Maserati veut quintupler ses ventes de luxueuses sportives en cinq ans

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La Maserati Alfieri, un concept présenté au dernier salon de Genève, début mars s.
La Maserati Alfieri, un concept présenté au dernier salon de Genève, début mars s. (Crédits : Reuters)
La célèbre firme italienne centenaire vise 75.000 ventes en 2018, contre 15.400 l'an dernier et 35.000 prévues cette année. Avec le plien de nouveaux modèles, dont un "SUV" à hautes performances prévu pour fin 2015.

Maserati est sur la bonne voie. "Nous confirmons nos objectifs : 50.000 unités en 2015 et 75.000 en 2018", affirmait jeudi Harald Wester, administrateur délégué de la célèbre marque transalpine de voitures luxueuses à hautes performances. Grâce, notamment, à un  très attendu "SUV" de la firme au trident, baptisé Levante, qui arrivera sur le marché fin 2015 ou en 2016, a-t-il ajouté en marge de l'inauguration d'une exposition pour célébrer le centenaire de la firme. Maserati avait écoulé 15.400 voitures en 2013, une année pourtant historique.

"C'est un plan ambitieux mais réaliste, fondamental pour faire de Maserati un vrai rival des grands constructeurs automobiles allemands" , a renchéri Luca Cordero di Montezemolo, président de Ferrari, la marque soeur, qui appartient également au groupe Fiat Chrysler Automobiles.

35.000 ventes dès cette année

Pour 2014,  Maserati espère vendre en six mois autant de voitures que sur l'ensemble de l'année dernière. Il vise "35.000 ventes en 2014', nous avait indiqués Harald Wester en mars dernier, lors d'une rencontre au salon de Genève.

"Entre 2010 et 2014, on aura investi 1,5 milliard d'euros", précisait alors à La Tribune le patron de Maserati. Jamais, il est vrai, cette firme à l'histoire mouvementée, longtemps moribonde, n'a lancé autant de nouveaux modèles. Elle a commercialisé en mars 2013 la limousine Quattroporte, puis en octobre 2013 la grande berline Ghibli (4,90 mètres de long), des rivales pour les versions de pointe des Mercedes S et E respectivement ou des BMW 7 et 5.

Ces deux italiennes, qui ont pour lourde mission de rétablir la crédibilité d'une marque aux produits emblématiques mais capricieux et peu fiables, sont produites dans l'usine de Grugliasco, près de Turin, un ancien site du carrossier Bertone.

La Quattroporte la plus puissante arbore un V8 bi-turbo de la marque-sœur Ferrari de 530 chevaux. La Ghibli propose des V6 de 330 et 441 chevaux en essence. Elle a aussi réalisé une première, en inaugurant le premier diesel de la marque, de 275 chevaux, qui est désormais monté également sur la Quattroporte.

Les Etats-Unis, premier débouché

Le futur 4x4 Levante, sur la même plate-forme, sera aussi assemblé en Italie, alors qu'une industrialisation aux Etats-Unis avait été initialement envisagée. "Avec la Ghibli et le Levante, on envisage 20 à 25.000 unités annuelles de chaque", nous précisait Harald Wester. Au salon de Genève, la firme au trident présentait aussi le concept de l'Alfieri, un magnifique coupé sportif à hautes performances, qui devrait arriver ultérieurement sur le marché..

Le constructeur de Modène vend aujourd'hui "40% des voitures aux Etats-Unis, 27% en Chine". La Chine "est le premier débouché pour le luxe automobile". Et, clairement, le nouveau Levante vise l'Amérique du nord et l'Asie-Pacifique.

400.000 Alfa Romeo ?

Harald Wester a du boulot.  Après avoir tiré Maserati de l'ornière, cet allemand, qui a travaillé comme ingénieur chez Ferrari de 1999 à 2003 puis est entré dans le groupe Fiat en 2004,  a en effet aussi pour tâche de relancer... Alfa Romeo, une autre marque italienne en deshérence dont il est également le responsable ! Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler Automobiles,  a annoncé en effet en mai dernier un investissement de cinq milliards d'euros d'ici à 2018 pour tenter de remettre Alfa Romeo à flot.

Le groupe italo-américain vise maintenant... 400.000 Alfa Romeo par an à partir de 2018, toutes assemblées en Italie... Soit une multiplication par six des scores actuels. Cette marque a écoulé 74.000 véhicules à peine l'an dernier, redégringolant à ses scores de la fin des années 60 ! Très, très rude gageure. Fiat Chrysler Automobiles pourra-t-il reproduire chez Alfa Romeo, à une échelle autrement plus grande, le petit miracle réalisé chez Maserati et qui demande encore à être confirmé ? Les analystes demeurent extrêmement sceptiques, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 20/06/2014 à 16:50 :
exactement le même objectif pour la voiture électrique de Poitou-Charentes: quintupler les ventes en passant de 1 à 5 véhicules
a écrit le 20/06/2014 à 16:49 :
Très bonne nouvelle : cela va enfin faire baisser le chômage.
a écrit le 20/06/2014 à 15:06 :
Malheureusement c'est pas pour la France, ici c'est le retour du vélo et du transport à dos de bête.
a écrit le 20/06/2014 à 14:59 :
Il est triste que Citroên n'ait pas conservé cette marque qui aurait donné un axe premium aux constructeurs français. Il est tout aussi triste que nous ayons laissé filer Bugatti, seule marque française de luxe. Après la reprise de Fiat/Chrysler par l'américain GM qui se profile, les italien resteront avec cette seule ligne automobile de luxe avec Ferrari et Maserati. Les constructeurs français pourront espérer acheter ce pôle ou l'indien Jaguar qui est également sur la liste. Beaucoup de temps et d'argent perdus.

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