Spatial : CLS (CNES) attend un nouvel actionnaire majoritaire en 2019

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Pour CLS, filiale du CNES, 2019 sera l'année des très grands changements : la PME toulousaine doit définitivement lancer la constellation de 20 nanosatellites Made in France, puis, dans la foulée, elle va faire l'objet d'une vaste restructuration de son capital.
Pour CLS, filiale du CNES, 2019 sera l'année des très grands changements : la PME toulousaine doit définitivement lancer la constellation de 20 nanosatellites "Made in France", puis, dans la foulée, elle va faire l'objet d'une vaste restructuration de son capital. (Crédits : CLS)
Le fonds d'investissement Ardian va sortir du capital de CLS l'année prochaine tandis que le CNES va réduire sa participation pour financer le projet de constellation de nanosatellites, baptisée Kinéis. Ce projet devrait être définitivement bouclé fin janvier, début février 2019.

Pour l'opérateur de systèmes satellitaires CLS (Collecte Localisation Satellites), 2019 sera l'année des très grands changements. Pour deux bonnes raisons : la filiale du CNES doit définitivement lancer d'ici à la fin du premier trimestre l'ambitieux projet Kinéis, une constellation de 20 nanosatellites "Made in France" (CNES, Nexeya et Thales), puis, dans la foulée, elle va faire l'objet d'une vaste restructuration de son capital avec l'arrivée, en principe, d'un nouvel actionnaire majoritaire. Si les deux opérations sont complètement dissociées, elles n'en restent pas moins liées.

Ardian va se désengager

Selon plusieurs sources concordantes, Ardian va sortir du capital de CLS. Le fonds d'investissement va très logiquement céder au bout de plus de cinq ans sa participation de 32% dans le capital de CLS en 2019, très vraisemblablement dans la première moitié de l'année. Il avait annoncé en novembre 2013 un accord portant sur un investissement de 30 millions d'euros dans CLS. Pour l'heure, l'opération n'est pas encore formellement engagée, indique-t-on à La Tribune. Le fonds d'investissement attend le lancement définitif de la constellation Kinéis pour valoriser à son plus haut niveau sa participation dans CLS.

La PME toulousaine travaille actuellement sur une levée de fonds de l'ordre de 100 millions d'euros pour financer la constellation Kinéis (entre 100 et 130 millions d'euros), une opération qui pourrait être finalisée d'ici à la fin du premier trimestre 2019. Elle doit encore affiner son projet sur le plan technique et financier (prix des nanosatellites). Mais d'ores et déjà, différents acteurs (fonds, industriels) ont exprimé une marque d'intérêt auprès d'Ardian. Cela demande bien sûr confirmation...

Le CNES cède une partie de sa participation

Le CNES, qui détient aujourd'hui 54% de CLS, va profiter du départ d'Ardian pour céder quant à lui jusqu'à 20% de sa participation en vue de financer un investissement dans la société Kinéis, la filiale créée par CLS, qui porte le programme de la constellation éponyme. Il restera un actionnaire important de CLS avec une minorité de blocage (34¨%). Le CNES a d'ailleurs réaffirmé à l'occasion de cette décision son attachement à CLS, explique-t-on à La Tribune. Ainsi, le 14 décembre, le conseil d'administration du CNES lui a autorisé à investir, par l'intermédiaire de sa holding Telespace Participation, dans le capital de Kinéis, qui développera et opérera la première constellation européenne dédiée à l'Internet des Objets (IoT) et pérennisera ainsi les services du système Argos, les fameuses balises connues dans le monde entier.

Les ministères de tutelle du CNES (Recherche, Défense et Bercy) ont autorisé ces deux opérations de désinvestissement et de réinvestissement. Le Secrétariat général pour l'investissement (SGPI), sous l'autorité du Premier ministre, a également accordé son soutien à cette opération. Ils ont notamment accepté que le fruit de la cession d'une partie de sa participation dans CLS soit réinvesti dans la constellation Kinéis ainsi que dans d'autres projets. Pas question en revanche que ce montant revienne dans les caisses de l'Etat, via Bercy. Une opération qui est sur le papier très judicieuse pour le CNES, qui garde à la fois un pied dans CLS, une PME importante dans l'écosystème du spatial français, et investit dans un projet d'avenir important pour la France.

Enfin, que va faire l'Ifremer, le troisième actionnaire de CLS, qui détient 14% du capital ? Selon nos informations, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer n'a pour le moment pas pris de décision sur le devenir de sa participation dans la PME, pionnière dans la fourniture de solutions d'observation et de surveillance de la Terre depuis 1986. Si l'Ifremer décide in fine de céder sa participation, le nouvel actionnaire pourrait détenir jusqu'à 66% du capital de CLS aux cotés du CNES. Ce qui rend un investissement dans la PME toulousaine beaucoup plus attractif que le simple rachat des 32% d'Ardian...

Qui pour participer à la levée de fonds

Pour réussir son projet, CLS doit mener en parallèle deux dossiers, la levée de fonds et la finalisation du programme Kinéis. Sur le premier, le CNES a d'ores et déjà annoncé lors du conseil d'administration qu'il participerait à la levée de fonds pour financer la constellation Kinéis. C'est également le cas de CLS qui devrait investir à hauteur de 10% du projet. Sollicitée, Bpifrance est actuellement en train d'instruire le dossier Kinéis. La banque publique d'investissement pourrait ainsi renforcer le pôle public dans Kinéis de façon à ce qu'il y ait un équilibre entre le public et le privé. La banque européenne d'investissement (BEI) regarde aussi le dossier. Par ailleurs, BNP Paribas prospecte pour trouver des investisseurs privés.

Le projet va passer un cap important fin janvier, début février 2019. C'est à cette période que CLS va définitivement savoir si le programme tient la route sur le plan technique et maîtrise les coûts, les performances et les délais. C'est à Thales Alenia Space (TAS), qui a gagné le contrat de développement et de fabrication la constellation Kinéis pour le compte de la filiale de CLS, de rendre une copie parfaite. Avec ce programme, TAS, aidé de ses partenaires industriels Nexeya et la PME bretonne Syrlinks, va d'ailleurs passer un examen pour devenir un acteur à part entière du New Space. Car CLS a pour objectif de commercialiser une gamme de satellites de moins de 50 kg particulièrement adaptés aux missions de type radiofréquences, comme la collecte de données (Argos, AIS, M2M) ou la surveillance de spectre, ainsi qu'aux missions scientifiques.

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Commentaires
a écrit le 26/12/2018 à 12:39 :
Une chose est sûre, il ne faut surtout pas laisser tomber cette entreprise stratégique aux mains d'un fonds US (comme pour Alstom dont je demande la nationalisation provisoire pour sauver la filière nucléaire française) ! L'agressivité tous azimuts des USA, notamment avec toutes leurs mesures pour détruire la concurrence (ce qui impacte directement et énormément la France), l'application totalement illégale de lois internes à l'étranger (on n'a jamais vu ça dans l'Histoire), montre que nous avons affaire à une sorte de monstre dénué de tout scrupule. Normal, ses dirigeants sont à la fois affairistes sans scrupules pour aucun respect pour la vie des autres, mâtinés de religiosité d'une intolérance rare !
Nous avons participé à créer ce monstre en lui transférant nos richesses et nos compétences. Que cela nous serve de leçon pour relocaliser nos entreprises, notamment la filière Airbus et toutes les entreprises technologique (y compris militaires). Définissons un agenda stratégique pour remplacer les composants US des avions et des principaux produits. Il faut penser, en somme ! Et arrêter de cirer les bottes à des gens qui n'auront jamais les mêmes intérêts stratégiques que nous, ne vivant pas sur le même continent et n'ayant pas du tout la même culture.

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