Mia Electric, le fabricant de voitures électriques cher à Ségolène Royal, au tribunal de commerce

L'ex-carrossier Heuliez a beau avoir pour défenseur Ségolène Royal et la Région Poitou-Charentes, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le fabricant de voiturettes électriques Mia Electric, qui en est issu, est en redressement judiciaire.

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Avatar de l'ex-carrosseir Heuliez, Mia Electric est en redressement judiciaire
Avatar de l'ex-carrosseir Heuliez, Mia Electric est en redressement judiciaire (Crédits : Reuters)

La déconfiture de l'ex-carrossier automobile Heuliez n'en finit pas. Malgré l'implication de la région Poitou-Charentes et les déclarations flamboyantes de sa présidente Ségolène Royal qui en a fait une cause personnelle, Mia Electric, ça ne marche pas! Le constructeur de voiturettes électriques a été placé ce mercredi matin en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Niort.

Chouchoutée par l'ex-compagne du Chef de l'Etat, cette société de quelque 200 salariés basée à Cerizay (Deux-Sèvres), dont la région est actionnaire à hauteur de 12% du capital, a obtenu que ce redressement soit assorti d'une période d'observation de six mois, pendant laquelle Mia sera encore pilotée par l'actuelle présidente Michelle Boos, mais avec un administrateur judiciaire. La société avait été reprise en juin 2013 par un consortium d'investisseurs, Focus Asia.

La bataille continue

"La bataille industrielle pour la voiture électrique 100% française continue", a aussitôt souligné Ségolène Royal, ajoutant que cela permettrait notamment d'exiger de Michelle Boss qu'elle tienne "ses engagements sur les investissements" promis. Focus Asia s'était engagé à injecter 36 millions d'euros dans l'entreprise, de quoi la faire tourner jusqu'à ce que les ventes décollent.

En juillet dernier, Michelle Boss s'était montrée optimiste, assurant à l'AFP avoir "deux à cinq véhicules commandés par jour" et espérant en vendre "200 par mois" dès 2014. Michelle Boos comptait réduire les coûts de 35% en renégociant les contrats avec les fournisseurs, vendre des services d'ingénierie et faire venir de nouveaux investisseurs.

Mia Electric, qui appartenait jusqu'en juin dernier aux groupes allemands ConEnergy et Kohl, avait été crée en 2010 pour y concentrer les activités de voitures électriques de l'ancien équipementier Heuliez. En 2012, 337 voiturettes à peine ont été vendues. Très, très loin des 12.000 unités totales chaque année naguère escomptées officiellement, non sans un manque total de réalisme. Le chiffre de 2013 n'est pas disponible.

L'UGAP à la rescousse

Pourtant, le fabricant comptait sur les commandes de la centrale d'achats publics UGAP, qui avait annoncé l'achat sur trois ans de 500 Mia quatre places. Selon syndicats et direction, le carnet de commandes comptait mi-janvier 274 voitures commandées et facturées, mais les fournisseurs refusent de livrer les pièces, faute de paiement.

Les employés ont été payés en quatre fois pour leur salaire de septembre, en cinq pour octobre, et, mi-décembre pour celui de novembre. Mardi soir, encore quatre salariés sur dix attendaient leur paye de janvier, selon une source syndicale.

Selon le syndicaliste CFE-CGC, Christophe Klein, depuis la mi-décembre aucune voiture n'est sortie de la chaîne de montage. "On ne vend plus de voitures depuis deux mois", a-t-il déploré.  Le syndicaliste a toutefois précisé que les salariés souhaitaient le maintien de la Franco-coréenne Michelle Boos à la tête de la société, espérant qu'elle pourra engranger, comme promis, des commandes internationales.

 

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Commentaires 15
à écrit le 19/02/2014 à 13:30
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dans un journal local ,est montré en première page la "mia" au montage on dirait plutôt un atelier proto qu'une ligne ou chaine de montage tant les moyens sont rudimentaires avec un ouvrier couché au sol pour son opération de montage et la mia monté...

à écrit le 13/02/2014 à 18:35
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Quel irresponsable gaspillage de l'argent des particuliers. Sans compter que cette technologie est déjà condamnée. Et la niche produit sans avenir.

à écrit le 13/02/2014 à 16:24
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Une entreprise soutenue a bout de bras par des fonds publics qui coulent x fois avant de refaire surface par l'injection de nouveaux fonds publics et prives en fréquentant régulièrement les tribunaux de la régions, eux mêmes fonctionnant sur fond pub...

à écrit le 13/02/2014 à 9:26
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Eh oui, madame Royale, c'est que patron pour de vrai, c'est pas dans les couloirs de l'elysee ou de l'assemblee nationale que ca s'apprend!!!! C'est sur que quand c'est l'etat (donc le contribuable) qui paie les salaries, on peut dire et faire n'imp...

à écrit le 13/02/2014 à 9:12
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Avoir sego comme soutien est une garantie d'echec!

à écrit le 13/02/2014 à 8:59
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d'accord pour des voitures electriques mais ce sont des paroles depuis plus de 10 ans on a pas aide renault et peugeot dans la recherche de voitures electriques cela n'a jamais fonctionner peu de demande et trop chere pas d'aide pour les borne de rec...

à écrit le 13/02/2014 à 8:58
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une vraie ' reussite a la francaise', comme il est d'usage de dire! ca donne une idee de ou va votre pays !

à écrit le 13/02/2014 à 8:56
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Voiturette !!!! La Mia est une voiture à part entière, quel article médiocre, à part faire le rapprochement Ségolène/Mia il n'y a rien, tout est à charge.

à écrit le 13/02/2014 à 8:54
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Fournisseurs pas paye, employes pas paye (ils attendent encore leur paie de janvier), pas de production ... un fiasco total ! Bravo Segolene. Non pas tant pour s etre trompe (apres tout ca arrive a tout le monde, meme si on se doute que la decision ...

à écrit le 13/02/2014 à 8:29
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Un petit air d'ex RDA...

à écrit le 12/02/2014 à 22:26
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Cher à Ségolène... ou cher au contribuable???

à écrit le 12/02/2014 à 22:25
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C'est vraiment dommage, non seulement pour cette ex-entreprise mais surtout pour la france. Je m'explique, quand on voit le succes de tesla sorti de nulle part fonde par un ex pay-pal autrement dis qui n'y connais absolument rien en voiture sortir ...

à écrit le 12/02/2014 à 22:09
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Ségolène n'a pas une vision juste des marchés, MIA ne propose pas des voiturettes pour répondre à la demande ou à une attente. Ainsi produire, soutenir et relancer l'offre ne sert à rien quand on ne trouve pas d'acheteur.....Mais HOLLANDE fait parti ...

à écrit le 12/02/2014 à 21:53
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Ils finissent toujours au tribunal.

à écrit le 12/02/2014 à 19:50
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" Ségolène en a fait une cause PERSONNELLE " ( avec les impôts des contribuables ) ok ! alors si c'est vrai il faut que personnellement elle assume cette cata annoncée dès le début des problèmes . souhaitons qu'un jour un journal révèle les dessous d...

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