Safran, MTU et Avio : trois leaders pour motoriser les futurs hélicoptères militaires européens
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SARAH MEYSSONNIER
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Les coopérations européennes marchent encore ! Dans le domaine de la motorisation des hélicoptères militaires, les trois leaders européens - Safran Helicopter Engines, l'allemand MTU Aero Engines et l'italien Avio Aero - ont uni leurs forces pour propulser la prochaine génération d'hélicoptères militaires lourds européens. Avio Aero a finalement décidé de rejoindre Safran et MTU, qui avaient déjà annoncé leur partenariat au salon aéronautique du Bourget de 2023. En revanche, le motoriste italien, filiale du groupe américain GE Aerospace, n'entre pas dans EURA (EUropean Military Rotorcraft Engine Alliance), la co-entreprise détenue à 50/50 par Safran Helicopter Engines et MTU Aero Engines, et définitivement créée en juin 2034.
Les trois leaders européens entendent répondre conjointement en octobre à un appel d'offres (« call ») doté de 25 millions d'euros et publié en janvier 2025 par le Fonds européen de la défense (FED) de la Commission européen pour développer un moteur d'hélicoptère lourd de nouvelle génération dans le cadre du projet de développement d'un hélicoptère de transport européen « EU Next Generation Rotorcraft Technologies » (ENGRT). « On embarque Avio Aero dans un partenariat stratégique pour préparer les technologies du futur moteur européen à forte puissance, qui motorisera les hélicoptères militaires lourds dans une gamme de puissance entre 4000 à 6000 chevaux », précise à La Tribune le président de Safran Helicopter Engines Cédric Goubet.
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C'est une décision importante, estime-t-il. Le futur ENGHE (European Next Generation Helicopter Engine) sera un nouveau moteur 100 % européen destiné à la prochaine génération d'hélicoptères militaires dont la mise en service est prévue vers 2040 dans le cadre d'un partenariat à long terme. Le leadership de ce projet est toutefois assuré par EURA. Cette alliance entre les trois leaders de la motorisation d'hélicoptères permet également de réduire la concurrence dans le cadre de l'appel d'offres du FED. « Ce n'est pas l'objectif principal mais on peut considérer que c'est un effet collatéral positif. Cette alliance réunit le centre de gravité de l'industrie hélicoptériste, qui est français, allemand, italien », explique-t-il. Une offre du britannique Rolls Royce n'est pas à exclure. « Je n'ai pas de visibilité mais, dans la cadre d'un appel d'offres, c'est une possibilité d'être en concurrence », avait expliqué la semaine dernière Cédric Goubet dans le cadre d'un entretien accordé à La Tribune.