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Entreprises & FinanceAutomobile

Mia Electric, le fabricant de voitures électriques cher à Ségolène Royal, au tribunal de commerce

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 12 février 2014 à 16:40 - Mis à jour le 12 février 2014 à 17:30

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'ex-carrossier Heuliez a beau avoir pour défenseur Ségolène Royal et la Région Poitou-Charentes, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le fabricant de voiturettes électriques Mia Electric, qui en est issu, est en redressement judiciaire.

La déconfiture de l'ex-carrossier automobile Heuliez n'en finit pas. Malgré l'implication de la région Poitou-Charentes et les déclarations flamboyantes de sa présidente Ségolène Royal qui en a fait une cause personnelle, Mia Electric, ça ne marche pas! Le constructeur de voiturettes électriques a été placé ce mercredi matin en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Niort.

Chouchoutée par l'ex-compagne du Chef de l'Etat, cette société de quelque 200 salariés basée à Cerizay (Deux-Sèvres), dont la région est actionnaire à hauteur de 12% du capital, a obtenu que ce redressement soit assorti d'une période d'observation de six mois, pendant laquelle Mia sera encore pilotée par l'actuelle présidente Michelle Boos, mais avec un administrateur judiciaire. La société avait été reprise en juin 2013 par un consortium d'investisseurs, Focus Asia.

La bataille continue

"La bataille industrielle pour la voiture électrique 100% française continue", a aussitôt souligné Ségolène Royal, ajoutant que cela permettrait notamment d'exiger de Michelle Boss qu'elle tienne "ses engagements sur les investissements" promis. Focus Asia s'était engagé à injecter 36 millions d'euros dans l'entreprise, de quoi la faire tourner jusqu'à ce que les ventes décollent.

En juillet dernier, Michelle Boss s'était montrée optimiste, assurant à l'AFP avoir "deux à cinq véhicules commandés par jour" et espérant en vendre "200 par mois" dès 2014. Michelle Boos comptait réduire les coûts de 35% en renégociant les contrats avec les fournisseurs, vendre des services d'ingénierie et faire venir de nouveaux investisseurs.

Mia Electric, qui appartenait jusqu'en juin dernier aux groupes allemands ConEnergy et Kohl, avait été crée en 2010 pour y concentrer les activités de voitures électriques de l'ancien équipementier Heuliez. En 2012, 337 voiturettes à peine ont été vendues. Très, très loin des 12.000 unités totales chaque année naguère escomptées officiellement, non sans un manque total de réalisme. Le chiffre de 2013 n'est pas disponible.

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L'UGAP à la rescousse

Pourtant, le fabricant comptait sur les commandes de la centrale d'achats publics UGAP, qui avait annoncé l'achat sur trois ans de 500 Mia quatre places. Selon syndicats et direction, le carnet de commandes comptait mi-janvier 274 voitures commandées et facturées, mais les fournisseurs refusent de livrer les pièces, faute de paiement.

Les employés ont été payés en quatre fois pour leur salaire de septembre, en cinq pour octobre, et, mi-décembre pour celui de novembre. Mardi soir, encore quatre salariés sur dix attendaient leur paye de janvier, selon une source syndicale.

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Selon le syndicaliste CFE-CGC, Christophe Klein, depuis la mi-décembre aucune voiture n'est sortie de la chaîne de montage. "On ne vend plus de voitures depuis deux mois", a-t-il déploré.  Le syndicaliste a toutefois précisé que les salariés souhaitaient le maintien de la Franco-coréenne Michelle Boos à la tête de la société, espérant qu'elle pourra engranger, comme promis, des commandes internationales.

Alain-Gabriel Verdevoye

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