Rapprochement en vue entre Boeing et Embraer

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(Crédits : Stringer .)
Selon la presse brésilienne, les deux avionneurs sont tombés d'accord pour créer une coentreprise pour les avions civils pour lutter contre l'alliance entre Airbus et Bombardier.

Rapprochement en vue entre Boeing et le constructeur d'avions brésilien Embraer. Selon le blog de la journaliste Miriam Leitao, du quotidien O Globo, les deux avionneurs sont tombés d'accord pour créer une coentreprise pour les avions civils permettant à Embraer de se renforcer sur le segment des avions de 70 à 130 sièges, et concurrencer le programme CSeries de Bombardier, dont Airbus est en négociation pour en prendre le contrôle.

Droit de veto sur les décisions stratégiques

Ce schéma n'inclut pas les activités militaires d'Embraer sur lesquelles le gouvernement brésilien entendait conserver un droit de regard. Lors de l'annonce en décembre de discussions entre Boeing et Embraer, le gouvernement brésilien avait clairement fait savoir qu'il n'accepterait jamais un tel rapprochement si Embraer perdait le contrôle de sa division militaire. Le gouvernement brésilien a une action privilégiée ("golden share") qui lui donne un droit de veto sur les décisions stratégiques affectant les programmes militaires d'Embraer, ainsi que sur tout changement de contrôle.

Boeing serait disposé à préserver la "golden share" du gouvernement dans Embraer, ont précisé les sources, mais cela pourrait ne pas suffire à remporter son soutien. Aucune des deux entreprises, ni le gouvernement brésilien, n'a confirmé ou démenti cette information, qui a déjà eu une influence sur les marchés. Ce vendredi, l'action d'Embraer a bondi en séance de 5% à la Bourse de Sao Paulo.

Consolidation

Les deux avionneurs seraient gagnants à nouer une alliance d'envergure. Ils pourraient ainsi rivaliser chacun avec leur concurrent direct, Airbus pour Boeing, Bombardier pour Embraer.

Boeing et Embraer sont en effet tous deux menacés par la prise de participation majoritaire d'Airbus dans le programme C-Series (100 à 150 sièges) de Bombardier. Cette opération permettra à Airbus d'étendre sa gamme vers le bas et à Bombardier de profiter des forces commerciales d'Airbus. Boeing et Embraer pourraient ainsi faire des choses similaires. Face au C-Series, Embraer a lancé en 2013 la famille E-Jets E2, un programme de remotorisation de ses appareils, dont l'entrée en service est prévue à partir de 2018.

Troisième constructeur mondial avec près de 6 milliards de chiffre d'affaires, Embraer, privatisé en 1994, est un des joyaux du Brésil avec une gamme d'avions civils, militaires mais aussi de jets d'affaires.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2018 à 3:04 :
Boeing réalise enfin avec la fusion des activités avions commerciaux d'Embraer ce qu'il avait essayé en rachetant en 1986 DeHavilland, constructeur à l'époque des Twin Otter et Dash8 100/200/300.
Cela va servir à répondre à la reprise du programme C Series de Bombardier par Airbus.
De plus, le gouvernement brésilien a tout interet à ouvrir Embraer Defence & Security à Boeing.
Reste la question du devenir d'Embraer Executive Jets.
a écrit le 02/02/2018 à 22:35 :
L'Union Europeene doit interdire cette fusion et celle d'Airbus avec Bombardier. Bien trop de consolidation a ete permis dans l'industrie aeronautique depuis 1990 au detriment de concurrence et developpment des technologies differentes.Si ces fusions sont permis - on n'aura que deux constructeurs des avions qui comptent dans le monde entiere - mastodontes qui vont ecraser tout nouveaute ou concurrence quel que ce soit. La situation est deja un cauchemar ou Boeing a sabote le A380 et le BWB que McDonnell Douglas a ete sur le point de lancer en 1997 - ensuite avale digere et expulse par la geuele du Boeing. Trop trop trop de "consolidation" - cad concentration du pouvoir abusif.
Réponse de le 03/02/2018 à 16:34 :
"Boeing a sabote le A380" Ca veut dire quoi?
Réponse de le 05/02/2018 à 10:34 :
Il ne faut plus voir la consolidation avec le seul prisme Airbus/Boeing. Il y a maintenant la Chine qui s'invite dans le bal. On a donc 3 pôles économiques antagonistes (Amérique, Asie, Europe) dotés chacun d'un champion de l'aéronautique, ce qui sera suffisant pour limiter les abus en prix et favoriser l'innovation.

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