29 centimes d'euros, voire moins, jusqu'à 0,23 euro. C'est le prix d'une baguette de pain de 250 grammes que le grand distributeur Leclerc a promis de pratiquer dans ses magasins pendant au moins quatre mois, afin de défendre le pouvoir d'achat des Français dans un contexte de forte inflation.
Alors qu'en France en 2021 le prix moyen de la baguette a été de 0,90 euros selon l'Insee, la décision a provoqué un tollé dans l'ensemble de la filière du blé. "Leclerc lance une campagne destructrice de valeurs pour tous les maillons de la filière céréalière française", se sont insurgés dans un communiqué commun la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), l'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB), l'association interprofessionnelle Intercéréales, l'Association nationale de la meunerie française et la Confédération nationale de la boulangerie et boulangerie-pâtisserie française.
Le groupe Leclerc est considéré par les acteurs du secteur agroalimentaire comme l'initiateur, depuis les années 60, de la guerre des prix entre grands distributeurs qui a conduit à une dévalorisation progressive des produits alimentaires en France. Ainsi, depuis 2013, les tarifs négociés par les industriels avec la grande distribution ne cessent de baisser, dénonce l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).