Agriculture : le tractoriste Kubota implante un centre de R&D en France

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(Crédits : Kubota)
Alors qu'il est déjà sur la voie du tracteur autonome et de la motorisation électrique, le japonais veut développer des machines plus grandes pour mieux s'adapter aux marchés européen et américain et revenir sur les leaders tels les John Deere, New Holland, Fendt, et autres Case. Montant de l'investissement prévu pour ces installations près de Paris : 75 millions d'euros.

Rattraper les constructeurs européens et américains, tel est l'objectif du groupe japonais de machinisme agricole Kubota, qui compte bien y mettre les moyens. Le tractoriste, qui veut remonter le peloton de tête contrôlé par John Deere (1er), New holland (2e), Fendt (3e), Massey Ferguson (4e) et Claas (5e)* va investir quelque 10 milliards de yens (plus de 75 millions d'euros) pour installer d'ici 2022 un site de recherche et développement en France, a indiqué lundi le groupe à l'AFP.

Ce site, qui devrait se situer "près de Paris", sera notamment équipé de bancs d'essais pour les tracteurs, a précisé Yohei Era, un porte-parole de Kubota, confirmant une information du quotidien économique Nikkei.

Le groupe a déjà basé en France (à Argenteuil, Val d'Oise) son siège pour la distribution de ses produits en Europe.

En 2017, les ventes ont progressé en Europe et aux États-Unis

Kubota prévoit également d'investir 30 milliards de yens d'ici 2022 aux États-Unis dans la R&D et une unité de production de moteurs diesel et d'équipements de construction, a-t-il ajouté.

L'entreprise japonaise, présente dans une centaine de pays, veut ainsi poursuivre son développement à l'international, alors que ses ventes de tracteurs à l'étranger ont progressé l'an dernier, particulièrement aux États-Unis et en Europe.

"Nous mettrons davantage l'accent sur les machines plus grandes (...) Nous voulons rattraper les grands constructeurs européens et américains", a expliqué le porte-parole, alors que jusqu'ici le groupe s'était historiquement concentré sur les machines adaptées au marché japonais, dominé par la riziculture.

Tracteur électrique, autonome, la course à l'innovation redouble

Côté recherche, les constructeurs de machines agricoles font assaut d'innovations technologiques, notamment parce qu'ils ne sont pas moins concernés que les constructeurs automobiles par le défi de la réduction des émissions de CO2, et autres polluants de combustion, sans parler de la réduction des nuisances sonores, mais aussi par la réduction des coûts d'exploitation et l'augmentation des rendements.

Ainsi, la motorisation électrique fait des progrès constants notamment en tant que groupe auxiliaire pour l'entraînement des outils couplés au tracteur : ensileuse, mélangeuse... Les tracteurs 100% électrique, quant à eux, en sont à leurs débuts vu la puissance nécessaire au regard des gabarits très imposants des machines modernes. En septembre 2017, Fendt présentait son tracteur 100% électrique, le E100 Vario, conçu pour réaliser des travaux économes en énergie, et dont la commercialisation est prévue en 2020. Atout de taille, de nombreuses exploitations agricoles produisent de l'électricité à base d'énergies renouvelables pour leur propre consommation...

Mais l'innovation ne s'arrête pas là. Les tracteurs autonomes commencent à fleurir, les salons agricoles en sont déjà le témoin, à l'instar du prototype présenté par Case IH en 2017. Au menu, explique L'Usine nouvelle, guidage de précision (qui limite les gaspillages d'intrants dus aux chevauchements ou au manque dans les champs), intelligence artificielle (qui permettrait le travail de nuit pour profiter des meilleures conditions météo).

Kubota a présenté au salon Agritechnica 2017 son premier tracteur autonome, prévu pour fonctionner  par exemple dans une configuration avec un seul chauffeur pour trois tracteurs.

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(*) Selon le classement établi par le site Terre-Net.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 09/07/2018 à 14:40 :
Il n'y a pas que le site d'Argenteuil pour Kubota en France. Le site de Bierne (59) a été inauguré en 2015 pour produire la gamme M7.
a écrit le 26/02/2018 à 17:42 :
Il est plus certain que ce japonais s'inquiète du rachat du plus grand fabricant de tracteurs chinois d'une usine française de tracteurs presque en faillite.
Et, pour l'autonomie propre (ou presque) à quand les tracteurs à pile à combustible au méthane qui avec un moteur électrique de traction auront toujours 2 à 3 fois un meillur rendre met qu'en thermique ?
a écrit le 26/02/2018 à 16:43 :
Le lobby bancaire a énormément prêté aux agriculteurs pour qu'ils s'endettent en surproduisant, sera t'il capable de faire le même effort vers une mécanisation poussée afin de sortir enfin du lobby chimique ?

Vu la mentalité de ces domaines d'activités on est tranquille...

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