Bourse : faut-il se précipiter sur les équipementiers automobiles ?

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Goldman Sachs estime que Faurecia représente une proie dans le cadre d'une consolidation du secteur. Rien n'est moins sûr...
Goldman Sachs estime que Faurecia représente une proie dans le cadre d'une consolidation du secteur. Rien n'est moins sûr... (Crédits : reuters.com)
Goldman Sachs vient de publier une note où il recommande les équipementiers automobiles, tandis que Crédit Suisse, lui, vient d'abaisser sa recommandation sur Faurecia. Si ces sociétés affichent de bons résultats, et des niveaux de trésorerie intéressants, leur potentiel de hausse en bourse semble néanmoins largement entamé...

Faut-il acheter équipementier automobile ? Les marchés sont partagés depuis qu'une note de Goldman Sachs a semé le trouble mercredi 4 mars matin. D'après la banque américaine, il existe de belles opportunités sur les équipementiers automobiles. Elle a d'ailleurs relevé ses recommandations sur Faurecia et Valeo. Son appréciation sur le titre Faurecia est ainsi passée de « neutre » à « acheter », et l'objectif de Bourse est désormais de 46,6 euros, alors que celui-ci s'échangeait à 40 euros hier en clôture.

"Les transactions récentes laissent entrevoir une possible consolidation dans le secteur automobile et Faurecia semble bien positionné pour de telles opérations", écrivent les analystes de Goldman Sachs.

Goldman Sachs estime que le spécialiste des sièges et des systèmes d'intérieur devrait également profiter du dynamisme du marché américain et profiter du redémarrage de l'activité en Europe.

En retard sur Valeo

Valeo est également  bien vu par le broker américain qui reconnaît avoir été "surpris par sa capacité à générer de la croissance ces deux dernières années et, plus encore, à donner confiance dans sa capacité à dépasser la croissance de la production automobile, avec son solide carnet de commandes". Sur ce titre, Goldman Sachs est encore plus ambitieux puisqu'il porte son objectif de croissance à 130 euros, contre 106 euros auparavant.

Mais les analystes de la banque américaine sont en retard, puisque le titre côtoyait déjà les 130 dollars mardi en fermeture, et s'échange désormais à plus de 131 dollars ce mercredi (+1,46%).

Des hausses déjà importantes

Autrement dit, la question du potentiel de hausse sur les équipementiers automobiles est loin d'être tranché. D'ailleurs, Crédit Suisse prend le contre-pied de sa rivale et annoncé jeudi 5 mars une baisse de recommandation sur Faurecia, passant de surperformance à neutre.

Il faut dire que les cours des équipementiers ont déjà beaucoup augmenté ces dernières semaines, voire ces dernières années, en dépit des soubresauts d'une industrie européenne convalescente. Ainsi, le titre Valeo est en hausse de 26% depuis le 1er janvier, mais sa progression atteint 223% sur trois ans.

Faurecia a engrangé une progression de 30% depuis le début de l'année. L'équipementier doit néanmoins se contenter d'une progression plus timide sur le long terme avec un gain de 90% sur trois ans.

Les autres acteurs du secteur ne sont pas non plus à plaindre. Plastic Omnium est en hausse de 13% depuis le 1er janvier, mais le titre progresse de 252% sur trois ans, et de 873% sur cinq ans, une véritable performance pour une industrie aux cycles longs.

"Les équipementiers sont déjà bien valorisés" estimé Yohan Salleron, gérant chez Mandarine Gestion. "Il n'y a plus grand-chose à attendre en terme de progression de leurs marges qui ont déjà atteint des niveaux historiquement hauts", poursuit l'analyste à La Tribune.

Aux équipementiers automobiles, il préfère les constructeurs, lesquels reviennent de loin. Ainsi, PSA affiche une hausse de 47% depuis le 1er janvier après avoir touché des plus bas historiques fin 2013, début 2014. Le constructeur français vient de publier des résultats de bonne facture avec une profitabilité améliorée. Les analystes attendent même un retour de PSA au CAC 40 pour cette année...

Lire aussi: Comment les marchés se sont réconciliés avec Peugeot-Citroën

La consolidation: oui, mais...

La question de la consolidation du secteur est toutefois un vrai sujet, mais les équipementiers ne semblent pas l'aborder dans le même sens que Goldman Sachs. Si cette dernière considère que Faurecia constitue une belle proie, le groupe dirigé par Yann Delabrière, s'estime au contraire bien protégé par son actionnaire de référence, le groupe PSA, détenteur de 52% du capital. Autant dire que le capital est verrouillé, et si la question d'une cession de Faurecia par le constructeur automobile a souvent été sur la table, celui-ci n'a manifesté aucun projet en ce sens.

En pleine déconfiture financière, il avait résisté aux appels du pied du marché l'encourageant à se débarrasser de cet actif qui lui aurait rapporté 1,8 milliard d'euros. Le successeur de Philippe Varin semble marcher sur les mêmes traces. Pour preuve, la déclaration de Carlos Tavares, lancée mardi 3 mars, excluant toute vente de cette filiale. Il s'est ainsi justifié : "Parce que c'est du cash, pas de la profitabilité."

Du cash pour quoi faire?

Mais le secteur n'est pas à l'abri d'un mouvement de consolidation. Ainsi, les équipementiers croulent sous des montagnes de cash avec des trésoreries abondantes, mais surtout avec des niveaux d'endettement très faibles.

Chez Valeo, le ratio dettes sur fonds propres est à 12%, tandis que Plastic Omnium a baissé ce ratio de 47% à 30% en l'espace de deux ans. Pourtant, aucun ne semble envisager des mariages entre mastodontes. Ils pourraient néanmoins s'intéresser à de petits acteurs pour gagner des positions géographiques, ou des spécialités de niche. Aux Echos, le patron de Plastic Omnium a déclaré : "Nous identifions des opportunités pour acquérir une technologie ou gagner des parts de marché, mais nous ne voulons rien faire de structurant", a déclaré ainsi Laurent Burelle, Pdg de Plastic Omnium.

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a écrit le 14/03/2015 à 15:07 :
Se précipiter sur les équipementiers français, pas forcément mais acheter, assurément. Pourquoi ? L'analyse faite par les constructeurs automobiles visualise une prédominance dans les choix allemands pour le "Nur Auto", l'orientation presque exclusive du pays afin que l'industrie automobile devienne un vecteur fort de son économie. Au passage une posture dangereuse. Ainsi si l'on regarde les plus grandes entreprises allemandes on constate que les 3 constructeurs VW, Daimler et BMW sont en tête sur le podium si ce n'est un assureur qui s'intercale à la 3ème position. Leurs équipementiers suivent en bénéficiant de commandes privilégiées. La chose est facilement constatable. C'est cette situation qui a été pointée par les groupes français comme anormale. Les allemands sont contraints de mieux répartir leurs achats comme le font les constructeurs français. Par le fait les commandes gonflent. PO, Faurecia, et d'autres vont voir tripler leur chiffre d'affaire pour peu qu'ils arrivent à livrer. Ils pourront tous dire : "valéo", je vais bien en latin.
a écrit le 05/03/2015 à 13:42 :
J'achète du PSA à tire larigot, j'étais face à mon banquier, agitant les mains, saisi d'une frénésie d'achat compulsive, les autres m'ont imité, tous ensemble nous avons entonné la marseillaise... Nous sommes riches !!!
a écrit le 05/03/2015 à 12:57 :
Surement que des boîtes ayant été franchement au bord du gouffre comme Cooper standard, Harmann Becker, mais avec un savoir faire indéniable risquent de reprendre à donf et faire un magnifique placement.
De toute façon, c'était prévisible, les Sarkosettes ayant détruit le marché de l'occasion tout comme l'avaient fait les Jupettes à son époque, il fallait attendre le cycle de renouvellement sur 5 ans avant que ça reparte dans l'automobile.i
Heureusement notre ministre de l'écologie se contente de subventionner gràvement les voitures de marge électrique qui ne se vendront pas.
a écrit le 05/03/2015 à 11:03 :
Quand ?
Maintenant. :-)
a écrit le 05/03/2015 à 10:59 :
Affirmatif. Yes... Strong Sell.
a écrit le 05/03/2015 à 10:48 :
Goldman Sachs est un intermédiaire : si il dit qu'il faut acheter, c'est peut-être parce qu'il a beaucoup d'actions de ce secteur, qui a bien performé ces dernières année, à vendre.
a écrit le 05/03/2015 à 9:46 :
Plastic Omnium: 873% de progression en 5 ans et.....95 licenciements en Ardèche et ce n'est sans doute pas fini. Pour rendre attrayant et faire monter la valeur du titre PO, il faut que les comptes soient "beaux" et les dividendes élevés. En période de vache maigre, la solution privilégiée par les entreprises, ce sont les économies de personnel, fermetures d'usines en France et délocalisation. C'est privilégier l'actionnaire au détriment de l'emploi.
Et après on s'étonne de la désindustrialisation de la France.
a écrit le 05/03/2015 à 9:19 :
Moi je jouerais plutot les constructeurs en partilier francais. Peugeot par ex reste en deca de sa capitalization avant big-bang.
a écrit le 05/03/2015 à 9:13 :
si goldman sacks conseille d'acheter, c'est qu'il a une quantité de titres à vendre.
Réponse de le 05/03/2015 à 11:29 :
+1
Réponse de le 05/03/2015 à 13:01 :
Je sais qu'il a acheté pas mal de boîtes du secteur plus au hasard qu'autre chose, et que pendant la crise, il perdait de l'argent sans trop se faire de mouron, normal qu'il retrouve ses billes.
Trop fort n'empêche.

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