Spécialisé - malgré lui - dans les petits véhicules, PSA est aujourd'hui l'un des constructeurs les plus vertueux en émissions de CO2. Logique: une petite voiture consomme moins et émet donc moins de gaz à effets de serre. Les Peugeot et Citroën vendues neuves en Europe émettent à peine 110-112 grammes en moyenne. Et le groupe vise moins de 94 grammes en 2020.
Réduire les émissions de CO2 des voitures, tel est l'objectif majeur proclamé haut et fort par PSA. De plus en plus spécialisé - à son corps défendant - dans les petites voitures, PSA est l'un des champions aujourd'hui des plus basses émissions de gaz à effets de serre. D'une faiblesse - le poids écrasant des petits modèles à faibles marges dans ses ventes -, le constructeur tricolore essaye de faire une force. Les Peugeot et Citroën vendues neuves en Europe émettaient "en moyenne 116 grammes en 2013 et on devrait être à 110-112 grammes cette année", se félicite Gilles le Borgne, Directeur de la recherche et du développement de PSA.
Moins de 94 grammes en 2020
PSA est très en-dessous de la moyenne européenne ! La flotte de véhicules neufs - toutes marques confondues - mis sur le marché l'an dernier dans l'Union européenne affichait en effet un niveau moyen d'émissions de CO2 de 127 grammes par kilomètre, en baisse de 4% par rapport à 2012, indiquait fin avril l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). A l'horizon 2020, "nous visons 93,7 grammes en moyenne", indique Gilles le Borgne, ce qui placerait toujours PSA en-dessous des normes d'émissions visées par la Commission européenne pour 2021 (95 grammes).
Et ce, d'autant plus que PSA vend encore près de 58% de ses véhicules en Europe, seule région du monde qui favorise le diesel. Ce poids de l'Europe "diésélisée" contribue également à abaisser la moyenne des émissions de CO2 de PSA, qui fabrique d'excellentes motorisations à gazole particulièrement sobres.
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Plus récemment, le groupe a toutefois lancé en outre la production de mini-moteurs trois cylindres à essence, peu agréables à la conduite, mais consommant moins de carburant et émettant moins de CO2. "Nos nouveaux moteurs Blue HDi permettront d'abaisser de 10% environ les émissions de CO2 d'ici à 2018. Même chose pour nos mécaniques à essence", souligne Gilles le Borgne.
Deuxième génération d'hybrides
Parallèlement, PSA "prépare une deuxième génération de véhicules hybrides autour de 2018, avec des hybrides rechargeables vers 2020". PSA se vante d'ailleurs d'être aujourd'hui le premier fabricant européen de modèles hybrides (diesel-électriques), même si les volumes sont inférieurs aux prévisions. PSA compte écouler "cette année autour de 22.000" Peugeot 3008 et 508 "Hybrid4" ainsi que des DS5. Le groupe tablait toutefois intialement sur 30.000 par an. En début d'année, il espérait encore 25.000. Mais, l'abaissement des incitations fiscales (bonus écologiques) en France a desservi la vente de ces modèles intrinsèquement plus chers.
Enfin, PSA compte lancer sa nouvelle technologie "Hybrid Air" développée avec l'équipementier allemand Bosch, qui combine moteur à essence et air comprimé. Cette technologie censée être révolutionnaire permet d'abaisser les consommations en ville de 45% selon le constructeur ainsi que les émissions de CO2 qui leur sont corrélées. PSA cherche à s'associer à un autre constructeur.
Ticket d'entrée élevé
Car le ticket d'entrée est élevé. Chez PSA, on évoque officieusement une somme de "500 millions d'euros". Pas question donc de se lancer seul. "Il n'y a pas d'engagement industriel aujourd'hui. Si on ne trouve pas de partenaires, on n'y va pas. A ce jour, les négociations avec d'éventuels partenaires n'ont pas abouti", précise Karim Mokaddem, Directeur du projet. La technologie "Hybrid Air" sera prête vers la fin 2017.
Malgré le poids croissant des modèles électriques, hybrides, hybrides rechargeables, PSA estime cependant que "80% des véhicules vendus en 2020 seront encore thermiques", c'est-à-dire utilisant un moteur classique à essence ou diesel. C'est donc là que réside, de facto, le plus gros potentiel de progrès.