Quelle sera, à moyen terme, la place des céréales françaises sur le marché mondial ? Face aux à l'accélération tant du changement climatique que des perturbations géopolitiques, la question agite le secteur céréalier français, qui exporte la moitié de sa production. Elle était d'ailleurs au centre des réflexions de la 16e « matinée export », organisée mercredi à Paris par son interprofession, Intercéréales.
Les constats sont, en effet, clairs. Le dérèglement climatique se fait désormais aussi sentir en France, territoire jusqu'à présent particulièrement propice aux cultures céréalières, en raison de sa météo comme de ses terres arables. « 2016, 2020, 2024 : trois accidents climatiques nous ont frappés en moins de dix ans », souligne Philippe Mitko, directeur des affaires publiques chez Soufflet Négoce by Invivo, et trésorier du Syndicat national du commerce extérieur (Synacomex). « Les années vont se suivre en se ressemblant de moins en moins », met aussi en garde Philippe Heusele, président du comité des relations internationales d'Intercéréales.
Aux aléas de production français et mondiaux, qui font fluctuer les prix, s'ajoute un contexte commercial de plus en plus incertain. Il y a non seulement les effets des guerres sur les flux et la volatilité des prix, déjà largement expérimentés depuis l'agression de l'Ukraine par la Russie en 2022. Il s'y ajoute aussi, désormais, l'incertitude sur les denrées qui seront visées par les nouveaux droits de douane promis par Donald Trump, et par les rétorsions possibles qu'ils pourraient générer.