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"Nous fabriquons moins cher en France qu'en Chine" (Daniel Harari, directeur général de Lectra)

Photo de Michel Cabirol

Propos recueillis par Michel Cabirol

Publié le 12 février 2014 à 06:00 - Mis à jour le 12 février 2014 à 14:07

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le leader mondial des logiciels, des équipements de CFAO et des services associés dédiés aux entreprises qui utilisent des tissus, du cuir, des textiles techniques et des matériaux composites a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires de 5% en 2013 à 203 millions d'euros et de son résultat opérationnel de 4% à 17,5 millions. Une occasion de revenir sur la stratégie de Lectra avec le directeur général de Lectra, Daniel Harari

En dépit de la crise économique touchant fortement l'Europe, quels ont été les relais de croissance de Lectra en 2013 ?
C'est vrai la situation est difficile en Europe, notamment sur deux marchés clés pour Lectra : la France et l'Italie. Les commandes ont baissé de 20 % en Europe. Elles ont en revanche crû de 2 % en Amérique du Nord et surtout de 4 % en Asie-Pacifique. Aux États-Unis, où est installé notre principal concurrent [Gerber, NDLR], notre part de marché dans l'automobile est passée en seulement cinq ans de 15/20 % à 60/65 %. Ce qui illustre notre succès aux États-Unis. D'une façon générale, les comptes 2013 sont un peu meilleurs que ce nous avions prévu même si nous sommes un peu déçus par les prises de commandes du quatrième trimestre. Le résultat opérationnel courant est supérieur de 2,5 millions d'euros par rapport à nos prévisions de début d'année. Nos fondamentaux économiques et financiers sont aujourd'hui extrêmement solides. Nous n'avons plus de dettes.

La Chine est-elle au rendez-vous des espoirs de Lectra ?
La Chine est notre deuxième relais de croissance. Mais le contexte économique chinois subit de très, très fortes pressions avec une hausse de 20 % en moyenne des salaires chargés par an et une augmentation des matières premières. En cinq ans, le coût salarial a progressé en Chine de 2,5 à 3 fois. Enfin, le marché du textile est devenu mature avec des consommateurs de plus en plus riches et de plus en plus exigeants. Il progresse de 3 % à 4 % par an. Quant au marché automobile, il est également en forte croissance de 4 % à 5 % en moyenne par an. En 2014, il se vendra plus de voitures qu'en Europe et en 2020 que sur les deux marchés européens et américains réunis. Enfin, le haut de gamme, marché clé de Lectra, est en croissance de 15 % par an. Outre les États-Unis et la Chine, nous comptons sur le Brésil, l'Allemagne et les pays de l'Europe de l'est.

Dans ces conditions, allez-vous fabriquer en Chine ?
Nous n'avons pas l'intention de fabriquer en Chine. Nous ne voulons ni produire, ni faire de la recherche en Chine. Pourquoi ? Parce que nous fabriquons moins cher en France qu'en Chine. Nous avons calculé que notre prix de revient est moins cher en France qu'en Chine. Et nos prix sont inférieurs à ceux de nos concurrents. Nous réalisons 2,5 fois la marge de notre concurrent principal avec nos prix de vente. En revanche, nous souhaitons renforcer nos équipes de vente et de conseil en Chine où nous avons fêté 35 ans de présence. Un quart des recrutements prévus dans le cadre du plan de transformation sont destinés aux marchés chinois. Un autre quart est pour le marché américain.

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Le déroulement du plan de transformation est-il conforme à vos attentes ?
Nous avons un peu de retard en terme d'embauches. Nous avons sous-estimé le temps de recrutement de nos commerciaux, qui sont pleinement opérationnels au bout de 9 à 12 mois, au lieu des 6 mois que nous avions prévus. Notre montée en cadence est plus longue que prévue. Mais nous sommes en avance sur les revenus récurrents grâce à nos économies qui ont permis de compenser la hausse des frais comprise entre 2 % et 3 %. Enfin, notre marge continue d'augmenter sur toutes les lignes de produits grâce à notre stratégie de favoriser les produits haut de gamme et nous gagnons en compétitivité grâce à nos investissements technologiques.

Propos recueillis par Michel Cabirol

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