SABMiller rate Heinekein et tombe dans la gueule d'InBev

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La concentration dans le secteur de la brasserie n'est pas terminée. La presse spécialisée s'attend à des fusions géantes.
La concentration dans le secteur de la brasserie n'est pas terminée. La presse spécialisée s'attend à des fusions géantes. (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
La famille héritière du brasseur Heineken veut préserver son indépendance. SABMiller craint désormais une OPA du numéro un mondial, le belge InBev.

SABMiller ne mettra pas la main sur Heineken ! La famille héritière du célèbre brasseur néerlandais a fait savoir qu'elle ne donnerait pas suite à l'offre de son concurrent sud-africain. Dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi en réponse à des rumeurs de presse, la direction d'Heineken a repoussé cette offre après avoir consulté la famille actionnaire:

"La famille Heineken a informé SABMiller, Heineken et Heineken Holding N.V. de son intention de protéger l'héritage et l'identité de Heineken en tant que compagnie indépendante", est-il écrit dans le communiqué. "La famille Heineken et la direction de Heineken N.V. estiment que l'entreprise sera capable de continuer à croître et apporter de la valeur à ses actionnaires", ajoute Heineken, signifiant son intention de ne pas faire d'autres commentaires sur cette offre.

SABMiller craint d'être absorbé par le numéro un mondial

Deuxième brasseur mondial, SABMiller réalise un chiffre d'affaires de 70 milliards d'euros par an, soit le double du groupe néerlandais qui se situe à la troisième place mondiale. L'offre de SABMiller était une tactique pour tenter de rattraper son retard face au numéro un mondial, le belge AB InBev, qui pèse 140 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit le double du groupe sud-africain.

La presse spécialisée s'attend d'ailleurs à une opération de concentration d'envergure dans le secteur de la brasserie, et SABMiller se considérait comme une proie potentielle. D'après le quotidien néerlandais Financieel Dagblad, "les grands groupes de bière ont ces dernières années acquis beaucoup de sociétés".

"La raison pour laquelle SABMiller veut acheter Heineken est probablement à cause du fait qu'AB InBev voulait acquérir SABMiller".

Et de rappeler que le Belge InBev a réalisé pour 100 milliards d'euros d'acquisitions ces dix dernières années.

SABMiller flambe en Bourse

En mettant la main sur Heineken, SABMiller visait une implantation sur des marchés émergents comme l'Afrique ou l'Asie. "Même si ce n'est pas pour se protéger d'InBev, une telle offre a du sens au niveau du marché pour baisser les coûts et augmenter les marges, par exemple", explique à l'AFP Joost van Dijck, analyste de la banque d'affaires Thedoor Gillissen.

Après le rejet de l'offre de SABMiller, l'action Heineken gagnait quelque 2,25% en bourse ce lundi matin. Mais c'est l'action du groupe sud-africain qui était la plus recherchée. Elle a bondi de plus de 5%, les investisseurs pariant désormais sur une offre du numéro un mondial...

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