Crise des protéines d'insectes : « Il faut réévaluer la viabilité économique du secteur »

Pierrick Merlet
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La production de protéines d'insectes bat de l'aile.
CLODAGH KILCOYNE

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La production de protéines d'insectes bat de l'aile.
CLODAGH KILCOYNE
C'est un nouveau coup dur pour l'industrie des protéines d'insectes. La holding qui abrite le Toulousain Agronutris vient d'ouvrir une procédure de sauvegarde, qui gèle ses créances pour 12 mois. La quarantaine d'emplois du siège social est ainsi menacée. Quelques mois plus tôt, c'est son concurrent Ÿnsect qui a été placé en procédure de sauvegarde. Sans repreneur, qui se manifestera d'ici la mi-février, avec des capacités financières de plusieurs dizaines de millions d'euros pour une éventuelle reprise, la structure industrielle risque la cessation de paiements et la mise à l'arrêt de sa grande usine dans la Somme.
Tous les acteurs de ce marché installés en France, en ajoutant Innovafeed et Invers, sont confrontés à une nécessité de monter en puissance leur production industrielle. Des engagements réitérés ces derniers mois voire ces dernières semaines. Mais...
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L'expert prend l'exemple de l'alimentation des animaux d'élevage, marché sur lequel tous les acteurs français s'activent de près ou de loin. Une étude internationale à ce sujet publiée dans une revue scientifique en fin d'année 2024 dresse un écart de prix inquiétant. Si la tonne de farine d'insectes est vendue en moyenne 5.000 euros, la farine de poisson, principal produit concurrent, est affichée à 1.600 euros. Quant à la farine de soja, la tonne est estimée à 400 euros. « Ÿnsect a essayé, avant d'autres, de se positionner sur l'aquaculture, mais ils en sont sortis, car il est difficile d'y être compétitif face à ces produits, donc depuis quelques mois ils se concentrent sur la pet food. Mais ce dernier est un marché insuffisant pour les entreprises de cette taille », estime Corentin Biteau.
Pierrick Merlet