Procès du vol Rio-Paris : pour sa défense, Airbus pointe les incohérences des pilotes de l'AF447
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Un des débris de l'Airbus A330 d'Air France qui s'est écrasé le 1er juin 2009.
Reuters
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Un des débris de l'Airbus A330 d'Air France qui s'est écrasé le 1er juin 2009.
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Assez attentiste depuis le début du procès de l'accident du vol Rio-Paris, tout comme son co-accusé Air France, Airbus est quelque peu sorti de sa boîte en ce début de semaine. Suite à un bouleversement du calendrier, le témoignage des experts du deuxième collège - qui ont produit leur rapport en 2018 - a été reporté début novembre. Outre l'écoute en huis clos partiel des dernières minutes de l'enregistrement des voix dans le cockpit, la reprise de l'audience a été consacrée au visionnage de deux vidéos produites par Airbus et aux questions de l'avocat du constructeur aux experts du premier collège, après leur témoignage de la semaine dernière. L'occasion pour Airbus de poser les bases de sa défense.
La première vidéo, alternant schémas et images en simulateur, avait pour objectif de rappeler les principes du vol d'un avion, les principaux équipements tel que l'écran de vol principal (PFD, qui affiche la vitesse, le cap, l'altitude, la vitesse principal et les modes de vol), l'horizon artificiel au centre de ce PFD (avec l'assiette et les directeurs de vol) ou encore le système de surveillance électronique centralisée de l'avion (ECAM, qui affiche l'état des systèmes, la configuration de l'avion et les messages de pannes). Suivaient ensuite des explications sur le décrochage, les domaines de vol autorisé et interdit, et enfin un rappel des règles d'or des pilotes : « fly », soit assurer le contrôle de la trajectoire, « navigate » avec le suivi d'un cap de façon sûre et efficace, et « communicate » en partageant ses objectifs et intentions dans le cockpit et à l'extérieur.
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Et si Airbus s'est lancé dans une telle opération de « pédagogie », c'est pour mieux avancer ses pions par la suite. La deuxième vidéo était d'ailleurs plus offensive. Réalisée dans le simulateur de développement de l'A330, elle avait pour objectif de montrer que l'équipage disposait de plusieurs moyens pour maîtriser la trajectoire, et ce à plusieurs reprises à partir du givrage des sondes Pitot. Et pour appuyer sa démonstration, le constructeur n'a pas hésité à projeter un graphique montrant les importants écarts entre la trajectoire calculée avec l'application des procédures et celle réellement effectuée par le vol AF447.