Au moment où les agriculteurs européens craignent et guettent la transmission imminente au Conseil de l'UE du texte final de l'accord conclu avec le Mercosur en décembre, la Commission a pris une sorte de contre-pied. Elle a choisi d'annoncer d'abord, cet après-midi, la conclusion d'un « accord de principe » en matière de libre-échange avec l'Ukraine, lui aussi très attendu par le monde agricole, notamment sur le volet sensible des importations.
L'accord « contribue à l'intégration progressive de l'Ukraine dans le marché unique de l'UE et montre que l'engagement de l'UE à soutenir l'Ukraine est plus ferme que jamais », écrit la Commission dans son communiqué, en se réjouissant d' « une nouvelle étape dans la mise en place d'un cadre à long terme, prévisible et réciproque dans le contexte plus large du processus d'adhésion de l'Ukraine ». « Dans le même temps, nous continuons à protéger les intérêts de nos agriculteurs », affirme sa présidente, Ursula von der Leyen.
L'accord « tient pleinement compte des sensibilités de certains secteurs agricoles et parties prenantes de l'UE », assure en effet la Commission. Globalement, « l'UE ouvrira davantage son marché aux produits ukrainiens qu'avant la guerre »: des produits comme le jus de raisin ou le lait fermenté seront entièrement libéralisés. Elle promet toutefois des quotas sur les produits tels que le blé, le maïs, le sucre, le miel, la volaille et les œufs.