L'ensemble du texte divise en effet les députés. Défendu par la droite et l'extrême droite, il est rejeté par la gauche, alors que le bloc central est partagé entre les revendications d'une partie des agriculteurs et les inquiétudes pour...
Arnaud Rousseau, président du principal syndicat agricole, promet une nouvelle mobilisation à partir du 26 mai. Objectif: faire en sorte que l'Assemblée nationale adopte sans trop la détricoter la loi dite « Duplomb », « visant à lever les contraintes au métier d'agriculteur ».
Les agriculteurs redescendront-ils dans les rues ? Arnaud Rousseau, président du principal syndicat agricole majoritaire (la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, la FNSEA) laisse planer la menace. Interviewé sur RMC jeudi matin, il a appelé, avec les Jeunes agriculteurs, à « de nouvelles actions » en France à partir du 26 mai.
Les agriculteurs sont, à ce moment de l'année, très occupés dans leurs exploitations. La mobilisation devrait donc prendre la forme d'« actions ponctuelles », « à la fois à Paris et en province », a précisé Arnaud Rousseau. « L'objectif pour le moment n'est pas d'arriver avec des milliers de tracteurs et d'assiéger Paris », rassure le secrétaire général de la FNSEA, Christophe Chambon, interrogé par La Tribune. Il évoque juste un rassemblement près de l'Assemblée nationale.
Mais la colère agricole ne s'est jamais éteinte depuis les manifestations massives de janvier-février 2024. Cela suffit à faire planer la menace d'une étincelle qu'on pourrait avoir du mal à éteindre. D'autant plus que sur le terrain, la pression vis-à-vis des députés s'est déjà fait sentir.
La réintroduction des néonicotinoïdes en suspens
Si la FNSEA rehausse le ton, c'est à cause des incertitudes qui pèsent sur un texte auquel elle tient beaucoup: la « proposition de loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur », dite « Duplomb » du nom du sénateur qui la porte. Adoptée au Sénat en première lecture fin janvier, cette proposition contient plusieurs mesures soutenues par la FNSEA et par les Jeunes Agriculteurs, mais dénoncées par les défenseurs de l'environnement.
Parmi elles, la réintroduction par dérogation et pour certaines filières (noisette, betterave) de l'acétamipride : un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France depuis 2018 en raison de ses effets néfastes sur les pollinisateurs, mais toujours autorisé en Europe. L'enjeu, pour les agricultures, est donc de supprimer une «surtransposition» française, source de distorsions de concurrence au niveau européen, et de sauver les filières de la betterave et de la noisette, qui estiment n'avoir aucune autre solution pour lutter contre les ravageurs.
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