Scandale Nestlé (Perrier, Vittel) : comment l'État a échoué à protéger les consommateurs
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Nestlé Waters a essentiellement échangé avec l'Elysée, a reconnu son lobbyiste devant les sénateurs.
Reuters
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Nestlé Waters a essentiellement échangé avec l'Elysée, a reconnu son lobbyiste devant les sénateurs.
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Pour la sénatrice de Paris Antoinette Guhl, il n'y a aucun doute : l'affaire qui chamboule depuis un an et demi, Nestlé Waters, filiale française du groupe Nestlé qui produit les eaux Perrier (à Vergèze, dans le Gard), ainsi que Vittel, Hépar et Contrex (dans les Vosges), est un « véritable scandale d'État ». Il n'y a pas seulement un « scandale commercial », puisque « les consommateurs ont été floués », notamment en raison d'« un mensonge élaboré en système d'entreprise », mais aussi une « couverture des ministres » et « au minimum, un silence de l'Élysée », explique à La Tribune celle qui, dès octobre 2024, a mené une « mission flash » et publié un rapport sur ce sujet.
La commission d'enquête sénatoriale dont elle a fait partie, et qui aujourd'hui a publié son rapport conclusif, se garde d'employer les mêmes termes. Lors d'une conférence de presse, son président, le sénateur du Gard Laurent Burgoa, a même explicitement pris les distances de cette expression. Mais les conclusions de la commission, fondées sur 73 auditions et l'analyse de plusieurs milliers de pages de documents, vont dans ce sens. Le rapport, voté à l'unanimité par une commission transpartisane, liste plus d'une dizaine de « dysfonctionnements » dans la réaction de l'État, jugée comme « tardive, inadaptée et non transparente ».
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Même si — comme l'a regretté le rapporteur Alexandre Ouizille, sénateur de l'Oise — la commission d'enquête n'a pas eu « toutes les réponses » qu'elle souhaitait, elle a en effet fait émerger ou confirmé de nombreuses défaillances des pouvoirs publics. Le recours par plusieurs industriels de l'eau en bouteille, dont Nestlé Waters, a des traitements interdits pour les « eaux minérales naturelles » a en effet été découvert en 2019 d'une manière purement « fortuite », suite aux révélations d'un salarié de Sources Alma (Cristaline). On ne sait pas pendant combien de temps il a duré, Nestlé n'ayant jamais répondu à la question, même si Antoinette Guhl évoque l'existence de documents faisant état d'une vingtaine d'années.