Affaire Lactalis : la commission parlementaire pour un meilleur contrôle des industriels

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La commission déplore le partage actuels des compétences entre trois ministères: la Santé, l'Économie et l'Agriculture.
La commission déplore le partage actuels des compétences entre trois ministères: la Santé, l'Économie et l'Agriculture. (Crédits : STEPHANE MAHE)
Selon la commission d'enquête qui s'est penchée sur la contamination de laits infantiles, "l'auto-contrôle n'est pas suffisant". Elle préconise de mieux "contrôler les contrôlés", mais également "les contrôleurs".

Les conclusions ne seront officiellement présentées que cet après-midi. Mais Christian Hutin, le président de la commission d'enquête parlementaire qui s'est penchée sur la contamination fin 2017, de laits infantiles Lactalis, à l'origine de 36 cas de salmonellose chez des nourrissons, a déjà dévoilé les principales pistes ce matin sur Europe 1. La commission va notamment préconiser un meilleur contrôle des industriels, puisque "l'auto-contrôle n'est pas suffisant", a expliqué Christian Hutin, assurant qu'il faut "contrôler les contrôleurs, et contrôler les contrôlés".

Selon la commission, les industriels ne respectant pas "une forme de déontologie et de rigueur sur les auto-contrôles" devraient ainsi être "touchés au portefeuille", voire confrontés à "une forme de responsabilité pénale", a précisé le député, cité par l'AFP. Elle préconise également de meilleures vérifications concernant l'indépendance des contrôleurs, notamment dans les cas où la quasi-totalité du chiffre d'affaires d'un laboratoire est lié à une seule entreprise, comme ce fut le cas dans l'affaire Lactalis.

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Autorité unique et crash tests

La commission, préoccupée par la confusion engendrée aujourd'hui par le partage des compétences entre trois ministères (Santé, Économie et Agriculture), soutient également la création d'un interlocuteur unique dans le domaine de la sécurité alimentaire. Une position toutefois opposée à celle du ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui, lors de son audition devant la commission d'enquête le 14 juin, avait défendu le principe de séparation des pouvoirs de contrôle entre la Direction générale de l'alimentation (DGAL) et celle de la répression des fraudes (DGCCRF), et s'était dit "opposé" à toute idée de rassemblement de ces deux services, tout en réclamant l'établissement d'une "chaîne hiérarchique" unifiée sous le contrôle de Bercy en cas de crise, rappelle l'AFP.

La commission s'est aussi penchée sur la procédure de retrait/rappel, qui s'était avérée défaillante durant la crise Lactalis. Christian Hutin a évoqué la mise en place de "crash-tests", l'utilisation des codes-barres et QR en caisse, la formation du personnel, voire la désignation d'un "responsable de la santé publique" dans chaque magasin.

Le Conseil national de la consommation (CNC), qui regroupe les associations de consommateurs, les organisations professionnelles et les services de la concurrence, a elle aussi remis un rapport sur l'affaire Lactalis le 17 juillet. Une enquête judiciaire est également en cours.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2018 à 5:29 :
Beaucoup de francais ont cru une fois ce president elu, que tout serait "chambarde". Helas, mille fois, on sait maintenant que c'est un conservateur. Donc rien ne changera.
a écrit le 18/07/2018 à 20:17 :
Ils vont juste faire attention ... un an. Mais ce n'est pas le plus grave. Le plus grave sont les molécules qui restent autorisées alors qu'elles sont dangereuses à LONG terme. Je n'invente rien : regardez nos taux de pollution à tous...
Réponse de le 19/07/2018 à 14:53 :
On va donc mourir à 89 ans et pas 90, horreur, malheur. :-)
Ça n'est pas une raison de se réjouir mais elle a beaucoup baissé, la pollution, vs le passé, mais est encore beaucoup trop élevée ! On doit tous laisser nos véhicules pétrole au garage pour notre bien, ne plus brûler ni bois ni gaz, faire un grand geste pour la santé de tout le monde (pas uniquement le demander aux autres).
La semaine prochaine je vais respirer à Chamonix mais vais me boucher le nez en route, très pollué dans la vallée (camions Euro2 interdits de tunnel sous le Mt Blanc, mais pas de circuler, c'est vieux Euro2 !), le décolletage contribue aussi, travail des métaux.
a écrit le 18/07/2018 à 11:57 :
Dans notre France à l’administration pléthorique et tatillonne, des contrôles il y en avait déjà !! Mais ils étaient sans doute bâclés ..... Alors que l’on fasse au moins bien ce qui est déjà prévu !!
Réponse de le 19/07/2018 à 15:01 :
L'entreprise faisait elle même faire les contrôles dans un labo qui n'avait qu'eux comme client, donc devait ne pas être trop "méchant" en évitant de dire de fermer l'usine si y a des traces de contamination.
L'autocontrôle est destiné à vérifier la qualité de la production sans devoir se reposer sur l'Etat, et joue aussi la réputation de la marque si un skandâle arrive. Si le défaut est étouffé, ça finit par exploser façon boomerang.
Lacta** a (comme Amazo*) la bonne idée d'avoir aucune marque à son nom propre, les consommateurs peuvent difficilement devenir rancuniers (ou précautionneux) car ne savent pas si ce qu'ils achètent provient de Lacta** (marques de distributeurs par ex, des camemberts (a racheté de nombreux marques historiques pour industrialiser la production et la pasteuriser (= sécurité, qui l'eût cru ? :-) ))).
a écrit le 18/07/2018 à 11:48 :
"Elle préconise de mieux "contrôler les contrôlés", mais également "les contrôleurs"."

Merci pour cet article, j'avais lu votre dépêche afp et j'avais trouvé ces pécisions particulièrement savoureuses se passant de commentaire.

Avancerait on enfin ? Je n'ose l'espérer depuis le temps que cette gangrène traine mais bon au moins c'est dit.

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