Renault va produire des 4x4 en Chine

Alain-Gabriel Verdevoye, à Genève
Les pouvoirs publics de l'ex-Empire du milieu avaient donné leur feu vert au projet d'implantation industrielle de Renault le 16 décembre dernier.
Les capacités de production du site - situé à Wuhan, au centre de la Chine, lieu d'implantation historique du partenaire local Dongfeng - sont « de 150.000 véhicules annuels et de 80.000 moteurs ». Mais nous avons la « place pour faire 300, voire 450.000 unités ». La « production de série des véhicules démarrera au premier semestre 2016 ». Jacques Daniel assure que, aujourd'hui, « 300 personnes, dont des japonais, des coréens, des chinois, travaillent sur le projet », alors que, il y a un an « il y en avait zéro » !
L'investissement avec Dongfeng - le même partenaire que celui de PSA mais aussi de Nissan -, se monte à « un peu moins d'un milliard d'euros à partager à 50-50 ». Renault bénéficie sur place des synergies avec Nissan, qui produit un million de véhicules par an avec Dongfeng en Chine.
Bien qu'il soit le dernier des grands constructeurs mondiaux arrivé en Chine, le constructeur au losange est ambitieux.
Le constructeur tricolore, qui y avait connu une expérience malheureuse en produisant des Minibus Trafic au compte-gouttes dans les années 90, vise « 600.000 ventes annuelles en Chine » à terme, avec « d'autres véhicules complémentaires ».
Renault va déjà développer un autre modèle pour la marque locale de la co-entreprise. Chaque société commune entre un chinois et un partenaire étranger doit désormais créer une marque chinoise avec des produits propres. Mais cela ne suffira pas non plus. Il faudrait aussi « produire des berlines », même si aujourd'hui Renault n'a pas obtenu aujourd'hui les autorisations de Pékin pour cela…
Renault a vendu l'an dernier 238.450 véhicules en Asie-Pacifique. Avant le démarrage industriel de la Chine, où il ne vend aujourd'hui que quelques milliers de véhicules importés essentiellement de Corée, Renault compte, dans la région, « doubler sa part de marché en Inde à 5% à moyen terme (2,6% l'an passé) », nous expliquait récemment Gilles Normand, directeur de la zone Asie-Pacifique du groupe au losange, lors du salon de New Delhi.
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Renault a déjà affiché un formidable bond de ses ventes en Inde en 2013 (+83%) à 64.368 unités. Et ce, grâce au succès du 4x4 Duster. La firme y est la première marque européenne sur le marché. Le 5 février dernier, le constructeur a dévoilé un concept suggérant un futur véhicule à très bas coûts, qui sera industrialisé en 2015 sur le site de Chennai, dans le sud de l'Inde. Le véhicule commun à Renault et Nissan (marque Datsun) coûterait moins de 4.500 euros.
Renault vient par ailleurs de débuter l'assemblage du Duster en Indonésie Et il veut devenir dans ce pays « le premier constructeur européen » également, et ce « en 2016 ».
Enfin, Renault espère pouvoir redémarrer en Iran. Le groupe y fabrique depuis plusieurs années la Logan (sous le nom de Tondar), dont il a écoulé 100.000 exemplaires en 2012, avant l'embargo. Les relations ne se sont d'ailleurs pas complètement arrêtées.
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Enfin, toujours dans la zone Asie-pacifique, Renault compte « finaliser en 2014 un nouveau projet d'implantation dans un nouveau pays », soulignait dernièrement Gilles Normand. Renault demeure aujourd'hui très en retard dans la zone, notamment par rapport à son associé nippon Nissan. Mais il ne manque pas de projets…
Alain-Gabriel Verdevoye, à Genève
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