la Recherche comme pour l'industrie.
Réponse de le 09/11/2019 à 16:15 :
Je ne comprends pas les propos de Yoda contre attaque sur les dividendes. Encore faut il qu'ils soient suffisant pour financer l'avenir et le dividende éventuellement servi doit préserver la capacité d'investissement de la société. Quant à la réponse de monsieur Bernadet, je ne la comprends pas bien puisque justement le CNES est toujours actionnaire significatif . L'article dit que le CNES a lourdement investi mais que cela va profiter aux belges . Faux, le CNES est justement rémunéré de sa cession de titres le ramenant au niveau de 34%. Il récolte donc bien le "fruit" de ces investissements passés. Qui lui permettent par ailleurs de financer la constellation Kineis. Enfin y a t'il délocalisation ou pertes d'emplois et de compétences ? Non. Ce n'est donc pas un point de vue libéral. Juste un point de vue objectif, et que je sache la Belgique est un partenaire européen extrêmement fréquentable et qu'il serait temps de penser "Europe" car ce n'est qu'à ce niveau que l'on pourra faire face aux dominations américaines et chinoises. Tout cela ne me paraît donc pas mériter une polémique.
a écrit le 08/11/2019 à 10:50 :
La véritable question concernant cette liquidation pour 400 millions d'une pépite financée par le contribuable français n'est pas le choix d'un fonds belge ou français, mais le choix d'une grande fortune familiale Frère ou Rothschild.
a écrit le 08/11/2019 à 9:03 :
Parce qu'ils participent à l'augmentation des prix de l'immobilier en France peut-être non ? La bulle est contente...
a écrit le 08/11/2019 à 7:24 :
Tiens c’est marrant : quand un pays européen n’achète pas français ça crie au scandale.
Et quand la France joue la carte de l’Europe (on parle pas de la Chine ou des États-Unis mais de la Belgique) ça crie au scandale aussi.
Deux poids deux mesures ? Faites ce que je dis pas ce que fais ?
Réponse de le 08/11/2019 à 19:36 :
Double erreur Hoiann :
1/ quand un pays européen n"achète pas européen et achète USA ça crie au scandale. C'est plus logique.
2/ On ne parle pas d'achat d'un matériel sur étagère mais d'une société stratégique pour la France. C'est pas du tout pareil.
a écrit le 08/11/2019 à 6:22 :
Aucune stratégie... Simple la dette vient de passer à 100% du PIB. FdJ, et autres ventes pour renflouer l etat en faillite.

On vend tous les bijoux de famille et quand on n'a plus rien, le FMI arrive...
Réponse de le 08/11/2019 à 11:12 :
Très juste, on vend les bijoux de famille aux familles, fortunées (CLS) ou pauvres (FDJ)
a écrit le 07/11/2019 à 20:08 :
OK, premier avantage, la fiscalité ! Deuxième avantage, la possibilité de refiler un contrat a des potes, puisqu'il est ainsi!

Ce qui m'interroge encore une fois, c'est l'objectif qui consiste a faire dépendre tout le système national sur du privé a fortiori résidence fiscal et tout le bidule.

Je pense aussi a la fdj, la ou comme si le pays se dépouille économiquement, ou plutôt un entremêlement des états par peu, ce qui pour le coup, en observant tout la politique en temps réel, permet au moins d'admettre que des transferts de valeurs ajoutées certaines, doivent se mettre au diapason de quelques uns, ce qui pour moi pose un problème sérieux!!

C'est comme si j'avais mes enfants, et je dirai, compte sur ta chance, car l'état est la propriété d'un autre.

Donc, les prestations par la suite vont atteindre (si l'on sait que le marketing en général c'est 20% des coûts (et je suis gentil !) nous pouvons dire que l'état en tant qu'individu s'aliène a un autre, qui exigera par la suite l’asservissement.

Car toute cette logique économique actuel, rend l'état incertain, mais surtout va jouer sur la signature du pays, parce que:

Les taux actuels négatifs sont donc un taux. Susceptible de varier. C'est le propre d'un taux, sinon nous ne pouvons donc appeler cela autrement.

Donc revenons a nos moutons. Le fait que la recherche aussi pour le coup, c'est donc le fait concret de ne pas disposer d'investissement que nous avons payé par l'impôt sur toutes les incertitudes économiques me paraît une folie économique.

Comme les processus de vente est un raisonnement reposant je pense sur le fait de compenser, la fuite de l'innovation après financement, mais surtout pas de vision stratégique.

Et il est vrai que la Tribune a fait des articles sur l'armée, ou ils peinent a se payer des cordes....

C'est très étrange ce qui se passe actuellement. En sachant que la BCE en passant par les banques disposent ou ont disposés de fonds, mais dont franchement on peut se demander a part spéculer et reconstituer ses marges, autre chose qu'une lévitation économique.

Donc a un moment, compte tenu de la vision "du chef du pays", j'ai comme une impression tribale que le le chef n'est pas guide, car en prospective ce qui compte reste et demeure les actes.

Actuellement tout le système sociale, les services, la tension dans les différents corps sociaux, me dit que ce type d'opération doit bien avoir un intérêt pour quelqu'un de l'état?

Car tout ce qui est fait actuellement est le transfert de la richesse présent et a venir, comme si l'état fonctionnait comme au marché de Montreuil, vendant une brosse a dent usée!!!!!

C'est un étrange sentiment économique, que cela m'amène a penser !!

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