La Commission européenne a tenu sa promesse : moins de 100 jours après son installation, Christophe Hansen, commissaire européen à l'Agriculture et à l'Alimentation depuis le 1er décembre, a délivré sa « vision » du secteur. Une sollicitude censée confirmer, après une année marquée par la colère des agriculteurs, leur rôle stratégique dans l'économie, mais aussi la cohésion sociale et l'engagement environnemental de l'UE, souligne l'exécutif européen.
Bruxelles veut en effet que cette « vision », destinée à « façonner ensemble une agriculture et un secteur agroalimentaire attractifs pour les générations futures », marque une rupture, en termes d'approche comme d'objectifs, avec sa précédente stratégie « De la fourche à la fourchette », adoptée en octobre 2021 comme brique du « Pacte vert » qui, lui, reste « valide et pertinent ».
« Il faut tirer les conséquences de ce qu'il s'est passé », a estimé Christophe Hansen, se référant en particulier aux désaccords à l'intérieur de l'UE en matière de pesticides, qui l'ont empêchée de « progresser ».
La Commission affirme ainsi vouloir adopter dorénavant une méthode de travail plus axée sur les échanges avec l'ensemble des parties prenantes - déjà initiées au premier semestre 2024 dans le cadre du « Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture de l'UE ». Elle passera notamment par la consultation, sur les sujets les plus épineux, du nouveau Conseil européen de l'agriculture et de l'alimentation, promet la Commission. Cette instance, réunissant une trentaine d'acteurs de la chaîne agroalimentaire, vient d'être créée suite à une proposition du Dialogue stratégique. Elle s'est réunie une première fois début février, et continuera d'être convoquée.