Tic-tac, tic-tac, la vente de CLS (CNES) est imminente

 |   |  447  mots
Les offres déposées se tiendraient dans un mouchoir de poche autour de 400 millions d'euros, selon des sources industrielles, alors que le chiffre d'affaires de CLS s'est élevé à 128 millions d'euros en 2018
Les offres déposées se tiendraient dans un mouchoir de poche autour de 400 millions d'euros, selon des sources industrielles, alors que le chiffre d'affaires de CLS s'est élevé à 128 millions d'euros en 2018 (Crédits : CLS)
Le fonds britannique Charterhouse, le véhicule d'investissement européen Five Arrows de Rothschild Co, la holding industrielle et financière belge Cobepa et la société d'investissements belge, la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP) ont déjà déposé une offre de reprise non engageante.

La filiale du CNES, d'Ardian et d'Ifremer, CLS (Collecte Localisation Satellites) aiguise l'appétit des fonds... étrangers notamment. Ardian (32% du capital) et l'Ifremer (14%) vont céder leur participation tandis que le CNES (54%) va vendre environ 20% en vue de garder une minorité de blocage (33%). L'opération est pilotée par la banque privée Edmond de Rothschild mandatée par les trois vendeurs. Selon le portail de l'intelligence économique, le fonds britannique Charterhouse, le véhicule d'investissement européen Five Arrows de Rothschild Co, la holding industrielle et financière belge Cobepa et, enfin la société d'investissements belge, la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP) se sont montrés intéressés en déposant une offre de reprise non engageante. Ces informations ont été confirmées par des sources industrielles à La Tribune.

Les offres déposées se tiendraient dans un mouchoir de poche autour de 400 millions d'euros, selon des sources industrielles, alors que le chiffre d'affaires de CLS s'est élevé à 128 millions d'euros en 2018. Les candidats à la reprise de CLS, qui est spécialisée dans la fourniture de solutions d'observation de la Terre (720 salariés), ont maintenant jusqu'à fin octobre pour déposer une offre engageante.

Le CNES garde un pied dans CLS

Le CNES profite du départ d'Ardian pour céder quant à lui une partie de participation dans CLS en vue de financer un investissement dans la société Kinéis, la filiale créée par CLS, qui porte le programme de la constellation éponyme. Le 14 décembre 2018, le conseil d'administration du CNES avait autorisé Jean-Yves Le Gall à investir, par l'intermédiaire de sa holding Telespace Participation, dans le capital de Kinéis, qui développera et opérera la première constellation européenne dédiée à l'Internet des Objets (IoT) et pérennisera ainsi les services du système Argos, les fameuses balises connues dans le monde entier.

Les ministères de tutelle du CNES (Recherche, Défense et Bercy) ont autorisé ces deux opérations, l'une de désinvestissement et l'autre d'investissement. Le Secrétariat général pour l'investissement (SGPI), sous l'autorité du Premier ministre, a également accordé son soutien à cette opération. Ils ont notamment accepté que le fruit de la cession d'une partie de sa participation dans CLS soit réinvestie dans la constellation Kinéis ainsi que dans d'autres projets. Pas question en revanche que ce montant revienne dans les caisses de l'Etat, via Bercy. Une opération qui est sur le papier très judicieuse pour le CNES, qui garde à la fois un pied dans CLS, une PME importante dans l'écosystème du spatial français, et investit dans un projet d'avenir important pour la France.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2019 à 11:36 :
Lorsque je développais pour le Cnes les premières balises Argos, en 78, (notamment pour équiper les bateaux de la première transat en double) j'étais un fana défenseur de la création d'une Industrie majeure dans la Collecte et la Transmission de Données. La taille de ma PMI d'alors (qui développa des balises Sarsat, Météosat, Doris ainsi que les stations de réception sol) ) et le manque de fonds (les banques étaient déjà très frileuses) font que le Cnes a créé puis développé peu à peu CLS, avec de jolis résultats, mais dans un contexte scientifico-industriel qui ne permet pas d'atteindre un niveau très élevé au plan mondial. Les résultats ont tout de même permis de jolis succès techniques et de création d'emplois qui méritent de ne pas voir toutes ces compétences une fois encore partir à l'étranger. Souhaitons que l'Etat, (qui a parfois les yeux de Chimère pour certains" investisseurs" étrangers) donnera au Cnes tous les moyens pour assumer cette fonction d'établissement industriel et commercial qui est aussi la sienne.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :