Schiltigheim, cité brassicole, ne veut pas laisser partir Heineken
Olivier Mirguet
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Le brasseur néerlandais est présent à Schiltigheim depuis 1972.
Reuters
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Le brasseur néerlandais est présent à Schiltigheim depuis 1972.
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La nouvelle a eu l'effet d'une bombe et dix jours après, son effet n'est pas retombé. Depuis l'annonce le 14 novembre de la fermeture de la brasserie de l'Espérance, propriété du néerlandais Heineken, ses 220 salariés font état de leur « incompréhension » et de leur « sidération ». Après 24 heures de débrayage, ils ont repris le travail dès le 16 novembre. Sans grande motivation, selon les syndicats.
Pour justifier cette décision stratégique, la direction française du groupe a évoqué « un enclavement en plein centre-ville qui empêche tout agrandissement, une localisation trop éloignée des nouveaux viviers de consommateurs dans le sud et l'ouest de la France, des coûts de production trop importants du fait de certains équipements vétustes et d'une stratégie de diversification industrielle qui n'a pas porté ses fruits et une faible performance environnementale ».
Le 23 novembre, Jean Rottner, président du conseil régional du Grand-Est, a interpellé Pascal Gilet, président d'Heineken, pour « débattre des critères qui ont influencé sa décision ». L'élu qualifie de « surprenante » l'annonce d'Heineken réalisée « sans concertation ». « Si elle devait se confirmer, elle serait pour moi inacceptable, niant les formes habituelles de dialogue entre entreprises, collectivités et salariés », a-t-il estimé. Les collectivités territoriales ont annoncé la création d'une « Task Force » pour tenter de retenir le brasseur néerlandais.
Présente à Schiltigheim depuis 1972, la marque apparaît depuis dix jours comme « le fossoyeur d'un savoir-faire séculaire » en Alsace. « Heineken a racheté Adelshoffen et fermé le site dans notre commune il y a vingt ans », rappelle Danielle Dambach, maire écologiste de cette ville de 33.000 habitants située en banlieue nord de Strasbourg. « Ils ont aussi repris Fischer pour laisser une friche de 4,5 hectares en 2009. Maintenant, ils veulent tuer l'Espérance, qui n'était pas déficitaire. Qu'ils ne comptent pas sur moi pour les aider à reconvertir ces 12 hectares en projet immobilier ! J'y ferai barrage aussi longtemps que je serai maire. Ce site doit conserver sa vocation économique », prévient Danielle Dambach.
Olivier Mirguet
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