Après l’abandon de son projet breton, Bridor rebondit en Normandie
Nathalie Jourdan
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De gauche à droite, le MOF Jean-Jacques Massé, Louis Le Duff et Philippe Morin, directeur général de Brudor
Le Duff
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De gauche à droite, le MOF Jean-Jacques Massé, Louis Le Duff et Philippe Morin, directeur général de Brudor
Le Duff
« Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre 10 ans ». En mai 2023, Louis Le Duff, fondateur du groupe éponyme, créait la surprise en annonçant l'abandon du projet de construction de l'usine de viennoiseries, à Liffré, sur laquelle travaillait sa filiale Bridor depuis 2017. Trop de lenteurs et trop d'oppositions locales pour le bouillant Breton peu habitué à rencontrer de telles résistances dans sa région d'origine.
À peine deux ans plus tard, le groupe aux 20.000 salariés retombe sur ses pieds sur l'autre rive du Mont saint Michel. Précisément à Falaise dans le Calvados où il met la dernière main à l'extension et la rénovation de l'usine d'une autre de ses filiales Frial, spécialiste des plats cuisinés, dont les machines ont été transférées à Bayeux. L'affaire a été rondement menée en toute discrétion pour éviter que la polémique qui avait plombé le dossier en Ille-et-Vilaine ne rebondisse en Normandie.
L'investissement - passé entre-temps de 50 à 100 millions d'euros - avait été rendu public en septembre 2023 mais le secret sur la nature de l'activité est resté bien gardé.
On sait seulement depuis ce mercredi que le site fabriquera finalement des croissants et autres pains au chocolat sous la bannière de Bridor. « Les salariés repris de Frial n'ont appris que récemment qu'ils changeaient d'employeur », confie à La Tribune un proche du dossier.
Quatrième usine française de l'enseigne, le site dont la surface (23.000 m2) a été quintuplée à la faveur de sa reconversion emploiera 150 salariés. Il produira, à terme, quelque 40.000 tonnes de viennoiseries surgelées haut de gamme qui seront commercialisés en GMS ou dans l'hôtellerie-restauration en France et à l'étranger. Là encore, les choses n'ont pas traîné. La première des deux lignes sera mise à feu dès novembre prochain et la seconde en mai 2026.
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Pour Philipe Morin, directeur général de Bridor Monde, cette augmentation de capacité découle d'un besoin de montée en gamme exprimée par les clients. « Le marché mondial se premiumise même dans les rayons boulangeries des grandes et moyennes surfaces », constate-t-il. L'entreprise forte de 5.000 salariés tire son épingle du jeu. En s'appuyant habilement sur quelques grandes toques, elle a réussi à imposer sa recette « d'industrialisation d'un produit artisanal » à travers la planète. Locomotive de Le Duff, elle est aujourd'hui présente dans une centaine de pays et devrait réaliser fin 2025 un chiffre d'affaires de 2,5 milliards (sur 3,5 milliards pour le groupe).
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Nathalie Jourdan