Les concessionnaires français s'en prennent à General Motors

 |   |  648  mots
Les Chevrolet ne seront plus diffusées par GM en Europe
Les Chevrolet ne seront plus diffusées par GM en Europe (Crédits : Chevrolet)
Le CNPA (Conseil national des professions de l'automobile) a présenté hier une requête d'assignation de Chevrolet France devant le TGI (tribunal de grande instance) de Pontoise. GM avait brutalement annoncé en décembre 2013 qu'il arrêtait la diffusion de Chevrolet en Europe. Au grand dam de ses concessionnaires.

Le CNPA (Conseil national des professions de l'automobile) a présenté hier une requête d'assignation de Chevrolet France devant le TGI (tribunal de grande instance) de Pontoise  (Val d'Oise). Une "procédure accélérée (qui)  devrait permettre d'obtenir un jugement dans les prochaines semaines", souligne un communiqué du CNPA. "Avec le soutien de tous les concessionnaires, (il) dénonce la gravité des manquements de Chevrolet à l'égard de son réseau et demande à nouveau des conditions de résiliation dignes et équitables".

Décision brutale

GM avait en effet brutalement annoncé début décembre qu'il retirait sa marque américano-coréenne Chevrolet de tous les marchés européens sauf la Russie. Une volte-face du groupe américain, qui affirmait miser désormais sur sa filiale allemande Opel, alors qu'il avait au contraire privilégié Chevrolet jusque là. Un retrait annoncé d'ici à 2016. Chevrolet vendait 180.000 voitures annuellement environ dans l'Union européenne.

??Le  CNPA dénonce d'ailleurs la "brutalité" dudit retrait. "L'annonce du 5 décembre 2013 a été diffusée dans les médias sans aucune information préalable aux professionnels ni aucun délai de prévenance pour leur laisser le temps de préparer cet événement vis à vis de leur clientèle", souligne le communiqué. Il dénonce aussi la "déloyauté" de Chevrolet, qui a " sciemment dissimulé à son réseau pendant plusieurs mois la décision de General Motors".

"Non-respect du préavis"

Le CNPA pointe aussi le "non-respect du préavis" contractuel de résiliation. Le CNPA affirme pouvoir "prouver que Chevrolet ne remplit plus nombre de ses obligations contractuelles à l'égard de son réseau: suppression des stocks, des outils de gestion, de communication etc".

Après des années d'investissements et de discours triomphalistes sur la force et l'attractivité des produits de la marque bas de gamme Chevrolet, que nous avons si souvent entendus, GM affirmait en décembre dernier: "notre marque Chevrolet n'aura plus de présence générale en Europe de l'ouest et de l'est, en raison d'un modèle économique délicat et de la situation économique difficile en Europe".

Le consortium de Detroit, qui fut allié à PSA, soulignait alors que  "cela améliorera les perspectives d'Opel (et de sa marque-soeur britannique Vauxhall) et réduira la complexité du marché liée à la présence d'Opel et Chevrolet en Europe". Un discours étrange: GM avait tenté pourtant d'expliquer pendant des années que Chevrolet devait en fait être la marque mondiale de GM et qu'il n'y avait aucune concurrence avec Opel....

Echec du multimarquisme

Il faut dire que la stratégie générale "multimarquiste" du géant américain a échoué. Le suédois Saab, qui  couronnait naguère la gamme GM dans le haut de gamme, a été liquidé il y a quelques années faute d'une politique cohérente à son égard. Puis, GM a voulu positionner Chevrolet, avec des produits simplifiés essentiellement fabriqués en Corée, comme label d'entrée de gamme en Europe.

Seulement voilà: les produits étaient encore trop chers par rapport aux Dacia roumaines ou marocaines de Renault, tout en étant moins aboutis que les Skoda tchèques du groupe Volkswagen. En outre, les Chevrolet concurrençaient souvent les... Opel, malgré les dénégations du consortium, qui, par ailleurs, n'a jamais su  imposer non plus son label Cadillac en Europe, changeant constamment d'importateurs.

Une perte sèche

Le retrait du marché européen de Chevrolet va se traduire par une charge exceptionnelle nette de 700 millions à 1 milliard de dollars (515 à 735 millions d'euros), ventilée sur le dernier trimestre 2013 et les deux premiers de 2014, selon General Motors, qui perd structurellement de l'argent en Europe avec sa marque Opel. Celle-ci est en... crise chronique. Opel, qui est lié par des accords de coopération avec PSA, doit arrêter la production son sur site de Bochum (Allemagne) à la fin de 2014. 

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/04/2014 à 8:57 :
Une requête d'assignation, ça n'existe pas. C'est soit une requête soit une assignation, il faut choisir ou alors ne pas utiliser des termes juridiques que l'on ne comprend pas, alors que cela n'était pas nécessaire. Ce n'est pas le sujet, certes, mais un peu de rigueur ne nuit pas. Il est toujours stupéfiant de constater de quelle manière les journalistes traitent les sujets que l'on connaît. Cela inquiète, s'agissant des sujets que l'on ne connaît pas.
a écrit le 01/04/2014 à 20:53 :
Prochaine étape, la mort d'Opel. C'est en bonne voie.
a écrit le 01/04/2014 à 20:16 :
GM c'est vraiment la catastrophe industrielle à tous les niveaux. Quand je pense qu'ils ont eu un deal avec PSA. Je pense que les chinois seront plus fiables (pas difficile).
a écrit le 01/04/2014 à 16:10 :
Hhmm.. J'ai oublié. Chers acheteurs de Chevrolets, vos pièces détachées vont subir une légère hausse de 270%. Bien sûr, la première année...
a écrit le 01/04/2014 à 16:08 :
""non-respect du préavis" contractuel de résiliation". Ca, les gars, faut espérer que ce soit clairement écrit. Sinon... En économie, tout est une question de ... con-fiance... Topes là.
Réponse de le 01/04/2014 à 17:56 :
@Yvan
Vous pouvez être assuré que les contrats GM, comme tous les contrats anglo-saxons sont bétonnés. GM ne paiera jamais rien. Les distributeurs GM feraient mieux de vite passer à autre chose, ils perdront moins de temps et d'argent.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :