Pourquoi Renault fait mieux que PSA
Alain-Gabriel Verdevoye
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Renault limite la casse, pas PSA. Les ventes du constructeur au losange ont reculé de 3,3% seulement au premier semestre dans le monde. Celles de PSA Peugeot Citroën, affichaient dans le même temps un plongeon de 13%. Et, si Renault se maintient financièrement à flots, PSA consomme 200 milions d'euros de cash par mois, de son propre aveu, et se retrouve au bord du gouffre. Quelle est donc la recette miracle de l'ex-Régie?
Chute en Europe
Pourtant, les deux constructeurs affichent une chute de leurs immatriculations de véhicules neufs sur le marché... européen quasiment équivalente. Renault y dégringole de 14,9% sur six mois, deux fois plus que le marché lui-même, et PSA de 13,6%. La contre-performance des constructeurs français sur leur propre marché intérieur est également flagrante et pratiquement identique ! Au premier semestre, PSA y a chuté de 21,6% (voitures particulières) et le groupe Renault de 18,6%, sur un marché tricolore en baisse de 14,4%.
Priorité aux "petites"
Renault lui-même reconnaît dans son communiqué " un vieillissement de sa gamme ". Côté Renault, la Clio III est en fin de vie, la Twingo, tout juste restylée, n'est pas non plus de première jeunesse. Quant aux Laguna de gamme moyenne supérieure ou aux Espace, ils ne sont plus très attirants.Pas de quoi pavoiser. Renault manque de véhicules attractifs, comme... son compatriote PSA. Si les deux constructeurs sont plutôt forts dans les petits véhicules d'entrée de gamme, a priori peu rémunérateurs, ils sont tous deux fort peu présents sur les créneaux supérieurs, à partir des "moyennes supérieures". Quant au vrai haut de gamme (plus de 40.000 euros), il est quasi-inexistant chez Renault comme chez PSA !
Ventes extra-européennes en hausse chez Renault
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Dans ces conditions, comment expliquer la bien meilleure résistance du constructeur de Boulogne-Billancourt? La réponse se situe en partie hors d'Europe. En effet, ce sont les ventes extra-européennes qui font la différence entre les deux français : elles atteignent ainsi un niveau record au premier semestre pour Renault, avec une progression de 14,3%, plus forte que celle des marchés eux-mêmes (+9,5%). Et ce, alors que PSA s'effrite... hors du Vieux continent (-1%). Renault se porte ainsi très bien en Amérique latine (+20,4 % au premier semestre avec un record de 215.149 unités vendues). Sur le seul Brésil, Renault poursuit son offensive avec un volume en hausse de 37% et une part de marché historique de 6,8 %. Il y connaît la seconde meilleure progression toutes marques confondues. PSA a en revanche chuté en Amérique latine de 21% à 122.000 véhicules sur les six premiers mois de l'année. Au Brésil, la baisse de PSA est particulièrement douloureuse.
Alain-Gabriel Verdevoye
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