Nouveaux efforts en vue pour PSA si Bruxelles ne valide pas l'aide de l'Etat à sa filiale PSA Finance

Le gouvernement français a confirmé ce mercredi avoir notifié lundi à la Commission européenne l'enveloppe de 7 milliards d'euros accordée à PSA Finance, la banque du constructeur. Paris reconnaît donc implicitement qu'il s'agit d'une aide d'Etat. Résultat, Bruxelles pourrait exiger du groupe PSA qu'il consente à de nouveaux efforts, avant de valider le plan de sauvetage de sa filiale de financement.
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Au mois d'octobre dernier, le gouvernement apportait à PSA Finance quelque 7 milliards d'euros de garanties. Chargée de proposer des financements aux acheteurs de véhicules de marque Peugeot et Citroën, la filiale du constructeur automobile, peinait alors à se refinancer après avoir vu ses notes dégradées cet été par les agences de notation Fitch et Standard & Poor's. Toutefois ce lundi, l'Etat a notifié son aide à la Commission européenne.

Selon un porte-parole du premier groupe automobile de l'Hexagone aux Echos : "Il y a eu une notification faite à Bruxelles pour obtenir une autorisation temporaire que nous espérons avoir dans un délai de deux mois." Ainsi, Bruxelles va passer au crible cette aide, et pourrait ainsi demander à PSA de consentir des concessions supplémentaires avant de valider le plan de sauvetage de sa filiale bancaire. Concrètement, PSA pourrait par exemple prendre des engagements sur certains marchés européens. Dans le pire des cas, Bruxelles pourrait mettre le nez dans le plan social du groupe -qui prévoit 8.000 suppressions de postes en France - et lui demander de le durcir.

"Il s'agit plutôt d'une aide à la restructuration d'une entité"

Ces perspectives semblent déjà faire l'objet de discussions. Rappelons que lundi -soit le jour même au l'Etat a notifié son aide à la Commission-, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a déclaré que PSA Peugeot-Citroën devrait "sans doute aller plus loin" dans les mesures engagées pour assurer sa survie...

Reste qu'il s'agit d'un vrai coup dur pour le gouvernement comme pour le constructeur. Jusqu'à présent, Paris ne souhaitait pas notifier ses garanties à Bruxelles. Les autorités françaises arguaient qu'on ne pouvait pas parler d'aide de l'Etat, dans la mesure où ces garanties n'avaient pas vocation à être exercées et pouvaient même rapporter de l'argent à l'Etat. Mais Joaquin Almunia, le commissaire européen à la Concurrence, ne l'a pas entendu de cette oreille. "On avait commencé à présenter le cas de PSA comme une question qui aurait trait seulement à la branche de financement des achats de voitures de PSA, mais en réalité ce qu'on a vu, c'est qu'il s'agit plutôt d'une aide à la restructuration d'une entité", avait-il expliqué fin décembre, accentuant la pression sur Paris alors que, selon Les Echos, un concurrent aurait déposé plainte devant la Commission européenne pour distorsion de concurrence.

Une chute des ventes de 16,5% en 2012

Cette notification n'intervient pas franchement au moment opportun pour PSA, et continue de plonger le doute sur l'avenir du groupe. Le constructeur a fait état mercredi d'une forte chute de ses ventes mondiales de pas moins de 16,5% pour l'exercice 2012. Ces mauvais chiffres sont essentiellement dus à la dégringolade des marchés européens. En France, les immatriculations de voitures neuves produites par PSA Peugeot Citroën ont ainsi baissé de 17,5% l'an dernier.

En Bourse toutefois, le titre Peugeot SA, qui est sorti du CAC 40 en septembre dernier, s'affichait à l'équilibre en début de matinée (+0,21% à 6,22 euros), probablement balloté entre cette notification d'aide, et les rumeurs de cession de son équipementier Faurecia.

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Commentaires 2
à écrit le 09/01/2013 à 12:23
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Les clowns ces énarques étatiques. Ils nous font toutes les conneries possibles et imaginable les unes à la suite des autres. De grands moments ... dommage qu'ils ne saccagent notre pays ... mais les français l'ont choisi.

à écrit le 09/01/2013 à 12:16
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Quel spectacle! Un état hors de loi qui pense pouvoir s'affranchir de toutes règles européennes, une gestion calamiteuse et d'une naivité affligeante; Une ingérence d'état dans une entreprise de droits privé qu'on empêche à licencier économiquement e...

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