Le torchon brûle entre Volkswagen et Fiat
Alain-Gabriel Verdevoye
Alain-Gabriel Verdevoye
Le torchon brûle entre Volkswagen et Fiat. Le constructeur allemand appelle carrément le patron du groupe talien à quitter la présidence de l'ACEA (Association des constructeurs européennes d'automobiles). La firme de Wolfsburg n'a pas, mais pas du tout, appécié la peu diplomatique sortie de Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat. Volkswagen a estimé ce vendredi, que la présence de Sergio Marchionne à la présidence (tournante) de l'ACEA était "insupportable" et a demandé qu'il se retire de cette fonction, a indiqué vendredi à l'AFP un porte-parole de la firme de Basse-Saxe.
Attaque de Sergio Marchionne
Ces propos font suite à ceux du patron de Fiat, qui a jugé la stratégie commerciale du groupe allemand en Europe trop agressive. Dans un article, le journal "International Herald Tribune "affirmait que Sergio Marchionne et d'autres responsables de groupes automobiles accusaienent Volkswagen d'exploiter la crise actuelle pour gagner des parts de marché à travers une politique très agressive de rabais. "C'est un bain de sang sur les prix et un bain de sang sur les marges", déclarait le bouillant administrateur délégué, cité par le quotidien, alors que le marché automobile européen est très tendu et que plusieurs constructeurs européenssont en graves difficultés.
Politique de prix agressive?
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Effectivement, Volkswagan pratique une politique de prix très agressive aujourd'hui en Europe. D'ailleurs, le groupe d'outre-Rhin n'arrête pas de gagner des parts de marché au détriment d'Opel, PSA et Fiat. Mais le groupe germanique dipose surtout et essentiellement d'excellents produits, qui plaisent! Ce qui n'est pas le cas de bien des rivaux. En outre, vu les bénéfices affichés sur le premier semestre par le groupe allemand, on ne peut pas accuser Volkswagen de vendre... à perte. Volkswagen a fait état jeudi d'une hausse spectaculaire de son bénéfice net semestriel de 36 %, à 8,83 milliards d'euros. Le constructeur, à qui tout semble réussir, a amélioré son chiffre d'affaires de 23 %, à 95,4 milliards d'euros sur les six premiers mois de 2012 et son résultat d'exploitation de 7 %, à 6,5 milliards d'euros. Soit une marge de 6,8 % du chiffre d'affaires. Et encore ce profit d'exploitation semestriel ne comprend-il pas le bénéfice en progression d'un tiers à 1,8 milliard d'euros tiré des co-entreprises chinoises! En revanche, PSA a affiché mercredi des pertes, Opel est en déficit chronique depuis plus de dix ans et Fiat ne se maintient à flot... que grâce à l'américain Chrysler qu'il contrôle.
Alain-Gabriel Verdevoye
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