Retour sur une crise hors norme entre Paris, Washington, Canberra et Londres. Dix questions clés pour comprendre.Avec l'alliance AUKUS dans l'Indo-Pacifique lancée par les Etats-Unis, l'Australie et la Grande-Bretagne, la France ignorée et outragée par ses "alliés" a été dynamitée, dispersée, ventilée dans cette région. Une région où elle nourrit pourtant de grandes ambitions en raison de la présence de près de 2 millions de ressortissants en Indo-Pacifique. Dans la foulée, l'Australie a annulé un accord conclu en 2016 avec Naval Group pour la construction d'une flotte de 12 sous-marins conventionnels, annonçant dans le même temps une commande d'au moins huit sous-marins à propulsion nucléaire avec les technologies américaine et britannique dans le cadre d'un partenariat de sécurité trilatéral. Retour sur une crise hors norme, qui en dit long sur le peu de considération que les Etats-Unis ont sur certains de leurs alliés.
1/ Quels pays ont pris des libertés avec la vérité ?
Quel(s) pays a/ont désinformé ? La France, qui assure avoir été prévenue au tout dernier moment de l'annonce de la création de l'alliance AUKUS et de l'abandon du programme des sous-marins conçus et fabriqués par Naval Group, ou l'Australie, qui rétorque que Paris était au courant de sa volonté d'abandonner ce programme. S'il y avait une seule preuve irréfragable de la duplicité de Canberra et de son Premier ministre, Scott Morrison, c'est bien ce courrier, qui a été envoyé le jour même de l'annonce de l'alliance. "Les Australiens ont écrit à la France pour dire qu'ils étaient satisfaits des performances atteignables par le sous-marin et par le déroulement du programme. En clair : en avant pour lancer la prochaine phase du contrat", a tweeté le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean.
Il est désormais clair que l'Australie a négocié pendant des mois avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans le dos de la France et dans le plus grand secret le pacte AUKUS tout en poursuivant comme de si rien n'était, les négociations avec Naval Group et Paris. "Il y a eu une duplicité de la part de l'exécutif australien vis-à-vis de ses propres équipes", qui négociaient le contrat avec Naval Group, a également estimé le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, dans une série de tweets explicatifs sur l'affaire des sous-marins australiens. Digne des plus importantes opérations de manipulation de l'histoire. Ce qu'a finalement confirmé Scott Morrison à son arrivée à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies avait négocié confidentiellement avec les États-Unis et qu'il ne pouvait dévoiler les négociations sur le pacte AUKUS. "Il ne nous était pas possible de discuter de questions aussi sûres dans le cadre de nos relations avec d'autres pays à ce moment-là", a-t-il expliqué sur le tarmac de l'aéroport de New York.