L'export, croix et délice de la filière laitière française
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40 % du lait collecté en France est utilisé dans des produits exportés.
D.Osso
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40 % du lait collecté en France est utilisé dans des produits exportés.
D.Osso
Pour la filière laitière française, qui vend 40 % du lait collecté dans l'Hexagone hors du pays, le grand export a été surtout source de sueurs froides cet été. Aux États-Unis, l'accord signé fin juillet entre Ursula von der Leyen et Donald Trump a porté les droits de douane appliqués aux produits laitiers européens à au moins 15 %. La réaction des consommateurs est depuis scrutée dans ce marché, qui représente 4 % de la valeur des exportations laitières françaises.
La Chine, qui en concentre pour sa part 7 % , a, elle, annoncé prolonger de six mois supplémentaires son enquête anti-subventions visant les importations de produits laitiers issus de l'Union européenne (UE), jusqu'au 21 février prochain. « Les relations internationales pèsent sur le commerce laitier », s'inquiète Jean-Marc Chaumet, directeur économie du Centre national de l'interprofession laitière (Cniel), qui pointe aussi d'autres causes d'incertitudes : les relations avec l'Algérie, les effets indirects des évolutions du marché américain, etc.
Les concurrents potentiels sur les marchés mondiaux ne manquent en outre pas. Non seulement la France ne représente que 3,2 % de la production mondiale. Sa collecte stagne, alors que la production mondiale est repartie depuis douze mois à la hausse (+1,6 %), portée notamment par trois grands bassins exportateurs : les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l'Argentine.
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Mais les enjeux et les possibilités à l'international sont trop importants pour se laisser décourager. Déjà aujourd'hui, les pays hors Union européenne absorbent 43 % des exportations laitières françaises, et c'est sur ces dernières que repose surtout l'excédent commercial, de 3 milliards d'euros, de la première industrie alimentaire française, explique le Cniel. La demande devrait en outre connaître une forte dynamique : entre 2024 et 2033, on prévoit une augmentation de 10 % pour les fromages et même de 18 % pour les produits frais.