L'Institut de recherches pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) se prépare à accueillir les scientifiques qui répondront aux incitations à choisir la France et l'Europe annoncées aujourd'hui, affirme son président et directeur général, Philippe Mauguin. Des candidatures ont déjà été présentées informellement, et les enveloppes annoncées devraient permettre de financer les premières arrivées.En réponse aux attaques de Donald Trump à la liberté académique et aux financements de la recherche, la France et l'Union européenne ont annoncé aujourd'hui des enveloppes de plusieurs centaines de millions d'euros pour attirer les scientifiques étrangers, notamment américains. Philippe Mauguin, président-directeur général de l'Institut de recherches pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), se réjouit de ce premier effort et explique à La Tribune pourquoi la France peut les attirer.
La Tribune : L'agriculture et l'alimentation font partie des domaines de recherche mis en avant aujourd'hui dans le cadre de l'évènement Choose Europe for Science. Les financements annoncés pour ce programme vous semblent-ils suffisants ?
Philippe Mauguin. Deux enveloppes de financement ont été annoncées : 500 millions d'euros au niveau européen et 100 millions d'euros supplémentaires de la part de la France, pour accueillir des chercheurs du monde entier. Pour démarrer, je trouve que ces montants représentent un bon signal. Nous avons de quoi permettre les premières arrivées. Des chiffres plus élevés n'auraient pas forcément de sens tant que nous n'avons pas une idée précise du nombre de chercheurs qui souhaiteront venir en France ou en Europe.
Le président de la République a mentionné ce matin plusieurs centaines de dossiers en cours d'élaboration sur la plateforme. Avec 100 millions d'euros sur trois ans, on peut justement envisager de financer entre 100 et 200 postes. Chacun peut en effet coûter entre 500 000 et un million d'euros, en incluant le salaire et les frais de fonctionnement du laboratoire, en fonction du profil des chercheurs (juniors ou seniors). Puisque l'État les cofinancera à 50 % avec les organismes de recherche et les universités, ses 100 millions d'euros généreront un financement global de 200 millions d'euros. À l'échelle européenne, on pourra multiplier ce chiffre par cinq.
À l'Inrae, avez-vous déjà des demandes, notamment de chercheurs américains voulant fuir la nouvelle administration Trump ?