Dongfeng, le nouvel allié de PSA, est un puissant groupe public chinois... très ambitieux

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Un modèle chinois de Dongfeng
Un modèle chinois de Dongfeng (Crédits : DR)
Le constructeur public chinois vient à la rescousse d'un groupe occidental en crise. Du jamais vu. Une belle revanche pour l'industrie automobile de l'ex-Empire du milieu. Dongfeng a des ambitions très fortes...

Un étrange partenaire pour PSA. Dongfeng, qui va prendre 14% du constructeur automobile français - une première historique si l'on exclut le rachat de Volvo Cars par Geely! - est un groupe public chinois créé à la fin des années 60 pour fournir les camions de l'armée chinoise... D'ailleurs, c'est pour répondre à la paranoïa de la Chine de Mao que le groupe s'est installé au centre de l'ex-Empire du milieu, à Wuhan, un endroit jugé stratégique et défendable en cas de guerre mondiale! Cela explique que PSA se soit installé si loin de la côte lorsqu'il a établi sa co-entreprise dans le pays avec Dongfeng, au début des années 90. 

Très liée à l'Etat chinois, l'entreprise n'est nullement une société comme les autres. C'est en tous cas le deuxième groupe automobile chinois, derrière SAIC (allié de GM et Volkswagen en Chine) et devant FAW ou Changan, avec 3,5 millions de véhicules vendus en 2013 (+ 14,8 %), dépassant ainsi son objectif de 3,32 millions d'unités. Sur le seul mois de décembre, le constructeur avait écoulé 359.600 véhicules (+ 30%).

3,8 millions de véhicules en 2014?

Mondialement, le groupe s'affiche au  dix-septième rang, hors ses co-entreprises avec des étrangers, selon le CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles). Dongfeng se fixe pour objectif de vendre 3,8 millions de véhicules en 2014, 4,5 millions en 2015, en comptant les véhicules co-produits avec les groupes étrangers. La seule marque Dongfeng Auto espère vendre toutefois 3 millions de véhicules d'ici à 2016. En 2013, cette marque avait contribué aux ventes du groupe chinois à hauteur de 1,27 million d'unités.

Le consortium chinois détient environ 12% de part de marché pour les voitures particulières, 12,5% pour les véhicules commerciaux, selon les chiffres fournis par PSA. C'est le numéro un pour les véhicules utilitaires moyens et lourds. Groupe coté à Hong Kong, avec une capitalisation boursière d'environ 9,5 milliards d'euros, Dongfeng affiche un chiffre d'affaires de 17,3 milliards d'euros et  un résultat opérationnel de 1,9 milliard d'euros (en 2013).  

Très lié à Nissan

Le groupe a surtout des accords de co-entreprise en Chine avec Nissan. Les ventes avec le constructeur japonais sont deux fois plus importantes que celles de DPCA, l'entreprise commune avec PSA. Dongfeng fabrique aussi des véhicules avec Honda, le coréen Kia, le taiwanais Yulon, le suédois Volvo Trucks. Lié à PSA, il vient de parapher la création d'une entreprise commune avec... Renault. C'est donc un groupe multi-cartes. Il est aussi lié à plusieurs équipementiers, comme le mécanicien allemand Getrag.

L'alliance stratégique entre PSA et Dongfeng, officialisée ce mercredi,  prévoit certes un volet financier crucial, qui va permettre à PSA en mal d'argent frais d'avoir les moyens de financer ses projets. mais l'accord se double d'un volet industriel et commercial, avec des synergies industrielles avec le groupe chinois pour environ 400 millions d'euros par an (pour le seul PSA) à l'horizon 2020. Une plate-forme à bas coûts pour des véhicules destinés aux pays émergents est à l'étude.

De grands projets

Sur la seule Chine, PSA prévoir de tripler les ventes de DPCA, sa co-entreprise, à 1,5 million d'unités en 2020. Le lancement de deux à trois modèles par an pour l'ensemble des trois marques (Peugeot, Citroën et la marque propre de DPCA) est prévu. Les accords prévoient aussi la création d'un centre de recherche et développement  commun, dédié au développement des produits et technologies pour les marchés à forte croissance, dont la Chine.

Dongfeng va pouvoir accéder directement à la technologie d'un grand groupe automobile étranger. Ce ne sera plus un partenaire  en Chine permettant juste aux groupes étrangers de s'implanter sur place. Cette fois, c'est un constructeur occidental qui appelle à la rescousse un chinois et l'invite à pendre une participation en son sein. Un renversement de situation et une belle revanche pour l'ex-Empire du milieu, qui a dû faire appel jusqu'ici aux constructeurs européens, américains, japonais, coréens, pour se forger une industrie automobile!

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Commentaires
a écrit le 24/02/2014 à 17:02 :
Yeah...Yes...Oui !!!
Oui , on en veut...Oui , on veut en croquer...Oui , on va tomber comme un seul homme sur les volks et les Mercos...

Puis , digestion...un verre de mei kui lu...

Et on s'attaquera à Bugatti...

Rien ne nous arrêtera...!!!
a écrit le 22/02/2014 à 16:45 :
économie, planifié, monnaie controlée, industrie financé par l'état c'est pour ca qu ils nous bouffent elle est là la conclusion tout l'inverse de ce que demande le fmi et l ue lol le liberlisme quelle TARTUFERIE !
a écrit le 19/02/2014 à 21:34 :
@patrickb Un peu fantasmée quand même votre...analyse. Plus concrètement, pour étayer tout ça, vous auriez qqe chose...???!!!
a écrit le 19/02/2014 à 20:23 :
La seule chose qui intéresse les Chinois, c'est le transfert de technologies à peu de frais. La famille Peugeot est intéressée par le fric tout de suite et l'État est intéressé par une création ou un maintien de postes. Dans ce contexte, 1) Montebourg va échouer parce que l'entreprise actuelle, c'est fait pour gagner du firc, pas pour faire du social, 2) la famille Peugeot va faire payer au contribuable sa plus-value et 3) les Chinois vont à plus long terme donner un coup de pied au cul aux deux autres (quand ils sauront faire et pourront produire chez eux).
a écrit le 19/02/2014 à 15:20 :
Ce que d'aucuns prendraient pour une bonne nouvelle, l'auteur de cet article le considère comme un acte d'agression ! Un tropisme germanique, un autre !
a écrit le 19/02/2014 à 12:52 :
Dongfeng, comme tous les constructeurs chinois, produit aussi ses propres voitures, des modèles laids, d'une fiabilité désastreuse et bénéficiant de standards de sécurité digne d'une R12. Mais avec le pillage technologique dont PSA va être victime, il ne peuvent que progresser.
Réponse de le 19/02/2014 à 13:09 :
@Roberto, non l' ex R 12 est au niveau des Don Feng mais celui là est en avance sur une golf, par exemple au niveau de l'adhérence, en cause ces improbables trains avants de la volks qui décrochent sur le mouillé et ... sur la 7 ème génération...!!! Infoutus d'apprendre en somme ..!!!
a écrit le 19/02/2014 à 12:13 :
Pourquoi l' apparté " c'est pour répondre à la paranoïa de la Chine de Mao que le groupe s'est installé au centre de l'ex-Empire du milieu, à Wuhan, un endroit jugé stratégique et défendable en cas de guerre mondiale " ?
Au regard de l' histoire d' alors, cela n' était pas une vue de l' esprit.. ceci venu d' un vulgum blogueur ne serait relevé, mais dans un billet sérieux cela induit un soupson de parti pris, péjoratif voir un ton hautain. dommage.
a écrit le 19/02/2014 à 9:41 :
Peugeot nous demande de l'aider...on l'aide. Beaucoup de gens racontent n'importe quoi sur cette entrée au capital.
Mais , bon , comme ils n'ont AUCUNE culture économique , ni d'entreprise industrielle...ni financière...
Réponse de le 19/02/2014 à 12:54 :
Ayez on vend Peugeot aux Chinois ! Non non... c'est juste un grotesque raccourci. C'est d'ailleurs 14% pour l'Etat fr, Dongfeng et la famille Peugeot. Depuis le rachat de Volvo par Geely, je vois toujours pas de voitures chinoises "ultra modernes". Détrompez vous, ils (PSA...) n'y vont pas à l'aveuglette. (mais les Chinois non plus ;o)

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