Gaspillage alimentaire : les consommateurs ne sont pas les seuls responsables

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Chez lui, chaque consommateur gaspille 29 kg de nourriture par an.
Chez lui, chaque consommateur gaspille 29 kg de nourriture par an. (Crédits : © Stefan Wermuth / Reuters)
On observe des pertes à chaque étape de la chaîne alimentaire, relève l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie dans une étude publiée jeudi. Plus de 40% de la valeur de la nourriture jetée correspond à l'étape de consommation.

Dix millions de tonnes, d'une valeur commerciale de 16 milliards d'euros : c'est la quantité de produits alimentaires perdus ou gaspillés tous les ans en France, selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) publiée jeudi 26 mai. Des volumes qui représentent par ailleurs un impact carbone de 15,3 millions de tonnes équivalent CO2, soit 3% des émissions de gaz à effet de serre de la France, souligne l'agence, à l'occasion du lancement d'une campagne nationale de sensibilisation et quelques mois après l'adoption par le Parlement de mesures visant à lutter contre ce fléau.

La distribution à l'origine de "seulement" 14% des pertes

Pour l'Ademe, la sensibilisation passe tout d'abord par l'exacte compréhension du phénomène :

"L'ensemble du gaspillage et des pertes ne sont pas concentrés sur la phase de consommation, contrairement à l'idée largement répandue", souligne notamment l'agence, avant d'expliquer: "On observe des pertes et gaspillages à chaque étape de la chaîne alimentaire."

Si la consommation à elle seule est à l'origine de 33% du total des pertes et gaspillages, la production en cause 32%, la transformation 21% et de la distribution 14%. Cependant, il est vrai que "plus de 40%" de leur valeur correspond à l'étape de consommation, car la valeur d'un produit augmente tout au long de la chaîne alimentaire, du fait du coût du transport, de la transformation, de la vente ou de la publicité, admet l'Ademe.

Plus de gaspillage au restaurant que chez soi

Quant à la part des pertes et gaspillages de chaque acteur de la chaîne alimentaire, elle représente 7,3% du tonnage pour la consommation (au foyer et hors foyer), 4,5% pour la transformation, 4% pour la production et 3,3% pour la distribution.

Chez lui, chaque consommateur gaspille 29 kg de nourriture par an. Cela représente "environ 34 g par repas et par convive", précise l'Ademe. En restauration collective et commerciale, les pertes et gaspillages sont "quatre fois plus importants", avec 138 g par repas et par convive.

"Cela tend à montrer que ce sont davantage des contraintes qui conduisent aux pertes et gaspillages qu'un comportement 'non responsable'", estime l'agence. En effet, dans ce type de restauration, "le choix est imposé, il est difficile d'ajuster les portions à chacun et très rarement possible de conserver ce que l'on n'a pas fini".

Le gaspillage des produits animaux plus faible mais plus pernicieux

Les fruits et légumes sont surtout perdus et gaspillés au niveau de la production (produits abîmés, surproduction, exigences du marché). Pour les salades, en revanche, les pertes et gaspillages sont "importants à chaque étape", à cause de leur fragilité et des exigences des distributeurs et des consommateurs.

Pour les produits des filières animales, les pertes et gaspillages sont "beaucoup plus faibles que pour les productions végétales", mais "les impacts économiques et carbone sont plus significatifs", indique encore l'Ademe.

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Commentaires
a écrit le 30/05/2016 à 8:53 :
De telles analyses sont à pleurer:
"plus de 40%" de leur valeur correspond à l'étape de consommation, car la valeur d'un produit augmente tout au long de la chaîne alimentaire, du fait du coût du transport, de la transformation, de la vente ou de la publicité, admet l'Ademe
C'est une faut métodologique. Si l'on veut comprarer il faut regarder les études en poids ou en valeurs de bases beaucoup plus compliquées à établir.
Bref de l'enfumage payé à nos frais.
a écrit le 28/05/2016 à 9:27 :
"Dix millions de tonnes, d'une valeur commerciale de 16 milliards d'euros". Bon, je ne dis pas que jeter c'est bien, mais les consommateurs paient ces 16 milliards et s'ils n'achetaient pas, les distributeurs et autres agents de la chaîne se plaindraient d'un manque à gagner de 16 milliards. Quant à la perte dans les restaurants français, ne peuvent-ils pas permettre d'emporter son "doggy bag" ?
Réponse de le 30/05/2016 à 13:06 :
On va lire "baisse de la consommation en France, un trimestre catastrophique", simplement parce que les gens ne jetteront plus donc achèteront moins....
a écrit le 27/05/2016 à 22:40 :
J'avais lu qu'il serait question de "normaliser" les méthodes de calculs de gaspillage entre pays (Europe ?) pour pouvoir se comparer, sinon c'est impossible, certains comptabilisant les peaux des bananes comme "gaspillage", je ne savais pas que ça se mangeait.
Les producteurs, quand la Nature est trop généreuse, sont obligé de jeter ! Si ils produisent deux fois plus que d'habitude et que ça fait tomber le prix au 1/3 de ce qu'on leur donne habituellement, 2/3 est moindre que 1/1, il faut donc jeter tout ce qui est en trop sinon ils y perdent financièrement, un comble, produire beaucoup pour gagner moins. Les poires ont augmenté d'un euro le kilo la semaine passée, bizarre, pénurie ?
Je croyais que 75% du gaspillage était causé par les particuliers (peut-être en incluant la restauration + cantine + maison ?). On nous raconte ce qu'on veut, en fait. Je gère et ne jette rien, les épluchures (et coquille œufs pilées) vont dans un bout de terrain, ça y pourrira, c'est bête d'incinérer ça (ça sort de terre et y retourne) !

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