Chanel, l’entreprise la plus secrète du luxe
Marie-Pierre Gröndahl
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Chanel, maison de luxe fondée en 1910.
© LTD / Charles Platiau/REUTERS
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Chanel, maison de luxe fondée en 1910.
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En Décembre 2023, Bruno Pavlovsky, le président du département mode de Chanel, disait s'attendre à une « année difficile ». Une crainte justifiée par le ralentissement du luxe mondial, causé notamment par une activité économique plus faible en Chine. Après une croissance annuelle supérieure à 20% depuis 2020 pour l'ensemble du secteur, les experts du cabinet de conseil en stratégie Bain prédisent désormais une hausse inférieure à 10%. Chanel, la maison familiale non cotée, la deuxième des marques de luxe les plus puissantes au monde en chiffre d'affaires - derrière Louis Vuitton (LVMH) -, a entre-temps considérablement tiré parti de l'envolée.
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Le groupe, très secret, ne publie ses résultats financiers que depuis 2017. Il a doublé de taille en cinq ans, de 2018 à 2023, malgré la mort de son créateur emblématique, Karl Lagerfeld, en 2019. L'an dernier, l'entreprise, qui appartient à la famille Wertheimer, représentée par deux frères, Alain et Gérard, a réalisé 19,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires, avec une marge opérationnelle de 6,4 milliards de dollars (+11%). Moins diversifiée que certains de ses concurrents, la maison est néanmoins présente dans la mode féminine (prêt-à-porter et haute couture), le cuir, le parfum et les cosmétiques, les lunettes, l'horlogerie et la haute joaillerie. Contrairement à ses rivaux, Chanel refuse de vendre ses produits en ligne, à l'exception des cosmétiques et des lunettes.
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